Lorsqu'une jeune femme décide, à la naissance de son enfant, de le confier à l'adoption sous le régime de l'accouchement sous X, c'est tout un dispositif administratif et humain qui se met immédiatement en mouvement. Le nourrisson, prénommé Théo, est confié à Alice, assistante familiale expérimentée, dans l'attente de trouver la famille adoptive qui saura l'accueillir. Pendant ce temps, Jean, cadre au sein des services de l'aide sociale à l'enfance, orchestre avec rigueur et sensibilité l'ensemble de ce processus délicat, jonglant entre les dossiers des différentes familles candidates à l'adoption. Le film suit, à travers de multiples points de vue, cette chaîne de solidarité humaine qui va permettre à Théo de trouver enfin une famille pour l'accueillir et l'aimer.
Jeanne Herry, réalisatrice et scénariste déjà remarquée pour son précédent film "Elle l'adore", a voulu explorer le monde méconnu de l'adoption et de l'accouchement sous X à travers un dispositif choral mettant en scène de nombreux personnages traversant cette expérience de différents points de vue. Elle s'est appuyée sur un important travail de documentation auprès de véritables professionnels de l'aide sociale à l'enfance, rencontrant assistantes familiales, éducateurs et responsables de services d'adoption afin de restituer avec précision et sensibilité les rouages de ce processus administratif et humain complexe. La réalisatrice a voulu éviter tout misérabilisme ou sensationnalisme autour du sujet, privilégiant au contraire une approche bienveillante et optimiste mettant en lumière la solidarité et l'engagement de tous les professionnels impliqués dans ce parcours. Ce choix de mise en scène chorale, mêlant plusieurs récits parallèles, permettait à Jeanne Herry de couvrir l'ensemble de la chaîne humaine entourant l'adoption, de la mère biologique jusqu'à la famille adoptive finale.
La critique a unanimement salué la délicatesse et la justesse du film, saluant en particulier la performance de l'ensemble du casting choral ainsi que la capacité de Jeanne Herry à traiter un sujet sensible avec une sobriété et une bienveillance remarquables. Beaucoup ont souligné la réussite du film à éviter tout pathos artificiel tout en abordant frontalement les enjeux émotionnels complexes de l'adoption.
Le public a réservé un accueil chaleureux au film, profondément touché par cette chronique humaine optimiste et par la diversité des points de vue représentés autour de l'adoption. Le bouche-à-oreille favorable a largement contribué au succès du film en salle, dépassant les attentes initiales de sa distribution.
Le film a été nommé à plusieurs reprises aux César, notamment dans les catégories du meilleur espoir féminin et du meilleur scénario original, confirmant la reconnaissance critique unanime dont a bénéficié cette œuvre chorale à sa sortie.
Jeanne Herry s'est directement inspirée de rencontres approfondies avec de véritables professionnels de l'aide sociale à l'enfance pour construire un scénario choral fidèle aux réalités administratives et humaines du processus d'adoption en France.
La production a nécessité un important travail de casting pour réunir un ensemble d'acteurs capables d'incarner cette mosaïque de personnages aux parcours variés, chacun devant apporter une sensibilité particulière à son rôle au sein de cette narration chorale.
Une scène marquante de remise de l'enfant à sa famille adoptive, particulièrement chargée en émotion, a nécessité une préparation minutieuse afin de restituer avec justesse et pudeur ce moment charnière du processus d'adoption sans sombrer dans un excès de sentimentalisme.
Gilles Lellouche a construit son personnage de cadre de l'aide sociale à l'enfance en s'appuyant sur de véritables témoignages professionnels recueillis par Jeanne Herry, cherchant à incarner avec justesse la rigueur bienveillante nécessaire à ce métier exigeant.
Le film explore le processus complexe de l'adoption et de l'accouchement sous X, s'attachant à montrer la diversité des parcours et des émotions traversés par l'ensemble des personnes impliquées dans cette chaîne de solidarité. Il aborde également le deuil et le renoncement de la mère biologique, dont la décision difficile est traitée avec une grande empathie plutôt qu'un jugement moral. Le film questionne aussi l'engagement professionnel et humain des travailleurs sociaux, souvent peu représentés au cinéma malgré leur rôle essentiel dans ces parcours de vie bouleversants. La construction d'une nouvelle famille, incarnée par l'attente et l'espoir des parents adoptifs, constitue enfin un fil narratif central et particulièrement émouvant du récit.
Après un long processus administratif et humain mêlant plusieurs points de vue, le petit Théo est finalement confié à une famille adoptive soigneusement sélectionnée par les services de l'aide sociale à l'enfance, concluant sur une note résolument optimiste ce parcours semé d'incertitudes. La scène de remise de l'enfant à ses parents adoptifs, empreinte d'une émotion à la fois pudique et intense, vient couronner l'ensemble des efforts et des espoirs de tous les personnages ayant contribué à ce parcours d'adoption. Cette conclusion célèbre la solidarité collective mise en œuvre autour de l'enfant, chaque professionnel ayant joué un rôle essentiel dans la réussite de ce processus délicat. Le film se termine ainsi sur la naissance d'une nouvelle famille, symbole d'espoir et de renouveau au terme de ce récit choral profondément humain.
Le titre "Pupille" désigne juridiquement un enfant placé sous la tutelle de l'État en vue de son adoption, terme administratif précis qui ancre d'emblée le film dans la réalité concrète et procédurale du dispositif de protection de l'enfance qu'il s'attache à dépeindre avec justesse.
Le succès critique et public du film a contribué à sensibiliser un large public français au fonctionnement méconnu de l'aide sociale à l'enfance et du processus d'adoption, confirmant Jeanne Herry comme une réalisatrice de choix pour les chroniques chorales sensibles sur des sujets de société.
Elle l'adore (2014), Pauline détective, Une famille (2017), Belle et Sébastien (2013)