Une escouade d'élite de forces spéciales américaines, commandée par le major Dutch, est envoyée en mission de sauvetage dans la jungle amazonienne. Sur place, ils découvrent les restes mutilés d'une précédente unité et comprennent vite qu'ils sont traqués par une entité invisible. Un par un, les soldats sont éliminés par cette créature extraterrestre qui se nourrit de l'adrénaline de ses victimes. Dutch va devoir utiliser toute son expérience de la guérilla pour survivre et affronter ce prédateur venu d'ailleurs.
Le projet a commencé comme une blague dans l'industrie hollywoodienne, avec l'idée d'un film où Rocky Balboa affronterait un extraterrestre. Le scénario original, écrit par les frères Thomas, a ensuite évolué pour devenir une histoire de commandos confrontés à un chasseur d'espace. Le réalisateur John McTiernan a eu l'inspiration de traiter l'intrigue comme un film de guerre réaliste avant de basculer dans la science-fiction horrifique. Il s'est inspiré des écrits de Joseph Conrad, notamment "Au cœur des ténèbres", pour dépeindre la descente aux enfers des soldats dans la jungle. Le film n'est pas tiré d'une histoire vraie, mais l'ambiance oppressante de la forêt tropicale a été grandement influencée par les récits de la guerre du Viêt Nam. L'idée du camouflage optique du prédateur est venue du désir de créer un monstre que l'on ne pouvait pas voir, jouant sur la peur de l'invisible. La créature a été conçue par Stan Winston, qui s'est inspiré de divers insectes et de la mythologie aztèque pour son design effrayant. Le choix de caster des bodybuilders géants comme Jesse Ventura ou Arnold Schwarzenegger visait à créer un contraste saisissant avec la créature fluide et furtive. Ce mélange de genres inédit, entre le film de commandos et le slasher extraterrestre, est la véritable genèse de ce chef-d'œuvre.
Les critiques professionnelles ont été plutôt positives, saluant la capacité de John McTiernan à renouveler le genre de l'action en y injectant des éléments de suspense horrifique. Beaucoup de journalistes ont souligné l'intelligence du scénario, qui prend le temps d'installer la menace avant de la révéler complètement. La performance d'Arnold Schwarzenegger a été jugée parfaite pour le role, l'acteur utilisant peu de dialogues mais une présence physique imposante. Quelques critiques minoritaires ont cependant regretté un développement des personnages un peu faible, les soldats manquant de profondeur psychologique. Le public a fait un triomphe au film, qui a rapporté près de 100 millions de dollars au box-office mondial pour un budget modeste. Les spectateurs ont été terrifiés par le design du prédateur et fascinés par ses armes futuristes, devenant instantanément un personnage iconique. Le bouche-à-oreille a été extrêmement puissant, la révélation de la créature étant devenue l'un des meilleurs secrets de cinéma des années 80. Le film a rapidement acquis le statut de film culte, diffusé en boucle à la télévision et cité dans de nombreuses autres œuvres populaires. Le film n'a pas reçu de nominations aux grands prix comme les Oscars, étant considéré comme un divertissement trop populaire pour les académies. Il a cependant remporté le Saturn Award du meilleur film de science-fiction, récompensant sa qualité dans le genre. Les effets visuels et le maquillage de Stan Winston ont été primés dans de nombreuses cérémonies spécialisées. Sa véritable récompense est d'avoir généré une franchise immense, prouvant que le film a touché une corde sensible chez les amateurs de genre.
Inspirations du réalisateur : John McTiernan s'est inspiré de la façon dont les guerriers indiens chassaient dans la jungle, utilisant la terre et l'invisible pour piéger leurs proies. Il a regardé "Alien" de Ridley Scott pour comprendre comment filmer un monstre de manière effrayante en ne montrant que des fragments de son anatomie. Le réalisateur voulait que la jungle soit un personnage à part entière, oppressant les soldats avec son humidité et ses bruits menaçants. Cette approche a permis de renforcer le sentiment de claustrophobie malgré le fait que l'action se passe en plein air. Difficultés de production : Le tournage au Mexique a été un enfer à cause de la chaleur écrasante et de l'humidité extrême qui détruisait les maquillages et les équipements électroniques. Le costume complet du prédateur était si lourd et chaud que l'acteur Kevin Peter Hall s'évanouissait régulièrement entre les prises. Les accès aux zones de jungle reculées étaient si mauvais que l'équipe devait parfois marcher des heures avec tout le matériel sur le dos. Les moustiques et les serpents venimeux représentaient une menace constante pour l'équipe technique épuisée. Anecdote sur une scène particulière : La scène où Dutch se couvre de boue pour cacher sa chaleur corporelle a été tournée dans une véritable boue toxique qui a causé des irritations sévères à Schwarzenegger. L'acteur Jesse Ventura a vraiment tiré avec le minigun, une expérience qu'il a décrite comme la plus effrayante de sa vie à cause de la puissance du recul. Lors de la scène de l'explosion finale, les pyrotechniciens ont utilisé trop de charges, provoquant un souffle qui a projeté des débris sur tout le plateau. L'acteur principal a d'ailleurs perdu temporairement l'audition à cause de l'immense bruit de cette détonation. Casting initialement prévu : Le rôle de Dutch a été écrit pour un acteur plus petit et moins musclé, et des acteurs comme Patrick Swayze ou Michael Keaton ont été envisagés au départ. Jean-Claude Van Damme a d'abord été engagé pour jouer le prédateur, mais il a été renvoyé car sa petite taille ne créait pas un contraste suffisant avec les soldats. C'est en voyant un très grand acteur de basketball que les producteurs ont eu l'idée d'engager Kevin Peter Hall pour le rôle du monstre. L'équipe de production a longtemps douté de la viabilité d'un monstre invisible avant de se lancer définitivement dans l'aventure.
Le film explore la confrontation entre la force brute humaine et une technologie intelligente, montrant les limites de la puissance musculaire face à l'invisible. La jungle est utilisée comme une métaphore de l'inconscient et de la peur primitive, ramenant l'homme moderne à l'état de proie. Le thème du chasseur chassé est central, inversant les rôles au fur et à mesure que l'escouade se fait décimer. L'œuvre interroge la notion de masculinité toxique, ces soldats surmusclés étant réduits à l'impuissance face à une terreur qu'ils ne comprennent pas. La survie devient un instinct pur, dépouillée de l'uniforme et de la hiérarchie militaire, ne laissant que l'homme face à la mort. Le respect de l'adversaire est un thème clé, le prédateur ne tuant que ceux qui sont armés, suivant un code d'honneur paradoxal. Le film aborde aussi la paranoïa et la destruction de la confiance au sein d'un groupe soudé. Enfin, l'adaptation et l'intelligence pragmatique triomphent de la force pure, Dutch comprenant qu'il doit utiliser son environnement plutôt que ses muscles pour vaincre.
Après avoir été le seul survivant de son escouade, Dutch comprend qu'il ne peut pas battre le prédateur en utilisant la force ou les armes à feu. Il décide de se camoufler avec de la boue fraîche pour masquer sa signature thermique aux yeux de la créature. Le prédateur, dépourvu de son masque thermique, le cherche désespérément mais ne parvient pas à le voir dans la jungle dense. Dutch utilise des pièges primitifs et des armes improvisées pour blesser l'extraterrestre, le forçant à se détruire avec son propre engin d'autodestruction. L'énorme explosion dévaste la jungle, mais Dutch parvient à s'échapper de justesse en sautant d'une cascade. Il est ensuite récupéré par l'hélicoptère de secours, physiquement brisé mais vivant. Dans les dernières images du film, Dutch fixe le ciel de la nuit avec un regard vide, marqué à jamais par l'horreur de ce qu'il a vécu. La fin refuse tout triomphe joyeux, montrant un homme qui a perdu ses hommes et son innocence face à l'immensité de l'univers. Ce dénouement sombre laisse planer un doute sur la nature de l'ennemi, suggérant qu'il existe des monstres bien pires que les guerres humaines.
Le titre original "Predator" désigne littéralement un prédateur, un animal qui chasse d'autres animaux pour se nourrir. En français, le titre a été traduit par "Prédator", un néologisme qui conserve la sonorité anglo-saxonne tout en rappelant le mot "prédateur". Ce choix de titre met immédiatement l'accent sur la nature de l'extraterrestre, qui ne vient pas sur Terre pour envahir ou coloniser, mais purement pour chasser. Le terme évoque une relation de dominance absolue, où les humains ne sont plus au sommet de la chaîne alimentaire. L'utilisation d'un mot unique, court et percutant, reflète la brutalité et l'efficacité froide du monstre. Il annonce un retour à la loi de la nature, où la technologie et les armes modernes ne servent à rien face à un prédateur parfait. Ce titre est devenu synonyme de chasseur implacable dans la culture populaire, dépassant largement le cadre du film lui-même. Il résume à lui seul l'essence de l'intrigue : une lutte pour la survie face à un prédateur supérieur. C'est un titre minimaliste mais terrifiant, qui promet une expérience cinématographique primitive et intense.