Petra, une jeune peintre talentueuse, décide de partir à la recherche de son père biologique après le décès de sa mère. Cette quête la mène chez un célèbre artiste renommé et manipulateur, qui règne sur son entourage avec une autorité absolue. Plongée au cœur d'une famille aux sombres secrets, Petra découvre que les liens de sang peuvent mener à des dénouements inattendus. Le récit, découpé en chapitres, tisse une toile de mensonges et de vérités douloureuses qui vont bouleverser le destin de tous les personnages.
L'idée originelle de ce film est née de la volonté de Jaime Rosales de structurer une tragédie grecque moderne en utilisant des outils de narration éclatés. Il s'est inspiré du concept de la fatalité qui frappe des personnages ignorant leur propre filiation, une thématique intemporelle. L'écriture du scénario s'est faite avec une grande rigueur formelle, cherchant à créer une tension constante par l'usage de chapitres qui déplacent le point de vue. Le réalisateur voulait explorer la psychologie de l'artiste dans son rapport au pouvoir et à la manipulation. Le projet a été conçu pour être à la fois un drame psychologique et un thriller familial oppressant. Le tournage a été pensé pour capturer l'atmosphère austère et solennelle des paysages espagnols.
La presse spécialisée a loué la mise en scène austère et le sens du cadre de Jaime Rosales, qualifiant le film d'œuvre tragique ambitieuse. Les critiques ont été particulièrement séduits par la performance de Bárbara Lennie, jugée intense et mystérieuse. Le dispositif formel en chapitres a été salué pour sa capacité à maintenir une tension dramatique sans recourir aux effets faciles du thriller classique. Le public cinéphile a apprécié cette plongée dans les recoins sombres de l'âme humaine, soulignant la force du scénario. Les retours mentionnent souvent le sentiment de malaise profond qui s'empare du spectateur tout au long de la projection. Le film a connu un beau succès en festival et a été nommé aux Goya pour la qualité de son écriture et de sa réalisation.
Jaime Rosales a utilisé une esthétique visuelle très épurée, inspirée par la peinture classique espagnole, pour donner un aspect atemporel à ses décors. La principale difficulté de production a été de maintenir la tension dramatique entre les chapitres, nécessitant une préparation minutieuse des scènes de confrontation. Pour une scène particulière d'atelier de peinture, l'acteur incarnant l'artiste a dû apprendre des gestes techniques pour paraître crédible à l'écran. Le tournage s'est déroulé dans une ambiance très studieuse et concentrée, propice à l'intensité des échanges entre les acteurs.
Le film aborde la thématique de la quête d'identité et de la filiation comme source de tragédie irréversible. Le pouvoir manipulateur des artistes narcissiques est disséqué avec une grande cruauté psychologique. La notion de secret familial et ses conséquences sur les générations futures constitue le moteur central du récit. Enfin, l'œuvre interroge la capacité de l'humain à pardonner ou à se venger face à l'injustice vécue.
La fin révèle le lien biologique final entre Petra et son père après une série de révélations tragiques qui détruisent la famille. Les survivants doivent composer avec une réalité qui ne peut plus être défaite, marquant la victoire de la fatalité sur la volonté humaine. Petra, transformée par son épreuve, choisit de reprendre son art comme seule issue pour survivre. Le dernier plan suggère une rédemption possible dans la création, bien que le poids du passé reste éternellement présent. La fin clôture le cycle de la vengeance avec une froideur presque clinique.
Le titre est simplement le prénom de l'héroïne, marquant que le film est le portrait d'une femme qui se reconstruit après avoir découvert les traumatismes cachés de ses origines. Petra est le roc, le socle sur lequel repose tout le poids de la vérité familiale.
Ce film rappelle la noirceur familiale des œuvres de Michael Haneke ou la structure tragique de Incendies de Denis Villeneuve.