Svetlana Vassileva, Sandrine Zongo et Taslima Akter sont trois enseignantes qui vivent aux quatre coins de la planète, portées par une même vocation : transmettre le savoir envers et contre tout. D'un campement nomade enseveli sous les neiges de Sibérie à la brousse étouffante du Burkina Faso, en passant par les terres régulièrement inondées du Bangladesh, elles exercent dans des conditions où les professeurs manquent cruellement à l'appel. Chacune à sa manière transforme l'enseignement en une véritable aventure quotidienne, allant bien au-delà de sa mission première pour alphabétiser sans craie ni tableau, repousser un mariage précoce ou préserver une culture menacée. Ce documentaire, porté par la voix de Karin Viard, dresse le portrait de ces femmes pour qui un enfant éduqué peut véritablement changer le cours d'un destin.
Profs du bout du monde n'est pas une fiction mais un documentaire, prolongement naturel de la réflexion qu'Emilie Thérond avait déjà entamée avec son précédent film Mon maître d'école, sorti en 2016 et déjà consacré au thème de la transmission scolaire. L'idée originelle est née du désir de la réalisatrice de suivre cette fois des enseignants exerçant dans des conditions extrêmes, là où l'accès à l'éducation reste un combat quotidien plutôt qu'un acquis, afin d'explorer plus profondément la notion de vocation. Pendant trois mois, l'équipe du film a mené une enquête approfondie aux côtés d'une journaliste, en lien avec plusieurs associations et réseaux internationaux, pour identifier les enseignantes dont le parcours illustrerait le mieux les grands freins à l'éducation dans le monde. Trois problématiques ont particulièrement intéressé la réalisatrice pour construire le film : la démographie galopante du Burkina Faso, qui contraint à former dans l'urgence des professeurs envoyés dans des conditions très difficiles, la pauvreté conjuguée à la montée des eaux au Bangladesh, et l'isolement des populations nomades de Sibérie. Emilie Thérond a voulu, à travers ce documentaire, redonner à la profession enseignante une part de la force et de la reconnaissance qu'elle estime trop souvent négligée dans le débat public contemporain.
Résumé des critiques professionnelles La critique a salué l'intention généreuse du documentaire, saluant les portraits sensibles de ces trois enseignantes confrontées à des défis considérables pour exercer leur vocation. Certains observateurs ont toutefois estimé que le film manquait parfois d'originalité formelle, jugeant les portraits dressés un peu convenus malgré la force intrinsèque des situations montrées.
Réception du public Le public s'est montré sensible à l'universalité du propos porté par le documentaire, touché par la détermination de ces trois enseignantes prêtes à affronter mille difficultés pour transmettre leur savoir à des enfants avides d'apprendre. Le film a également trouvé un écho particulier auprès d'un public scolaire et éducatif, souvent projeté dans un cadre pédagogique pour sensibiliser aux inégalités d'accès à l'éducation à travers le monde.
Récompenses obtenues Le documentaire a été sélectionné en compétition officielle au Santa Barbara International Film Festival en 2021 et a reçu le prix de la musique originale au festival Mon premier festival à Paris en 2020.
Inspirations du réalisateur Emilie Thérond a voulu prolonger la réflexion entamée avec son précédent documentaire Mon maître d'école, en s'intéressant cette fois à des enseignants exerçant dans des zones du monde où l'accès à l'éducation reste extrêmement précaire.
Difficultés de production Le tournage s'est déroulé dans trois environnements aux conditions climatiques et logistiques radicalement différentes, entre le froid extrême d'un campement nomade sibérien, la chaleur écrasante de la brousse burkinabée et les terres régulièrement submergées du Bangladesh, imposant à l'équipe de tournage une importante capacité d'adaptation.
Profs du bout du monde explore la vocation enseignante et la force de conviction nécessaire pour transmettre le savoir dans des contextes où tout semble s'y opposer. Le documentaire interroge également les inégalités mondiales d'accès à l'éducation, entre pauvreté, catastrophes climatiques et traditions parfois défavorables à la scolarisation des filles. L'émancipation par le savoir occupe une place centrale, notamment à travers la lutte de certaines enseignantes contre les mariages précoces ou pour la préservation d'une culture nomade menacée. Enfin, le film met en lumière la dimension universelle de la transmission, envers et contre les obstacles culturels, économiques ou environnementaux qui peuvent s'y opposer partout dans le monde.
Le titre Profs du bout du monde souligne l'éloignement géographique et symbolique des lieux d'exercice de ces trois enseignantes, chacune installée dans une région reculée du globe où l'éducation ne repose bien souvent que sur leur seul engagement personnel. Cette formule insiste également sur l'idée que la vocation d'enseigner ne connaît aucune frontière, s'exerçant avec la même intensité aux confins de la Sibérie, du Burkina Faso ou du Bangladesh.
Le documentaire, également connu sous le titre Être prof, a finalement connu une sortie nationale en salles françaises le 5 octobre 2022, après plusieurs présentations en festivals dès 2020 et 2021.
Les amateurs de documentaires consacrés à l'éducation à travers le monde pourront se tourner vers Sur le chemin de l'école, Nous les enfants d'un dieu mineur ou encore Mon maître d'école, précédent documentaire d'Emilie Thérond déjà consacré à la question de la transmission scolaire.