Lundi, 13 juillet 2026
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Pleasure

Pleasure

2021 Suède, France, Pays-Bas
Synopsis

Linnéa, une jeune Suédoise de vingt ans, débarque à Los Angeles avec un objectif clair : devenir une star de l'industrie pornographique sous le pseudonyme de Bella Cherry. Sa détermination et son ambition la propulsent rapidement dans les rouages d'un milieu aussi impitoyable que fascinant, où chaque tournage repousse un peu plus ses limites personnelles. Entre solidarité avec ses colocataires, rencontres avec des professionnels bienveillants et confrontations à une violence parfois insidieuse, Bella doit sans cesse renégocier ce qu'elle est prête à accepter pour gravir les échelons. Son ascension va peu à peu la confronter à des choix moraux de plus en plus difficiles, entre ses idéaux de départ et la réalité crue d'une industrie fondée sur le rapport de force.

Genèse du film

Pleasure est le prolongement d'un court métrage homonyme réalisé par Ninja Thyberg en 2013, que la cinéaste suédoise a développé après plusieurs autres courts métrages déjà consacrés à la sexualité et à ses représentations. L'idée originelle est née de la volonté de la réalisatrice de proposer un regard féminin sur l'industrie pornographique, un secteur qu'elle jugeait presque toujours filmé et raconté selon un point de vue masculin. Pour incarner Bella Cherry, Ninja Thyberg a mené une recherche de casting exceptionnellement longue, contactant environ deux mille jeunes femmes et en rencontrant six cents avant de porter son choix sur Sofia Kappel, qui n'avait jamais joué la comédie auparavant. Le tournage s'est appuyé sur un travail d'enquête approfondi mené par la réalisatrice au sein même de l'industrie du X à Los Angeles, avec un casting technique presque intégralement composé de professionnels réellement issus de ce milieu, à l'exception de l'actrice principale. Ninja Thyberg a expliqué ne pas avoir voulu réaliser un film à charge contre la pornographie, mais plutôt une œuvre nuancée qui montre à la fois l'humanité bienveillante de certains professionnels du secteur et la violence structurelle qui peut s'y exercer sur les femmes.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles La critique internationale a salué un premier long métrage coup-de-poing, porté par la performance remarquable de Sofia Kappel, saluée comme l'une des révélations les plus marquantes de sa génération. Le film, labellisé par la sélection officielle du Festival de Cannes 2020 avant d'être présenté à Sundance et à Göteborg, a été comparé favorablement à Boogie Nights de Paul Thomas Anderson pour sa dissection minutieuse de l'industrie pornographique. Plusieurs observateurs ont souligné l'équilibre rare trouvé par la réalisatrice entre un réalisme quasi documentaire et une fiction romanesque parfaitement maîtrisée, sans jamais juger ses personnages.

Réception du public Le public s'est montré profondément marqué par la crudité et l'honnêteté du film, plusieurs spectateurs évoquant un visionnage éprouvant mais nécessaire pour appréhender la réalité de l'industrie du X. Le film a également suscité un débat nourri sur la représentation du consentement et de la violence à l'écran, certains spectateurs saluant sa capacité à ne jamais sombrer dans le voyeurisme malgré la crudité de ses scènes.

Récompenses obtenues Pleasure a remporté le Prix du Jury lors de l'édition 2021 du Festival du cinéma américain de Deauville, une distinction saluant l'audace et la maîtrise cinématographique de ce premier long métrage.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur Ninja Thyberg a expliqué vouloir éviter de représenter le regard masculin traditionnellement associé à la pornographie, tout en cherchant malgré tout à en montrer les mécanismes de l'intérieur, à travers un regard féminin inédit dans ce type de récit.

Difficultés de production La recherche de l'interprète principale a duré près d'un an et demi, la réalisatrice ayant rencontré environ six cents candidates sur deux mille contactées avant de trouver en Sofia Kappel l'actrice correspondant exactement à l'idéal qu'elle avait en tête.

Casting initialement prévu Sofia Kappel, qui travaillait alors comme vendeuse et n'avait jamais suivi de cours d'art dramatique, a découvert le projet par l'intermédiaire d'un ami commun, alors qu'elle traversait elle-même une période de thérapie durant laquelle elle cherchait à se confronter à des défis personnels qui l'effrayaient.

Thèmes abordés

Pleasure explore en profondeur les mécanismes de pouvoir et de domination au sein de l'industrie pornographique, entre ambition personnelle, exploitation et quête de reconnaissance. Le film interroge également la notion de consentement, dans toute sa complexité et ses zones grises, à travers le parcours initiatique de son héroïne. L'ascension sociale et la réussite à tout prix constituent un autre axe fort du récit, Bella étant prête à repousser sans cesse ses propres limites pour gravir les échelons de la célébrité. Enfin, le film questionne la manière dont la victime d'un système violent peut, à son tour, en reproduire les mécanismes sur d'autres personnes plus vulnérables qu'elle.

Signification du titre

Le titre Pleasure, littéralement « plaisir », renvoie de façon ironique et grinçante au monde de l'industrie du X que traverse l'héroïne, un secteur censé vendre du plaisir mais où celui-ci se révèle souvent absent pour les personnes qui le produisent. Ce titre, hérité directement du court métrage originel de Ninja Thyberg, souligne le décalage constant entre l'image fantasmée de la pornographie et la réalité bien plus âpre vécue par ses protagonistes.

Films Similaires

Les spectateurs intéressés par une plongée sans concession dans l'industrie pornographique pourront se tourner vers Boogie Nights, Cam ou encore Zola, films qui partagent avec Pleasure ce même regard cru et nuancé sur les coulisses de l'industrie du sexe.