L'inspecteur Chan Ka-Kui est chargé de protéger une jeune femme témoin clé dans une affaire de grand banditisme impliquant un puissant baron de la drogue. Après avoir été piégé et accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis, le policier intrépide devra prouver son innocence tout en protégeant son témoin des tueurs lancés à ses trousses. *Police Story* est une explosion de cascades époustouflantes et d'humour à l'hong-kongaise, qui a révolutionné le cinéma d'action asiatique et fondé la légende de Jackie Chan.
Police Story est né d'une volonté de Jackie Chan de se démarquer de la production hollywoodienne et de proposer une vision radicalement différente du film d'action. Après une expérience américaine décevante avec Le Protektor (1985), Chan est revenu à Hong Kong avec la ferme intention de réaliser le film d'action le plus impressionnant jamais tourné, en misant sur des cascades réelles exécutées par lui-même et son équipe sans recours aux effets spéciaux. L'idée du scénario est relativement simple — un policier traqué qui doit prouver son innocence — pour laisser toute la place aux séquences d'action, véritables morceaux de bravoure dont la séquence d'ouverture dans le bidonville est restée dans les mémoires. Chan, qui signe également le scénario et la mise en scène, a voulu que le film soit à la fois drôle, spectaculaire et populaire, reflétant l'esthétique unique du cinéma de Hong Kong des années 80. Le tournage s'est avéré extrêmement dangereux, plusieurs cascadeurs ayant été blessés durant les prises, et Chan lui-même a frôlé la mort ou subi de nombreuses blessures lors des scènes les plus risquées. Le film a finalement été désigné meilleur film asiatique de l'année à sa sortie et a lancé une franchise qui court encore aujourd'hui.
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie en 1985, Police Story a été unanimement salué par la critique hong-kongaise et internationale comme une révolution dans le cinéma d'action. Les journalistes ont immédiatement perçu l'originalité de la démarche de Jackie Chan, qui pousse les limites du possible en matière de cascades tout en injectant une bonne dose d'humour dans des situations pourtant périlleuses. Le magazine américain Film Comment le classera plus tard parmi les meilleurs films d'action jamais réalisés. En Occident, le film a d'abord circulé dans les circuits des cinéphiles et des amateurs de cinéma asiatique avant de connaître une distribution plus large.
Réception du public : Le succès public a été fulgurant à Hong Kong, où le film est devenu l'un des plus grands succès au box-office de l'année 1985. Le public asiatique a immédiatement adopté ce policier maladroit mais courageux, dont les démêlés avec sa petite amie apportent une légèreté bienvenue entre deux séquences d'action hallucinantes. En France et en Europe, le film a conquis un public de connaisseurs qui découvraient avec émerveillement un genre cinématographique alors méconnu.
Récompenses obtenues : Police Story a remporté le Hong Kong Film Award du meilleur film d'action et les Prix du cinéma asiatique ont consacré Jackie Chan pour ses cascades. Le film est aujourd'hui régulièrement cité dans les classements des meilleurs films d'action de tous les temps, et la Criterion Collection l'a inclus dans sa liste des œuvres fondamentales du genre.
Inspirations du réalisateur : Jackie Chan a déclaré s'être inspiré des films de Buster Keaton pour la dimension comique et physique de ses cascades, ainsi que de Bruce Lee pour l'efficacité des combats. Il voulait créer un personnage de policier à la fois crédible et vulnérable, qui souffre vraiment lors des affrontements, contrairement aux héros invulnérables des productions hollywoodiennes.
Difficultés de production : La séquence finale dans le centre commercial est entrée dans la légende du cinéma d'action : Jackie Chan y dévale un mât recouvert d'ampoules électriques sur plusieurs étages, se brûlant les mains et se déboîtant les vertèbres cervicales lors de l'atterrissage. Plusieurs membres de l'équipe de cascade ont également été blessés pendant le tournage de la scène d'ouverture, où des maisons en bois sont dévastées par le passage d'un bus.
Anecdote sur une scène particulière : La scène d'ouverture dans le bidonville, où des habitations précaires sont détruites par un bus lancé à pleine vitesse, a failli tourner au drame : les habitants qui vivaient réellement dans ces baraquements n'avaient pas tous été évacués à temps, et l'équipe a dû interrompre le tournage en urgence. Cette scène, tournée en une seule prise pour des raisons évidentes, reste l'une des plus spectaculaires de l'histoire du cinéma d'action.
Police Story aborde en premier lieu la question de l'intégrité morale dans un système corrompu : Chan Ka-Kui est un policier honnête qui se retrouve broyé par des mécanismes institutionnels qui le dépassent. Le film joue sur la tension entre le devoir et la justice personnelle, interrogeant ce qu'un individu est prêt à sacrifier pour faire triompher le bien. L'humour omniprésent sert de contrepoids à des situations dramatiques intenses, illustrant la capacité du personnage à ne jamais perdre son humanité même dans l'adversité. Les relations amoureuses — particulièrement les rapports tendus entre Chan et sa petite amie May — apportent une dimension intime et comique qui ancre le film dans le quotidien malgré ses excès spectaculaires. Le film célèbre aussi implicitement la débrouillardise, la persévérance et le courage physique comme vertus cardinales du héros populaire.
La résolution de Police Story suit la logique implacable du film d'action : Chan Ka-Kui parvient à confondre le baron de la drogue et à prouver son innocence au terme d'un affrontement final dévastateur dans un centre commercial. La fin est claire et sans ambiguïté morale — le bien triomphe du mal, l'honnêteté est récompensée — ce qui correspond parfaitement au cahier des charges du genre populaire que Chan revendique. La scène conclusive, plus légère, réintroduit l'humour et les tensions amoureuses pour rappeler que derrière le super-flic se cache un homme ordinaire avec ses propres fragilités. Cette dualité entre l'extraordinaire et le banal est l'une des marques de fabrique de la saga Police Story.
Le titre Police Story (警察故事, Ging chaat goo si en cantonais) est d'une volontaire simplicité : c'est une histoire de policier, une histoire racontée du point de vue de ceux qui font respecter la loi au péril de leur vie. Ce choix témoigne de la philosophie de Jackie Chan, qui préférait des titres directs et accessibles à tout public. En anglais, le mot « story » ajoute une dimension narrative et quasi-épique au titre, suggérant qu'il s'agit non pas d'un simple polar mais d'une véritable geste héroïque. Le titre est aussi l'annonce d'une franchise : Police Story avec son numéro incrémental deviendra la marque de fabrique d'une série qui traversera les décennies.
Police Story fait l'objet d'une redécouverte constante par de nouvelles générations de cinéphiles, notamment grâce aux restaurations numériques en 4K qui ont permis de remettre en valeur la qualité visuelle du film. La saga Police Story dans son ensemble est régulièrement citée dans les discussions sur les films d'action les plus importants de l'histoire du cinéma. Jackie Chan, aujourd'hui à l'automne de sa carrière, continue de défendre l'héritage de ces films fondateurs qui l'ont rendu célèbre dans le monde entier.
Les amateurs de Police Story plongeront avec délice dans les autres volets de la saga : Police Story 2 (1988), Supercop (1992) et Police Story : Lockdown (2013). Du côté des films d'action hong-kongais de la même époque, Project A (1983) et Armour of God (1986) de Jackie Chan sont incontournables. Hard Boiled (1992) de John Woo offre une version plus sombre et stylistiquement sophistiquée du polar d'action hong-kongais. Pour les amateurs de films d'action à cascades réelles, The Raid (2011) ou Mad Max : Fury Road (2015) prolongent dans un registre contemporain cette fascination pour l'action physique extrême.