En 1997, Los Angeles est en proie à une guerre des gangs brutale qui déchire les quartiers sud de la ville. Le lieutenant Mike Harrigan, un flic au tempérament rebelle, mène l'enquête sur une série de meurtres sadiques commis sur des trafiquants. Il découvre avec horreur que l'auteur de ces crimes n'est pas un être humain, mais un chasseur extraterrestre attiré par la chaleur et la violence de la ville. Harrigan va devoir affronter cette créature technologiquement supérieure dans les égouts et sur les toits de la mégalopole.
L'idée de cette suite est venue du désir des studios de capitaliser sur le succès du premier film en déplaçant l'action de la jungle vers un environnement urbain. Les scénaristes Jim et John Thomas ont imaginé que le prédateur serait logiquement attiré par Los Angeles, une ville connue pour ses émeutes et sa chaleur étouffante. Le film n'est pas tiré d'une histoire vraie, mais s'inspire fortement du climat de tension raciale et de violence urbaine qui régnait à Los Angeles à la fin des années 80. Le réalisateur Stephen Hopkins a eu pour inspiration de traiter la ville comme une nouvelle jungle, où les gratte-ciels remplacent les arbres et les gangs les fauves. Il voulait créer une atmosphère claustrophobe et paranoïaque, s'inspirant des films noirs et des thrillers urbains de l'époque. L'introduction de l'arme à plasma surchauffée a été pensée pour apporter une nouveauté visuelle tout en restant cohérente avec la technologie extraterrestre. Les créateurs ont voulu explorer la société secrète des prédateurs en introduisant la scène du vaisseau spatial, élargissant la mythologie. Le choix de Danny Glover comme protagoniste a été motivé par la volonté de montrer un héros plus humain et plus âgé que le colosse incarné par Schwarzenegger. C'est cette décision de dépayser totalement l'univers tout en gardant ses règles qui a guidé l'ensemble de la genèse du projet.
Les critiques professionnelles ont accueilli le film avec une froideur polie, le jugeant comme une suite inférieure au chef-d'œuvre de McTiernan. Beaucoup de journalistes ont regretté le remplacement d'Arnold Schwarzenegger par Danny Glover, estimant que le charisme du nouveau héros ne suffisait pas à porter le film. La réalisation de Stephen Hopkins a été critiquée pour son abus de filtres colorés et son montage nerveux qui nuisaient à la clarté de l'action. Cependant, quelques critiques ont salué l'audace de déplacer le monstre en ville et d'approfondir la lore de la créature. Le public a été plus mitigé, le film réalisant de modestes résultats au box-office comparés à son prédécesseur. Les fans de la première heure ont souvent été déçus par l'absence de l'ambiance militaire et de survie qui faisait le sel de l'original. Malgré cela, le film a trouvé son public dans les vidéo-clubs, devenant au fil du temps un classique de la science-fiction des années 90. Les scènes de violence ont été très appréciées par les adolescents, qui retrouvaient le gore attendu de la franchise. Le film n'a remporté aucune récompense cinématographique majeure, étant considéré comme un produit de divertissement de série B. Il a obtenu une nomination aux Saturn Awards pour le meilleur film de science-fiction et les meilleurs maquillages, sans toutefois gagner. Les effets spéciaux pratiques, notamment les animatroniques de la créature, ont été reconnus par des magazines spécialisés comme étant de très grande qualité. Le film a souvent été récompensé de manière rétrospective lors de conventions de fans de science-fiction pour sa contribution à l'univers.
Inspirations du réalisateur : Stephen Hopkins s'est fortement inspiré du film "Blade Runner" pour créer son Los Angeles futuriste de 1997, cherchant une esthétique urbaine décadente. Il a également regardé de nombreux documentaires sur les gangs de Los Angeles pour rendre les scènes de rue les plus authentiques possibles. Le réalisateur voulait que le prédateur se déplace comme un félin urbain, s'inspirant des mouvements des guépards pour la chorégraphie du monstre. Cette approche lui a permis de différencier visuellement cette créature de celle de la jungle. Difficultés de production : Le tournage en extérieur à Los Angeles a été extrêmement difficile à organiser en raison des problèmes de sécurité dans certains quartiers dangereux. Les créatures mécaniques utilisées pour le prédateur étaient très lourdes et tombaient souvent en panne, causant des retards importants sur le plateau. La scène du métro a été un cauchemar logistique, nécessitant la location d'une véritable rame de métro pendant la nuit. L'équipe devait constamment nettoyer les décors de la suie et des faux sangs avant le lever du jour pour ne pas alerter les passagers. Anecdote sur une scène particulière : La scène finale dans le vaisseau spatial a été la plus complexe à tourner en raison de l'immensité du décor et des jeux de lumières néon. Danny Glover a failli faire une crise d'angoisse en découvrant le costume complet du prédateur de près, trouvant la créature réellement terrifiante. Lors de la poursuite sur les toits, un cascadeur a glissé et a failli tomber du bâtiment, sauvé in extremis par un filet de sécurité. La chaleur générée par les projecteurs dans le vaisseau artificiel obligeait les acteurs à faire des pauses toutes les cinq minutes. Casting initialement prévu : Le rôle de Mike Harrigan a été écrit spécifiquement pour un acteur afro-américain, et Patrick Swayze a été un temps envisagé avant que Danny Glover ne signe. Gary Busey a été choisi pour son regard ambigu, le personnage de Keyes ayant d'abord été pensé pour être un traître humain avant de devenir un agent gouvernemental. Le rôle du policier joué par Bill Paxton a été légèrement élargi par rapport au scénario initial car les producteurs adoraient l'acteur. D'autres noms connus de l'action ont refusé de participer au projet par peur d'être éclipsés par le monstre.
Le film explore la violence urbaine et la loi de la jungle qui règne dans les mégalopoles modernes, montrant que la civilisation est une façade fragile. La notion de territoire est centrale, le prédateur et les gangs se disputant les mêmes zones de chasse dans les rues de Los Angeles. L'œuvre aborde la paranoïa institutionnelle à travers le personnage de Keyes, représentant un gouvernement prêt à sacrifier ses propres citoyens pour étudier l'extraterrestre. Le thème du vieillissement et de la perte de vitesse est illustré par le lieutenant Harrigan, qui se sent dépassé par une nouvelle ère de violence qu'il ne comprend plus. La dignité face à la mort est un concept clé, Harrigan prouvant qu'il vaut mieux mourir en combattant que de fuir l'inévitable. Le code d'honneur du prédateur est approfondi, soulevant la question de la moralité chez une créature que nous considérons comme un monstre. Le film questionne la frontière entre le chasseur et le chassé, les humains devenant les proies dans leur propre environnement. Enfin, la notion de respect mutuel entre ennemis est introduite, brisant le manichéisme classique des films de monstres.
Après une poursuite acharnée dans les égouts brûlants, Harrigan parvient à suivre le prédateur jusqu'à son vaisseau spatial caché sous la ville. Dans un ultime combat au corps à corps, le policier parvient à utiliser le disque tranchant de l'extraterrestre contre lui, le blessant mortellement. Au lieu de mourir dans l'anonymat, le prédateur active son engin d'autodestruction, mais Harrigan s'échappe juste à temps. Avant de succomber à ses blessures, la créature est rejointe par plusieurs autres prédateurs qui émergent de l'ombre de leur vaisseau. Ces derniers ne s'en prennent pas à Harrigan, mais récupèrent le corps de leur congénère avec un respect solennel. Le chef des extraterrestres remet ensuite au policier un vieux pistolet à silex du 18ème siècle, une récompense pour avoir vaincu un de leurs guerriers. Le vaisseau décolle et disparaît dans le ciel de Los Angeles, laissant Harrigan seul et stupéfait par ce qu'il vient de vivre. L'arrivée de la police fédérale met fin à la scène, mais le héros conserve cet artefact qui prouve l'existence des chasseurs cosmiques. Cette fin élargit considérablement l'univers, suggérant que les prédateurs visitent la Terre depuis des siècles.
Le titre "Predator 2" est une suite directe et fonctionnelle du premier film, choisie pour capitaliser immédiatement sur la notoriété de la franchise. Le terme "Predator" (Prédateur en français, bien que le titre original soit souvent conservé) désigne l'extraterrestre qui chasse les humains pour le sport. L'ajout du chiffre "2" indique clairement la continuité de l'histoire, même si le décor et les personnages ont totalement changé. Ce titre très conventionnel pour une suite des années 80 et 90 ne cherche pas à être poétique, mais à être immédiatement compris par le public. Il annonce que les règles établies dans le premier opus seront respectées, notamment la présence du monstre et son mode de chasse. Le fait de garder le nom anglais renforce l'aspect Hollywoodien et commercial du projet. En omettant toute référence à Los Angeles ou à la ville dans le titre, les producteurs ont voulu garder le mystère sur le lieu de l'action. C'est un titre qui mise tout sur la force de la marque plutôt que sur l'originalité de son concept. Malgré sa simplicité, il est devenu un symbole identifiable pour tous les fans de films de science-fiction d'action de cette époque.