Quatre ans après l'épidémie de zombies qui a ravagé le pays, Jung-seok, un ancien soldat ayant réussi à fuir la péninsule coréenne, survit tant bien que mal en exil à Hong Kong. Un groupe mafieux lui propose, ainsi qu'à quelques compatriotes, une mission à haut risque : retourner en zone infestée pour récupérer un camion rempli de millions de dollars abandonné lors de l'évacuation. Une fois sur place, l'équipe découvre que les zombies ne sont pas la seule menace, une communauté de survivants ayant sombré dans une violence tout aussi terrifiante. Jung-seok devra alors faire un choix entre l'appât du gain et la protection d'une famille de rescapés rencontrée en chemin.
Peninsula est la suite du Dernier Train pour Busan, immense succès populaire coréen de 2016 qui avait réuni plus de dix millions de spectateurs dans son pays d'origine. Plutôt qu'une suite directe reprenant les mêmes personnages, le réalisateur Yeon Sang-ho a choisi de développer un récit autonome se déroulant dans le même univers, quelques années plus tard, avec de nouveaux protagonistes. Le cinéaste explique s'être inspiré de films d'action post-apocalyptiques occidentaux, notamment Mad Max: Fury Road et Le Territoire des morts, ainsi que des œuvres japonaises Akira et Dragon Head, pour construire l'esthétique et le rythme de cette nouvelle aventure. Peninsula complète ainsi une trilogie zombie entamée par le film d'animation Seoul Station et poursuivie par Dernier Train pour Busan, tous deux sortis en 2016. Le tournage a eu lieu en 2019, avec une ambition de mise en scène plus large que le précédent volet, misant davantage sur l'action et les scènes de poursuite automobile que sur l'horreur pure. Le film a été sélectionné en compétition officielle au Festival de Cannes 2020, une reconnaissance rare pour un film de genre coréen, avant que l'édition ne soit annulée en raison de la pandémie.
La critique française a accueilli le film de façon mitigée, reconnaissant l'énergie de sa mise en scène tout en regrettant qu'il s'éloigne de l'intensité horrifique et de la tension claustrophobique qui avaient fait le succès de Dernier Train pour Busan. Plusieurs observateurs ont noté que Peninsula privilégiait l'action et l'émotion familiale au détriment de la peur pure, un choix jugé à la fois payant et frustrant selon les points de vue. D'autres ont salué l'ambition visuelle du film et ses scènes de poursuite spectaculaires, comparées aux plus grandes productions d'action internationales. Le public s'est montré partagé, certains spectateurs regrettant l'absence des personnages du premier film et un ton jugé plus consensuel, tandis que d'autres ont apprécié cette réinvention plus tournée vers l'action pure. Le film a néanmoins connu un important succès commercial en Asie, prenant la tête du box-office dans plusieurs pays dès sa sortie. Peninsula a obtenu le label officiel du Festival de Cannes 2020 après l'annulation de l'événement en raison de la pandémie, une reconnaissance qui a contribué à asseoir sa légitimité artistique au-delà du simple succès commercial.
Yeon Sang-ho a délibérément choisi de ne pas faire de Peninsula une suite classique, préférant explorer un nouveau chapitre de son univers zombie à travers des personnages inédits, une approche revendiquée dans plusieurs interviews données lors de la sortie du film. Le réalisateur cite explicitement Mad Max: Fury Road, Le Territoire des morts, Akira et Dragon Head comme influences majeures ayant nourri l'esthétique post-apocalyptique du film, en particulier ses spectaculaires scènes de course-poursuite.
Peninsula prolonge la réflexion sociale entamée par Dernier Train pour Busan en s'intéressant à la reconstruction, ou plutôt à l'effondrement, d'une société après une catastrophe majeure. Le film interroge la manière dont l'humanité peut se révéler tout aussi dangereuse que les zombies eux-mêmes, à travers la mise en scène d'une communauté de survivants livrée à une violence organisée et dénuée de scrupules. La cupidité et l'appât du gain, incarnés par la mission de récupération d'argent au cœur du récit, entrent en tension avec des valeurs plus fondamentales comme la solidarité familiale et le sacrifice de soi. Le film aborde également le thème de l'exil et du statut de paria attribué aux survivants coréens, rejetés et stigmatisés par le reste du monde comme responsables de la catastrophe.
Après avoir échappé à la fois aux zombies et à la communauté de survivants dirigée par un groupe militaire corrompu, Jung-seok choisit de renoncer à l'argent qui motivait initialement sa mission pour se consacrer entièrement à la protection de la famille de rescapés rencontrée sur place. Cette décision marque son cheminement personnel, de mercenaire cynique et résigné à figure protectrice retrouvant un sens à son existence. Le film se conclut sur l'évacuation réussie du petit groupe hors de la péninsule coréenne, offrant une note d'espoir après un long parcours semé d'embûches et de pertes. La fin insiste sur l'idée que, dans un monde dévasté, ce sont les liens humains reconstruits qui permettent la survie, bien plus que l'appât du gain qui avait initialement motivé l'expédition.
Le titre original coréen, Bando, signifie littéralement « péninsule », en référence directe à la péninsule coréenne devenue, après l'épidémie, une zone de quarantaine coupée du reste du monde et livrée à elle-même. Ce choix de titre déplace le regard du film du premier opus, centré sur un lieu clos et mouvant, le train, vers un territoire entier transformé en piège géographique et politique. Le titre souligne ainsi l'ampleur prise par la catastrophe quatre ans après les événements du premier film, la contamination ayant gagné tout un pays plutôt qu'un simple convoi ferroviaire.
Dernier Train pour Busan de Yeon Sang-ho, premier volet de la saga dont Peninsula constitue la suite indépendante. Mad Max: Fury Road de George Miller, référence assumée pour ses scènes de poursuite post-apocalyptiques. World War Z de Marc Forster, pour son traitement à grande échelle de l'apocalypse zombie.