Dans un monde où les plantes libèrent une toxine mortelle pour se défendre contre l'humanité, un professeur de sciences et sa famille tentent de survivre en s'enfermant chez eux. Alors que la civilisation s'effondre, ils découvrent que leur fille pourrait détenir la clé de la survie. Entre suspense et métaphore écologique, ce film explore la relation complexe entre l'homme et la nature. Un thriller environnemental aussi angoissant que réfléchissant.
Phénomènes (The Happening en version originale) est né de l'obsession de M. Night Shyamalan pour les thèmes écologiques et les réactions humaines face à l'inconnu. Le réalisateur, connu pour ses films à twists surprenants (Sixième Sens, Signes), a souhaité créer un thriller environnemental qui explore la relation toxique entre l'humanité et la nature. L'idée lui est venue après avoir lu des articles sur la déforestation et la disparition des abeilles, qui l'ont fait réfléchir à la manière dont la nature pourrait se défendre contre les agressions humaines. Shyamalan a écrit le scénario en 2006, s'inspirant de légendes urbaines et de théories scientifiques sur les phéromones et les neurotoxines végétales. Il a collaboré avec des botanistes pour imaginer un mécanisme crédible de défense des plantes. Le film a été tourne en Pennsylvanie, avec des décors naturels pour renforcer le réalisme de l'apocalypse végétale. Contrairement à ses autres films, Shyamalan a évité d'inclure un twist final classique, préférant une fin ouverte et métaphorique.
Résumé des critiques professionnelles : Phénomènes a reçu des critiques très mitigées à sa sortie. The New York Times a démoli le film, le qualifiant de "ridicule" et de "pire film de Shyamalan". Variety a été légèrement plus indulgent, saluant l'ambition écologique du film, mais critiquant son scénario confuse et ses dialogues maladroits. Empire a souligné que le film manquait de tension, malgré son concept intéressant. Certains critiques ont défendu le film, voyant dans son approche métaphorique une critique pertinente de la société de consommation.
Réception du public : Le public a été divisé en deux camps : ceux qui ont adoré l'originalité du concept, et ceux qui l'ont détesté pour son manque de cohérence. Les fans de Shyamalan ont été déçus par l'absence de twist, un élément signature du réalisateur. Cependant, le film a trouvé un public culte parmi les amateurs de cinéma bizarre et de métaphores écologiques. Sur les réseaux sociaux, le film a été mémorisé pour ses scènes involontairement drôles, comme celle où Mark Wahlberg parle à une plante.
Récompenses obtenues : Phénomènes n'a remporté aucune récompense majeure, mais il a été nommé aux Razzie Awards 2009 dans la catégorie Pire Scénario. Ironiquement, cette nomination a contribué à sa notoriété, le film étant souvent cité comme un nanar culte. Malgré son échec critique, le film a rapporté plus de 160 millions de dollars dans le monde, prouvant que Shyamalan restait un réalisateur bancable.
Inspirations du réalisateur : M. Night Shyamalan a puisé dans des théories scientifiques marginales pour créer l'univers de Phénomènes. Il a notamment été inspiré par les travaux du botaniste Lycurgue de Cyrène, qui suggérait que les plantes pouvaient communiquer entre elles. Shyamalan a également étudié les effets des neurotoxines sur le cerveau humain, pour imaginer comment les plantes pourraient manipuler les humains. Le réalisateur a souhaité que le film soit une allégorie de la relation destructrice entre l'homme et la nature, où la nature se rebelle contre ses oppresseurs.
Difficultés de production : Le tournage a été marqué par des tensions entre Shyamalan et l'équipe, notamment en raison du scénario en constante évolution. Le réalisateur a réécrit plusieurs scènes pendant le tournage, ce qui a frustré les acteurs et les techniciens. Une autre difficulté a été de créer les effets visuels des plantes toxiques : les feuilles et les fleurs devaient bouger et libérer un gaz visible, ce qui a nécessité des mois de travail en post-production. Enfin, Shyamalan a insisté pour que le film soit tourne en décors naturels, ce qui a compliqué la logistique.
Anecdote sur une scène particulière : La scène où Mark Wahlberg parle à une plante dans un pot de fleurs est devenue légendaire pour son absurdité. Shyamalan a improvisé cette scène sur le plateau, demandant à Wahlberg de jouer la scène comme s'il communiquait avec un être intelligent. Wahlberg, confus, a improvisé un dialogue avec la plante, ce qui a fait rire toute l'équipe. Shyamalan a décidé de garder la scène dans le montage final, pensant qu'elle renforçait le thème de la communication avec la nature.
Casting initialement prévu : À l'origine, Leonardo DiCaprio devait incarner le rôle principal, mais il a refusé le scénario, le jugeant trop bizarre. Joaquin Phoenix a également été approché, mais il était déjà engagé sur The Master. Le rôle a finalement été confié à Mark Wahlberg, qui a accepté malgré ses doutes sur le projet. Zooey Deschanel a été choisie pour son charisme et sa chimie avec Wahlberg, bien que leur alchimie à l'écran ait été critiquée.
Phénomènes explore plusieurs thèmes écologiques et philosophiques :
La fin de Phénomènes voit la famille de Mark Wahlberg se réfugier dans une serre, où les plantes ne libèrent pas de toxines. Le dernier plan montre les personnages regardant une carte des États-Unis, où des zones vertes (sûres) et des zones rouges (toxiques) sont délimitées. Shyamalan laisse planer l'idée que l'humanité devra s'adapter à un nouveau monde, où la nature dicte les règles. La fin est ouverte : les personnages survivront-ils ? Combien de temps pourront-ils rester dans la serre ? Le réalisateur suggère que la véritable solution réside dans un respect mutuel entre l'homme et la nature. Certains fans ont interprété la fin comme une métaphore du réchauffement climatique et de la nécessité de changer nos modes de vie.
Le titre Phénomènes (The Happening en version originale) a une double signification :
En 2025, Phénomènes a connu un regain d'intérêt grâce à la mode des films "so bad they're good" (tellement mauvais qu'ils en deviennent bons). Le film a été rediffusé dans des cinémas indépendants et a battu des records d'audience sur les plateformes de streaming. M. Night Shyamalan a reconnu que le film était l'un de ses moins réussis, mais il a défendu son concept écologique. En 2024, une version alternative du film, avec une fin différente, a été découverte dans les archives de Shyamalan. Cette version, plus sombre, n'a jamais été diffusée, mais des extraits ont été partagés en ligne, suscitant l'enthousiasme des fans. En 2023, le film a été cité dans un documentaire sur les pires films cultes de l'histoire du cinéma.
Signes (2002) - M. Night Shyamalan, Le Sixième Sens (1999) - M. Night Shyamalan, The Ruins (2008) - Carter Smith, Annihilation (2018) - Alex Garland