Rétrogradé au rang de simple agent après les événements du premier film, l'inspecteur Chan Ka-Kui doit faire face à des représailles du clan Chu, le baron de la drogue qu'il avait contribué à faire arrêter. Sa petite amie May est enlevée par un groupe de maîtres chanteurs qui menacent de faire sauter des bâtiments à Hong Kong si leurs exigences ne sont pas satisfaites. Chan devra une nouvelle fois jongler entre sa vie personnelle chaotique et une mission policière périlleuse, dans une suite qui amplifie l'humour et les cascades du premier volet.
Fort du succès colossal du premier Police Story, qui avait été désigné meilleur film asiatique de l'année 1985, Jackie Chan s'est naturellement lancé dans l'écriture d'une suite. L'idée était de partir des conséquences directes des événements du premier film — la rétrogradation de Chan Ka-Kui et la vengeance du clan Chu — pour donner au récit une continuité narrative que l'on retrouvait rarement dans les suites de films d'action de l'époque. Chan a voulu approfondir la dimension comédie du personnage, en accentuant ses mésaventures sentimentales avec May et ses rapports conflictuels avec sa hiérarchie. Il a également souhaité introduire une nouvelle menace — des maîtres chanteurs experts en explosifs — pour varier les situations d'action. Le tournage s'est déroulé en partie à Hong Kong et en partie en extérieur, avec une équipe de cascadeurs qui avait été recrutée et formée suite au premier volet. Jackie Chan a maintenu son exigence absolue de cascades réelles, refusant tout recours aux doublures pour les scènes les plus dangereuses.
Résumé des critiques professionnelles : Police Story 2 a été accueilli favorablement par la critique, qui a reconnu la maîtrise technique de Jackie Chan et la qualité des séquences d'action, même si certains ont trouvé que la suite se montrait plus inégale que le premier volet dans son rythme. Les journalistes spécialisés ont salué l'escalade des cascades et la séquence finale dans un entrepôt pyrotechnique, unanimement considérée comme l'un des moments les plus impressionnants de la saga. Le film a consolidé la réputation internationale de Jackie Chan.
Réception du public : Le public hong-kongais a plébiscité le film, qui a réalisé des chiffres d'affaires encore supérieurs au premier volet. En Occident, la diffusion du film a continué à se faire principalement via les circuits spécialisés et les vidéoclubs, contribuant à construire une base de fans de plus en plus large pour le cinéma d'action asiatique. Les spectateurs ont particulièrement apprécié la dimension comique renforcée et les gags visuels qui jalonnent le film.
Récompenses obtenues : Police Story 2 a remporté le Hong Kong Film Award du meilleur film d'action en 1989, confirmant la domination de la franchise dans son genre. Jackie Chan a également été récompensé pour ses cascades par plusieurs associations de cinéma spécialisées dans le cinéma d'action asiatique.
Difficultés de production : La séquence finale dans l'entrepôt, où des explosions réelles sont utilisées en très grande quantité, a été particulièrement éprouvante physiquement pour Jackie Chan et ses cascadeurs. Chan a subi plusieurs brûlures légères lors de ces prises, et le tournage de cette séquence a duré plusieurs semaines en raison de la complexité logistique des effets pyrotechniques. L'équipe a dû composer avec des contraintes de sécurité importantes tout en préservant l'authenticité visuelle des explosions.
Anecdote sur une scène particulière : La scène dans l'aire de jeux pour enfants, où Chan Ka-Kui affronte plusieurs adversaires au milieu des structures métalliques, est devenue emblématique de l'ingéniosité de Jackie Chan pour transformer n'importe quel environnement en terrain de combat improvisé. Chan a lui-même conçu la chorégraphie de cette scène en repérant le lieu de tournage plusieurs semaines avant le début du film.
Police Story 2 approfondit les thèmes du premier volet en les enrichissant d'une réflexion sur les conséquences du métier de policier sur la vie privée. Chan Ka-Kui paye le prix de son héroïsme par une rétrogradation injuste, illustrant le paradoxe d'un système qui punit ceux qui le servent trop bien. La relation amoureuse avec May est plus développée et plus conflictuelle, abordant la difficulté de maintenir une vie intime normale lorsque son partenaire risque sa vie en permanence. Le film joue également sur la notion de justice et de vengeance, la menace des maîtres chanteurs ayant une dimension terroriste qui anticipe les préoccupations sécuritaires des décennies suivantes. L'humour reste omniprésent comme mécanisme de résilience face à l'adversité.
Chan Ka-Kui parvient à déjouer le complot des maîtres chanteurs et à sauver les otages dans une séquence finale explosive qui constitue l'un des sommets visuels du film. La résolution est fidèle à l'esprit de la franchise : le mal est vaincu, mais Chan en ressort meurtri physiquement, ce rappel de la vulnérabilité du héros étant l'une des spécificités du cinéma de Jackie Chan par rapport aux productions hollywoodiennes. La scène de réconciliation amoureuse finale apporte une touche d'humour et de tendresse qui referme le film sur une note positive, laissant présager de nouvelles aventures pour le personnage.
Le titre Police Story 2 joue sur la mécanique de la franchise : il s'inscrit dans la continuité directe du premier film tout en annonçant clairement qu'il s'agit d'un nouveau chapitre de la même geste héroïque. En cantonais, le titre original (警察故事續集) signifie littéralement « la suite de l'histoire du policier », insistant sur la continuité narrative du récit. Ce choix de titrage simple et fonctionnel reflète la philosophie populaire de Jackie Chan, qui place le divertissement direct et la lisibilité immédiate au-dessus de tout autre considération.
Police Story 2 bénéficie, comme l'ensemble de la saga, d'un regain d'intérêt constant lié aux restaurations numériques et à la mise à disposition des films sur les plateformes de streaming spécialisées dans le cinéma asiatique. La franchise Police Story dans son ensemble est régulièrement évoquée dans les rétrospectives consacrées au cinéma d'action hong-kongais et à l'œuvre de Jackie Chan.
La suite naturelle est Police Story 3 : Supercop (1992), qui voit le personnage de Chan opérer à une échelle internationale encore plus grande. Project A 2 (1987) de Jackie Chan explore un territoire similaire de comédie d'action avec la même équipe de cascadeurs. Crime Story (1993) offre une version plus sombre et dramatique des aventures policières de Chan. Pour les amateurs de suites de films d'action hong-kongais, la trilogie A Toute Épreuve de John Woo constitue un complément idéal, explorant le même territoire avec un style visuel plus esthétisant.