Dimanche, 12 juillet 2026
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Pickpockets

Pickpockets

2018 Colombie, Espagne
Synopsis

Dans les rues de Bogotá, Andrés est un adolescent sans avenir qui s'initie à l'art du vol à la tire sous la coupe de Salitre, un maître pickpocket expérimenté et impitoyable. Ensemble, ils sillonnent la capitale colombienne en exploitant les inattentions des passants avec une virtuosité presque artistique. Mais quand Andrés se rapproche d'une jeune femme impliquée dans un monde encore plus dangereux que le simple larcin, les équilibres fragiles du groupe basculent dans la violence.

Genèse du film

Pickpockets est réalisé par le Britannique Peter Webber, connu pour La Jeune fille à la perle (2003). Ce projet est né de sa fascination pour Bogotá, découverte lors de la promotion de son précédent film : «Tout m'a fasciné : les paysages, les gens, le rythme entêtant de la musique», a-t-il déclaré. Webber a ensuite passé plus d'un an en Colombie pour préparer le film, y tournant auparavant un documentaire sur des populations indigènes d'Amazonie. Ses deux principales inspirations cinématographiques pour Pickpockets étaient le chef-d'œuvre de Robert Bresson du même nom (1959) et Les Quatre Cents Coups de Truffaut — deux films sur la marginalité adolescente masculine filmée avec une économie de moyens au service de la vérité humaine. Le film a été tourné entièrement en espagnol à Bogotá avec des acteurs colombiens.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles : Pickpockets a reçu des critiques mitigées, la presse reconnaissant la beauté visuelle du film et la puissance de certaines séquences, mais reprochant un scénario inégal qui peine à tenir ses promesses sur la durée. Le film a été jugé plus convaincant dans ses silences et ses moments de grâce formelle que dans ses passages plus dramatiques.

Réception du public : Le film a circulé dans les circuits d'art et essai et les festivals de cinéma latinos, trouvant un public sensible à son regard sur la délinquance juvénile colombienne et à sa façon de filmer Bogotá sans les clichés habituels.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur : Peter Webber a été profondément influencé par la magie des gestes de Bresson dans son Pickpocket de 1959 — cette façon de filmer les mains en mouvement, le vol comme danse, la délinquance comme art. Il voulait retrouver cette dimension presque chorégraphique dans le Bogotá contemporain.

Thèmes abordés

Pickpockets explore la délinquance juvénile comme réponse à la pauvreté urbaine dans une Bogotá en perpétuelle tension sociale. Le film aborde la transmission criminelle — la relation maître/élève entre Salitre et Andrés — comme une forme perverse de parentalité substitutive. La virtuosité du vol à la tire comme métaphore de la survie dans un monde qui n'offre pas d'autres chances est au cœur du film. L'innocence perdue dans des milieux qui ne laissent pas le temps d'être enfant est le thème central.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

La fin du film voit les équilibres du groupe brisés par une escalade de violence que le simple vol à la tire ne peut plus contenir. Andrés se retrouve face à des choix qui dépassent sa compréhension initiale des règles du jeu. La résolution est sobre et sans faux espoir — fidèle à la tradition du cinéma social latinoaméricain.

Signification du titre

Pickpockets désigne à la fois les personnages (des voleurs à la tire) et une référence explicite au film de Robert Bresson de 1959, dont Peter Webber revendique l'héritage. Ce titre-hommage dit l'ambition du film : non pas un simple thriller de rue, mais une exploration de la délinquance comme état d'âme.

Actualités

Pickpockets reste une œuvre atypique dans la filmographie de Peter Webber, témoignant de son attachement sincère à la Colombie et à ses marges sociales. Disponible en VOD.

Films Similaires

Pickpockets dialogue avec Pickpocket (1959) de Robert Bresson, son inspiration déclarée, et avec Les Quatre Cents Coups (1959) de Truffaut. Pour le cinéma colombien et latinoaméricain sur la délinquance urbaine, La Cité de Dieu (2002) de Meirelles ou Rosario Tijeras (2005) offrent des univers proches.