Victor et sa famille s'apprêtent à quitter une communauté de militants écologistes et altermondialistes installée en plein cœur de la nature ardéchoise après y avoir passé quelques jours de vacances éprouvantes. C'est le moment précis que choisit une terrible pandémie mondiale pour balayer instantanément le reste de l'humanité, épargnant miraculeusement les membres de la ZAD grâce à leur isolement sanitaire. Convaincus d'être les derniers survivants de la Terre, ce groupe d'utopistes bienveillants va tenter de reconstruire une nouvelle société idéale en partant de zéro. Malheureusement, les vieux démons humains, les luttes d'ego et les absurdités idéologiques vont très vite transformer cette micro-société pacifique en un enfer communautaire hilarant.
L'idée originelle de cette satire féroce n'est pas tirée d'un livre, mais est née d'une idée de la célèbre humoriste Blanche Gardin et de son co-scénariste Noé Debré. Fascinés par les mouvements citoyens, les zones à défendre (ZAD) et les contradictions inhérentes aux utopies communautaires modernes, ils ont souhaité écrire une comédie noire grinçante sur la nature humaine. L'inspiration leur est venue en observant la dérive absurde de certaines réunions politiques où le politiquement correct et le jargon idéologique finissent par paralyser toute action concrète. Éric Judor a immédiatement été séduit par la puissance satirique du script et a décidé d'en assurer lui-même la réalisation pour y insuffler son sens unique du burlesque absurde. Le scénario a été peaufiné pour pousser chaque stéréotype altermondialiste dans ses retranchements les plus ridicules tout en conservant une tendresse comique.
Résumé des critiques professionnelles : La critique cinématographique française s'est montrée particulièrement enthousiaste et surprise par le ton résolument grinçant et original du long-métrage, saluant l'une des comédies les plus audacieuses de l'année. Les journalistes ont applaudi la plume acérée de Blanche Gardin et la mise en scène inventive d'Éric Judor qui parvient à moquer les clichés écologistes sans jamais tomber dans la méchanceté gratuite. La presse spécialisée a mis en valeur l'excellente performance de la troupe de comédiens issus du stand-up, notamment Bun Hay Mean. Quelques critiques ont toutefois regretté un léger essoufflement du récit dans sa toute dernière partie, tout en louant la drôlerie des situations.
Réception du public : Le public a accueilli cette œuvre de manière plus confidentielle dans les salles de cinéma, le film ayant dérouté une partie des spectateurs habitués aux comédies familiales plus traditionnelles d'Éric et Ramzy. Néanmoins, les amateurs d'humour noir et d'absurde ont réservé un véritable triomphe d'estime au film, savourant les répliques cinglantes de Blanche Gardin sur le chamanisme et le véganisme. Le bouche-à-oreille a fonctionné à plein régime au fil des années grâce aux réseaux sociaux et aux rediffusions sur les chaînes cryptées. Le film a acquis avec le temps un statut d'œuvre culte pour toute une génération de spectateurs férus de second degré.
Récompenses obtenues : Le long-métrage n'a pas obtenu de récompenses majeures dans les grands festivals internationaux de cinéma d'auteur, qui boudent souvent la comédie satirique de ce genre. Il a néanmoins reçu un accueil chaleureux lors de sa présentation dans plusieurs festivals nationaux dédiés à l'humour et à la comédie contemporaine. Sa plus belle distinction reste sa longévité culturelle sur internet, où de nombreuses scènes du film sont régulièrement utilisées sous forme de mèmes pour illustrer de façon ironique l'actualité politique et sociale française.
Inspirations du réalisateur : Éric Judor s'est inspiré de la série américaine Lost pour l'esthétique visuelle du groupe isolé en pleine nature et des films de science-fiction post-apocalyptiques comme Sa Majesté des mouches pour filmer la régression rapide de la société humaine vers la sauvagerie.
Difficultés de production : Le tournage s'est déroulé en extérieurs naturels dans des zones reculées, ce qui a posé des défis techniques importants pour déplacer le matériel au milieu de la forêt. L'équipe a dû composer avec une météo changeante qui perturbait la continuité lumineuse des scènes censées se dérouler sous un soleil d'été immuable. De plus, diriger un casting choral composé en grande partie d'humoristes de stand-up a exigé d'Éric Judor une grande fermeté pour canaliser les vannes permanentes et les envies d'improvisation de chacun entre les prises afin de respecter le timing rigoureux écrit par Blanche Gardin.
Anecdote sur une scène particulière : La scène mémorable de la négociation autour du partage de la dernière plaquette de beurre a donné lieu à d'interminables fous rires en plateau. Les acteurs devaient garder un sérieux de marbre tout en débattant de concepts philosophiques absurdes pour un simple morceau de nourriture. Youssef Hajdi a improvisé plusieurs mimiques de gourmandise frustrée qui ont ruiné plusieurs prises à cause de l'hilarité communicative d'Éric Judor. Cette séquence courte a nécessité près d'une demi-journée de travail pour être enregistrée correctement.
Casting initialement prévu : Éric Judor a conçu le personnage de Victor pour lui-même dès sa première lecture du scénario, aimant jouer les citadins rationnels et un peu lâches dépassés par la folie collective. Blanche Gardin avait également écrit son personnage de prof de yoga bienveillante mais tyrannique sur mesure pour ses propres talents de comédienne. Pour le reste de la communauté, le réalisateur a délibérément évité les têtes d'affiche trop connues du grand public afin de donner au spectateur l'impression d'observer une véritable communauté d'anonymes authentiques.
Le film explore l'échec des utopies sociales, la fragilité de la démocratie participative et le retour inévitable de l'individualisme et des rapports de force en situation de crise. Il caricature avec une ironie mordante le jargon militant, la bien-pensance écologiste, le néo-chamanisme et les dérives des mouvements survivalistes. La fragilité de la civilisation moderne y est traitée sous un angle burlesque.
Le film s'achève sur le chaos total de la communauté qui a fini par se diviser en factions rivales ridicules et agressives, reproduisant exactement tous les travers de la société capitaliste qu'ils dénonçaient au départ. C'est le moment ironique où un hélicoptère militaire moderne apparaît dans le ciel, révélant que la pandémie mondiale est terminée et que la civilisation extérieure a survécu et s'est reconstruite sans eux. Plutôt que de se réjouir de leur sauvetage, les zadistes terrifiés fuient la modernité et décident de s'enfoncer encore plus profondément dans les bois. Le dernier plan montre les personnages courant vers la jungle sauvage, préférant s'enfermer définitivement dans leur folie communautaire plutôt que de retourner au monde réel.
Le titre est un néologisme humoristique inspiré de la langue espagnole, évoquant de manière décontractée et dérisoire l'accumulation de graves soucis systémiques qui frappent la petite communauté. Il souligne le décalage comique permanent entre la gravité absolue de la situation apocalyptique et la légèreté pathétique avec laquelle les personnages gèrent leurs conflits du quotidien.
Le film fait l'objet d'une redécouverte permanente par le public français, devenant une référence comique incontournable pour moquer gentiment les dérives des réunions associatives ou les excès de l'éco-anxiété contemporaine.
La Crise, Le Nom des gens, En même temps, Sa majesté des mouches, La Tour Montparnasse infernale.