Dimanche, 12 juillet 2026
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Porco Rosso

Porco Rosso

1992 Japon
Synopsis

Dans l'Adriatique des années 1920, un ancien as de l'aviation militaire vit retiré du monde sur un îlot rocheux. Victime d'un sortilège mystérieux qui lui a donné la tête d'un cochon, il s'est reconverti en chasseur de primes aérien sous le nom de Porco Rosso — «porc rouge» en italien — traquant les pirates de l'air pour le compte de qui le paye. Mais quand un pilote américain flamboyant et sans scrupules nommé Curtis entre en scène et menace son existence, Porco va devoir faire réparer son hydravion par une jeune mécanicienne de génie, retrouver ses valeurs et décider ce qu'il veut vraiment défendre.

Genèse du film

Porco Rosso est l'adaptation d'une bande dessinée de Hayao Miyazaki lui-même, publiée dans le magazine Model Graphix sous le titre «The Age of the Flying Boat» (Hikôtei Jidai) à partir de 1989. Miyazaki avait imaginé ce personnage en pensant à lui-même — un homme quinquagénaire qui se transforme en cochon pour fuir les responsabilités du monde adulte et se consacrer à sa passion. À l'origine, le projet devait être un court métrage destiné aux passagers des vols intérieurs Japan Air System, avant d'être développé en long métrage. Miyazaki a déclaré que Porco Rosso est «un film pour les adultes fatigués» — une façon de mettre de côté les thèmes heroïques habituels de son cinéma pour explorer la mélancolie, le désenchantement et l'amour de l'aviation. L'Adriatique des années 1920-30, avec ses îlots, ses hydravions et ses pirates de l'air bohèmes, est inspirée à la fois par la réalité historique de l'époque et par les bandes dessinées européennes que Miyazaki admirait.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Porco Rosso a reçu un accueil critique très positif au Japon et, lors de sa sortie internationale différée, dans le monde entier. La presse a salué la beauté nostalgique du film, sa façon unique de mêler l'aventure légère et la mélancolie profonde, et l'amour évident de Miyazaki pour l'aviation et ses héros oubliés. Beaucoup l'ont qualifié de «film le plus personnel» de Miyazaki.

Réception du public : Porco Rosso a été le film le plus rentable de l'année 1992 au Japon, rapportant plus de 28 millions de dollars dans le seul marché nippon — un succès commercial considérable pour un film d'animation non destiné à un public enfantin. En France, la sortie tardive (1995) a trouvé un public de cinéphiles passionnés par le cinéma de Miyazaki.

Récompenses obtenues : Le film a remporté le Prix du César du meilleur film étranger lors de sa sortie en France en 1995 — une distinction qui témoigne de l'exceptionnelle qualité de l'œuvre. Il a également été sélectionné pour représenter le Japon aux nominations internationales.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Miyazaki a déclaré que Porco Rosso est «un homme qui a honte d'être humain» — une déclaration autobiographique qui révèle la dimension très personnelle du film. Le réalisateur avait la cinquantaine quand il a réalisé ce film, et y a mis beaucoup de sa propre mélancolie et de sa réflexion sur le sens de l'engagement dans un monde de guerres et de compromis.

Anecdote sur une scène particulière : La scène du cimetière de nuages — où Porco évoque le souvenir de ses camarades d'escadrille morts à la guerre, représentés comme des avions qui s'élèvent vers le ciel — est souvent citée comme l'une des plus belles et des plus mystérieuses de toute la filmographie de Miyazaki. Elle a été réalisée sans dialogue, avec seulement la musique et l'image.

Thèmes abordés

Porco Rosso explore la mélancolie de la maturité — cet état d'un homme qui a trop vu, trop vécu, et qui a choisi de se retirer du monde sous la forme d'un cochon. Le film aborde le thème du désenchantement politique — Porco refuse de servir les fascistes italiens, mais son engagement contre eux est aussi un refus d'être un héros. La passion de l'aviation est traitée avec un amour et une précision techniques qui témoignent de la fascination de Miyazaki pour les machines volantes. Enfin, Porco Rosso est une réflexion sur la solitude choisie et la difficulté de renoncer à elle même quand l'amour se présente.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La fin de Porco Rosso est délibérément ouverte — on ne sait pas si Porco est redevenu humain, si Gina et lui se sont retrouvés. Miyazaki refuse la résolution nette et garde le mystère qui enveloppe le personnage depuis le début. La narratrice suggère que Porco a peut-être retrouvé sa forme humaine, mais cela n'est jamais montré. Cette fin suspendue est cohérente avec le ton du film : un monde de possibilités ouvertes, d'histoires sans fin imposée.

Signification du titre

Porco Rosso signifie «porc rouge» en italien — le surnom que s'est choisi le héros, à la fois une description littérale de sa condition (il a la tête d'un cochon) et un emblème de son anticonformisme. Le rouge renvoie à la couleur de son hydravion, emblème de sa liberté. Ce titre dit avec humour et mélancolie l'essence du personnage : un homme qui a choisi de se présenter comme ce que la société méprise le plus, tout en étant l'un des esprits les plus libres du film.

Bande Originale

La bande originale de Porco Rosso est signée par Joe Hisaishi, compositeur attitré de Miyazaki depuis Nausicaä de la Vallée du Vent (1984). Pour ce film, Hisaishi a composé une musique méditerranéenne et nostalgique, mêlant les cuivres de jazz des années 1930 à des thèmes orchestraux amples et mélancoliques. La chanson «Le temps des cerises», interprétée en français dans le film par Tokiko Kato, est un choix particulièrement symbolique — cette chanson de la Commune de Paris (1871) hantée par la nostalgie et la révolte correspond parfaitement à l'état d'esprit du personnage principal.

Actualités

Porco Rosso reste l'une des œuvres les plus aimées de la filmographie de Miyazaki, régulièrement rééditée en salles et disponible sur Netflix (qui détient les droits mondiaux du Studio Ghibli en dehors de l'Asie). En 2025, le Studio Ghibli a été honoré d'un Oscar d'honneur pour l'ensemble de son œuvre, couronnant cinquante ans de cinéma d'animation d'exception. Porco Rosso reste l'un des joyaux de cette filmographie.

Films Similaires

Porco Rosso dialogue avec d'autres films de Miyazaki comme Nausicaä (1984) ou Laputa (1986) pour l'amour de l'aviation, mais dans un registre beaucoup plus adulte et mélancolique. Pour les films sur des pilotes solitaires et romantiques des années 1930, La Grande Illusion (1937) de Renoir ou Catch-22 (1970) de Nichols offrent des univers comparables. Kaze Tachinu / Le vent se lève (2013) de Miyazaki lui-même est le prolongement direct de cette fascination pour l'aviation et la mélancolie.