Ce film d'animation réunit trois contes indépendants situés dans trois époques et univers différents : une épopée de l'Égypte antique, une légende médiévale d'Auvergne et une fantaisie du XVIIIe siècle dans un décor ottoman. Dans le premier récit, qui donne son titre au film, le jeune roi nubien Tanouékamani part à la conquête de l'Égypte pour pouvoir épouser la princesse Nasalsa, dont la mère régente refuse leur union. Les deux autres contes suivent un serf médiéval en quête de justice et un couple de jeunes amoureux dans l'Empire ottoman. Chaque histoire célèbre, à sa manière, le courage face à l'injustice et à l'arbitraire du pouvoir.
Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse prolonge la tradition des contes universels chère à Michel Ocelot, déjà à l'œuvre dans Kirikou et la Sorcière, Azur et Asmar ou Dilili à Paris. Le premier des trois contes, intitulé Pharaon, trouve son origine dans une rencontre entre le réalisateur et Vincent Rondot, directeur du département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre, qui préparait alors l'exposition Pharaon des Deux Terres consacrée à l'épopée africaine des rois de Napata. Passionné par l'Égypte ancienne et par l'Afrique, continent où il a passé plusieurs années de son enfance, Michel Ocelot se laisse immédiatement séduire par ce sujet et noue une collaboration inédite avec le musée du Louvre, coproducteur du segment. Le réalisateur explique avoir remplacé le songe initial de l'histoire historique par le personnage inventé de la princesse Nasalsa, dont l'amour pousse le roi Tanouékamani à entreprendre son périple de conquête. Pour l'esthétique de ce premier conte, Ocelot a choisi de reprendre la posture caractéristique des bas-reliefs et fresques égyptiennes antiques, où les personnages sont représentés de profil, un choix graphique exigeant qui donne au segment une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Le film rassemble ainsi trois récits aux esthétiques et aux époques radicalement différentes, unifiés par la patte artistique si particulière du réalisateur.
La critique a salué la richesse visuelle du film, jugé fidèle à l'exigence graphique habituelle de Michel Ocelot, tout en notant l'inégalité naturelle d'un format en trois contes où certains segments convainquent davantage que d'autres. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié l'audace du premier conte égyptien, salué pour sa reprise stylisée de l'esthétique des fresques antiques. D'autres critiques ont souligné les messages sociaux et politiques portés par les trois récits, notamment autour de la lutte contre l'injustice et l'arbitraire du pouvoir. Le public familial a réservé un accueil chaleureux au film, appréciant la diversité des univers proposés et la capacité de Michel Ocelot à toucher aussi bien les enfants que les adultes par ses messages universels. La collaboration avec le musée du Louvre pour le premier conte a également suscité un intérêt particulier auprès du public curieux de découvrir cette collaboration inédite entre cinéma d'animation et institution muséale. Sur le plan des récompenses, Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse a été bien accueilli dans plusieurs festivals d'animation, confirmant la place de Michel Ocelot parmi les figures majeures de l'animation française contemporaine.
Inspirations du réalisateur : Michel Ocelot a construit le premier conte du film à partir de sa rencontre avec Vincent Rondot, du musée du Louvre, dont l'exposition consacrée aux rois nubiens de Napata lui a directement inspiré l'histoire du roi Tanouékamani. Difficultés de production : L'esthétique du premier conte, reprenant la posture de profil caractéristique des fresques égyptiennes antiques, a représenté un défi technique important, les personnages n'apparaissant de face qu'après plusieurs minutes de film, un choix graphique inhabituel qu'il a fallu intégrer à l'animation sans nuire à la lisibilité du récit.
Le film aborde avant tout le courage face à l'injustice et à l'arbitraire du pouvoir, chacun des trois contes mettant en scène un personnage qui refuse de se soumettre à une autorité illégitime. L'amour comme moteur d'action et de dépassement de soi traverse les trois récits, en particulier dans le conte égyptien où la passion du roi Tanouékamani pour la princesse Nasalsa le pousse à un périple guerrier inédit. La diversité culturelle et géographique, entre Égypte antique, Auvergne médiévale et Empire ottoman, illustre la volonté du réalisateur de proposer des contes universels ancrés dans des civilisations variées. Le film interroge également la légitimité du pouvoir, opposant souverains justes et régents tyranniques dans chacun des trois récits. Enfin, la transmission orale des contes populaires, chère à Michel Ocelot depuis ses débuts, est célébrée comme un patrimoine culturel commun à toutes les civilisations représentées.
Dans le premier conte, le roi Tanouékamani parvient finalement à conquérir l'Égypte grâce au soutien et à l'amour de la princesse Nasalsa, dont l'inspiration lui permet de mener à bien un périple qu'il n'aurait jamais osé entreprendre seul. Les deux autres contes se referment chacun sur une forme de justice rendue face à l'arbitraire initial, conformément à la tradition du conte moral que Michel Ocelot affectionne depuis ses débuts. L'ensemble du film choisit ainsi de conclure ses trois récits sur des notes d'espoir et de triomphe du courage individuel face à l'oppression, dans la lignée des œuvres précédentes du réalisateur.
Le titre Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse réunit les trois figures centrales des contes composant le film : le roi nubien devenu pharaon d'Égypte dans le premier récit, le serf médiéval surnommé le sauvage dans le second, et la princesse ottomane du troisième conte, chacune de ces figures incarnant une forme de résistance à l'ordre établi.
Le Pharaon, le Sauvage et la Princesse continue d'être régulièrement diffusé dans les cinémas et médiathèques françaises, notamment auprès du jeune public scolaire, confirmant la place durable de Michel Ocelot dans le paysage de l'animation française destinée aux familles.
Les amateurs de ce film apprécient généralement Kirikou et la Sorcière et Azur et Asmar, précédentes œuvres de Michel Ocelot construites sur une même logique de contes universels et de quête de justice porté par des héros hors norme.