Max est un trentenaire qui a fait fortune sur Internet avec ses amis mais qui s'ennuie profondément dans sa vie de millionnaire oisif. Sa vie bascule lorsqu'il recroise par hasard Alice, son amour de jeunesse de l'université, dont il est resté secrètement épris. Alice, mère célibataire et militante ouvrière, se bat au quotidien pour sauver son usine de la faillite. Pour se rapprocher d'elle sans l'effrayer avec sa fortune, Max décide de racheter anonymement l'entreprise en difficulté et de se faire embaucher comme simple ouvrier stagiaire, s'enfonçant dans un engrenage de mensonges farfelus.
La genèse de cette comédie romantique et sociale est née de l'association entre le réalisateur Nicolas Cuche et l'humoriste Max Boublil, désireux de signer une comédie moderne s'inspirant des codes des classiques de la comédie romantique hollywoodienne. L'idée originelle était de traiter du décalage absurde entre la nouvelle richesse des entrepreneurs du web et la réalité du monde ouvrier traditionnel à travers le prisme de l'amour fou. L'inspiration du cinéaste s'est nourrie du film culte Un Prince à New York, où un homme cache son statut social pour séduire une femme pour ce qu'il est vraiment. Ils ont voulu transposer ce concept dans le contexte de la crise industrielle française, offrant un arrière-plan social fort à une intrigue de séduction classique. Le projet a été écrit rapidement, capitalisant sur l'humour potache et attachant de sa vedette principale.
La presse professionnelle a réservé un accueil plutôt indulgent et amusé à cette comédie, saluant l'efficacité des gags et la sympathie immédiate dégagée par le duo d'acteurs. Les critiques ont apprécié le fait que le film évite le cynisme et propose une réflexion gentillette sur la solidarité ouvrière. Le sens du rythme comique de Nicolas Cuche a été souligné de manière positive.
Le public a répondu présent, en particulier les fans de Max Boublil, séduits par cette fable romantique rythmée et pleine de bons sentiments. Les spectateurs ont ri des quiproquos constants provoqués par la double identité du héros et ont été touchés par la romance sincère.
Le film n'a pas remporté de prix artistiques ou de récompenses notables lors des grands festivals cinématographiques à sa sortie. Il a néanmoins rempli son contrat commercial en s'imposant comme un divertissement familial populaire et sans prétention.
Le cinéaste s'est inspiré des véritables luttes ouvrières de l'époque pour concevoir l'ambiance de l'usine en sursis, en veillant à ne pas tomber dans une caricature misérabiliste. Il voulait que les ouvriers soient dépeints avec dignité et humour.
Les difficultés de production ont été minimes, le tournage s'étant déroulé dans une ambiance joyeuse et collaborative au sein d'une véritable usine désaffectée de la région parisienne, réaménagée pour les besoins de l'intrigue.
Pour l'anecdote sur une scène particulière, celle où Max Boublil tente maladroitement de manipuler une machine d'emballage industrielle a donné lieu à de nombreuses crises de fou rire sur le plateau. L'acteur, véritablement maladroit avec ses mains, a détruit plusieurs cartons de production par accident lors des premières prises.
Le casting initialement prévu s'est construit sur mesure autour de Max Boublil, qui participait également à l'écriture des dialogues pour coller à son style d'humour. Le choix d'Aïssa Maïga s'est fait naturellement pour apporter du charme, du sérieux et du répondant face aux pitreries du héros.
Le film aborde les thèmes du mensonge par amour, du choc des classes sociales et de la quête de sincérité dans les relations amoureuses. Il égratigne avec légèreté l'univers superficiel des millionnaires d'Internet tout en valorisant la solidarité, la dignité et le combat du monde ouvrier face aux difficultés économiques.
Le stratagème de Max finit inévitablement par être découvert par Alice, qui se sent profondément trahie et humiliée par ce mensonge de riche. Max déploie alors des efforts sincères et utilise sa fortune de manière intelligente pour sauver définitivement l'usine et l'emploi de tous les ouvriers sans rien attendre en retour. Touchée par ce geste de générosité authentique et désintéressé, Alice lui pardonne lors d'une réconciliation romantique au milieu de l'usine, acceptant enfin l'homme au-delà de ses millions.
Le titre résume parfaitement l'état d'esprit du héros romantique, prêt à abandonner son confort, sa fierté et à s'infliger les pires corvées d'usine pour reconquérir le cœur de la seule femme qu'il n'a jamais oubliée.
Le film bénéficie aujourd'hui d'une belle seconde vie lors de ses rediffusions sur les chaînes de la TNT française, s'imposant comme une comédie romantique de catalogue agréable et fédératrice. Il reste un jalon sympathique dans la carrière cinématographique de Max Boublil.
Les Gamins, Un prince à New York, Tout pour plaire, La Soupe aux choux