Petit Vampire a dix ans depuis maintenant trois cents ans et s'ennuie profondément dans le manoir hanté où il vit entouré d'une joyeuse bande de monstres. Son rêve le plus cher serait de pouvoir aller à l'école pour se faire des amis, mais ses parents s'y opposent fermement, jugeant le monde extérieur bien trop dangereux. Accompagné de son fidèle bouledogue fantôme Fantomate, il s'échappe en cachette du manoir dans l'espoir de rencontrer d'autres enfants. Son amitié naissante avec un jeune garçon nommé Michel met cependant sa famille en danger, attirant l'attention du redoutable Gibbous sur ses traces.
Petit Vampire est l'adaptation cinématographique de la bande dessinée éponyme créée par Joann Sfar, publiée initialement chez Delcourt entre 1999 et 2005 puis reprise chez Rue de Sèvres à partir de 2017. L'auteur explique avoir été bercé très jeune par l'univers du cinéma d'horreur et fantastique grâce à son grand-père, qui lui offrait des revues consacrées à ces films, façonnant durablement son goût pour les créatures étranges et attachantes. Le décès de sa mère alors qu'il n'avait pas quatre ans a également poussé Joann Sfar à se construire un imaginaire où les morts peuvent continuer à parler et à exister aux côtés des vivants, une thématique centrale de son œuvre. Pour porter cet univers à l'écran, l'auteur s'est associé à la scénariste Sandrina Jardel, coproductrice de longue date, afin d'unifier ses trois albums en une seule histoire cohérente et de retrouver en animation les mêmes émotions que celles de la bande dessinée. Le projet, présenté en version de travail dès 2017 au Festival international du film d'animation d'Annecy, a nécessité plusieurs années de développement supplémentaires avant sa sortie effective en 2020. Le film a été sélectionné en compétition officielle des longs métrages au Festival d'Annecy 2020, une reconnaissance importante pour cette adaptation très personnelle.
La critique a salué la fidélité de l'adaptation à l'univers visuel et thématique de Joann Sfar, appréciant particulièrement son mélange d'humour, de poésie et de réflexion sur la mort abordée avec une grande délicatesse pour un jeune public. Plusieurs observateurs ont noté que le film parvenait à conserver le charme un peu décalé de la bande dessinée originale tout en le rendant plus accessible et plus classique dans sa narration pour les plus jeunes spectateurs. D'autres ont souligné la qualité de l'animation et la richesse de la galerie de personnages fantomatiques qui peuplent le récit. Le public familial a répondu favorablement au film, séduit par son atmosphère à la fois lugubre et enchanteresse, ainsi que par le casting vocal réunissant des voix reconnues comme celles de Camille Cottin et Alex Lutz. Les spectateurs ont notamment apprécié l'introduction du film, jugée particulièrement originale et surprenante pour un long métrage d'animation destiné aux enfants. Petit Vampire a été sélectionné en compétition officielle des longs métrages au Festival international du film d'animation d'Annecy 2020, confirmant sa reconnaissance dans le circuit des grands festivals d'animation.
Joann Sfar confie avoir développé son goût pour les créatures fantastiques grâce à son grand-père, qui lui offrait enfant des revues consacrées au cinéma d'horreur, une influence directe visible dans la galerie de monstres attachants du film. Le deuil précoce de sa mère, décédée alors qu'il n'avait pas quatre ans, a également nourri son besoin de créer un univers où les morts continuent de dialoguer avec les vivants, thème central de son œuvre entière. Le rôle-titre de Petit Vampire est interprété par Louise Lacoste, compagne du réalisateur au moment du tournage, un choix qui a suscité la curiosité de la presse people autant que celle des cinéphiles.
Le film aborde avec délicatesse le rapport des enfants à la mort et à la différence, à travers un héros qui, bien que vampire depuis trois siècles, reste avant tout un enfant en quête d'amitié et de normalité. L'envie d'appartenance et le désir de sortir du cocon familial protecteur pour affronter le monde extérieur traversent tout le récit, en écho aux angoisses parentales face à la prise d'indépendance de leurs enfants. Le film explore également la notion de famille recomposée et non conventionnelle, à travers cette communauté de créatures fantastiques qui, malgré leurs différences, forment un foyer chaleureux et protecteur. Enfin, l'amitié entre Petit Vampire et Michel illustre la capacité de l'enfance à transcender les différences les plus radicales, qu'elles soient sociales, culturelles ou, ici, littéralement surnaturelles.
Après avoir affronté le redoutable Gibbous et le Dieu du Néant, Petit Vampire parvient à sauver sa mère Pandora, dont la vie était mise en jeu par une promesse ancienne faite au Capitaine des morts en échange de la protection de son fils. Cette révélation permet à Petit Vampire de mieux comprendre ses propres origines et le sacrifice consenti par sa mère pour le protéger depuis toujours. Le film se termine sur la réunion de la famille de Petit Vampire, désormais plus soudée et plus ouverte sur le monde extérieur, tandis que son amitié avec Michel demeure intacte malgré les dangers traversés. Cette conclusion souligne l'idée que l'amour familial et l'amitié sincère triomphent des menaces les plus surnaturelles.
Le titre Petit Vampire désigne directement le personnage principal du film, un jeune vampire resté figé à l'âge de dix ans depuis trois cents ans, dont le prénom même n'est jamais révélé au profit de ce simple surnom affectueux. Ce choix de titre, hérité directement de la bande dessinée originale de Joann Sfar, met l'accent sur l'enfance du personnage plutôt que sur sa nature surnaturelle, soulignant ainsi que malgré son âge et sa condition de créature de la nuit, il reste avant tout un enfant comme les autres, avec ses désirs et ses peurs.
ParaNorman de Chris Butler et Sam Fell, pour son mélange d'humour noir et de tendresse autour d'un enfant en marge capable de communiquer avec les morts. Les Enfants Loups, Ame Et Yuki de Mamoru Hosoda, pour sa réflexion sur la différence et la famille non conventionnelle. Hôtel Transylvanie de Genndy Tartakovsky, pour son univers de créatures fantastiques traité sur un mode familial et comique.