Rafe et Danny sont deux amis d'enfance devenus pilotes de chasse brillants, unis par une passion dévorante pour l'aviation. Lorsque Rafe part combattre en Europe, Danny et la femme dont ce dernier est tombé amoureux, Evelyn, se rapprochent tragiquement. Leur triangle amoureux est soudainement brisé par l'attaque surprise et dévastatrice de la base navale de Pearl Harbor par les Japonais. Les deux amis devront mettre de côté leurs différends pour se battre héroïquement lors d'une mission de représailles historique.
Le projet est né de la volonté du producteur Jerry Bruckheimer de créer un équivalent moderne du classique "Tora ! Tora ! Tora !" avec une dimension romantique très forte. L'inspiration est venue d'une rencontre avec des vétérans de la Seconde Guerre mondiale, dont les témoignages poignants ont convaincu l'équipe de donner un visage humain à ce drame historique. Le scénario n'est pas tiré d'un livre spécifique, mais s'inspire librement de faits réels et de l'histoire vraie des pilotes de l'opération Doolittle. Michael Bay a été choisi pour sa capacité inégalée à mettre en scène des séquences d'action spectaculaires et dévastatrices. Le réalisateur s'est inspiré de photographies d'archives de l'attaque pour recréer les destructions avec un réalisme visuel inédit pour l'époque. La partie romantique a été ajoutée pour élargir le public cible, s'inspirant des mélodrames épiques comme "Autant en emporte le vent". Les scénaristes ont pris d'énormes libertés avec l'histoire, fusionnant plusieurs personnages réels pour créer les protagonistes fictifs. L'objectif était de rendre l'événement historique accessible et émotionnel pour une génération de jeunes spectateurs. L'idée de la mission de bombardement sur Tokyo est venue très tôt dans l'écriture pour offrir une conclusion triomphante au film, même si elle n'est pas directement liée à Pearl Harbor.
Les critiques professionnelles ont été extrêmement sévères envers le film, fustigeant un scénario qualifié de mièvre et plein de clichés. Les journalistes ont souvent regretté que le drame historique soit relégué au second plan derrière un triangle amoureux jugé peu convaincant et artificiel. Beaucoup ont critiqué la durée excessive du film, estimant que les deux heures de romance avant l'attaque nuisaient au rythme global. Cependant, la presse a été unanime pour saluer la séquence de l'attaque elle-même, la décrivant comme un tour de force technique et visuel absolument vertigineux. Du côté du public, le film a rencontré un succès commercial massif, rapportant près de 450 millions de dollars au box-office mondial. Les spectateurs ont été profondément bouleversés par la reconstitution de la tragédie, beaucoup pleurant dans les salles lors de la représentation des victimes. Le film a déclenché un immense engouement populaire pour l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, provoquant une hausse des visites sur les lieux mémoriels. Malgré les critiques, il est devenu le film événement de l'été 2001, attirant un public très large et familial. Le film a été nommé dans plusieurs catégories techniques aux Oscars, remportant finalement le prix du meilleur montage sonore pour le travail exceptionnel sur l'attaque. Il a également reçu des récompenses pour ses effets visuels lors de cérémonies spécialisées, récompensant l'immense travail de modélisation numérique des navires. La bande originale a été distinguée par un Grammy Award, validant le choix de Hans Zimmer pour sublimer les images. En revanche, il a "gagné" plusieurs Razzie Awards pour le pire scénario et le pire réalisateur, illustrant le fossé entre le succès populaire et l'avis des critiques.
Inspirations du réalisateur : Michael Bay s'est rendu à Pearl Harbor en personne pour nager parmi les épaves des navires, cherchant à ressentir l'émotion brute des lieux. Il a regardé d'innombrables documentaires en noir et blanc pour capter les mouvements exacts des avions japonais lors de l'attaque. Le réalisateur s'est également inspiré de peintures de la Seconde Guerre mondiale pour composer ses plans, cherchant à donner un aspect pictural aux scènes de combat. Cette approche lui a permis de donner une dimension presque irréelle à la tragédie. Difficultés de production : Le tournage a été un cauchemar logistique, nécessitant la construction de répliques grandeur nature de navires de guerre qui ont ensuite été coulées exprès. La marine américaine a imposé des restrictions très strictes sur les tirs de pyrotechnie, forçant l'équipe à utiliser énormément d'effets spéciaux numériques en post-production. Les conditions météorologiques à Hawaï ont souvent été capricieuses, retardant des scènes d'action complexes nécessitant une lumière précise. Les assurances refusaient parfois de couvrir certaines cascades jugées beaucoup trop dangereuses par les experts. Anecdote sur une scène particulière : La scène où les infirmières courent sous les tirs ennemis a été tournée avec des caméras placées sur des rails de manière très précise pour simuler le chaos. Ben Affleck s'est blessé assez gravement lors du tournage d'une scène d'avion, se cognant la tête contre le cockpit pendant une manœuvre brusque. L'explosion du navire de guerre a utilisé une quantité d'explosifs jamais vue à Hawaï depuis la vraie attaque de 1941, effrayant les habitants des environs. Le réalisateur a dû présenter des excuses officielles aux riverains pour le bruit assourdissant de cette journée de tournage. Casting initialement prévu : Le rôle de Rafe a d'abord été proposé à Ben Affleck, mais Josh Hartnett a auditionné pour ce même rôle avant d'être repositionné sur celui de Danny. Charlize Theron et Gwyneth Paltrow ont été approchées pour le rôle d'Evelyn avant que Kate Beckinsale ne soit choisie pour sa fragilité apparente. L'acteur Jude Law a été fortement pressenti pour incarner Danny, mais son agenda n'a pas permis de le retenir dans la distribution. D'autres acteurs célèbres ont refusé le projet par peur d'être comparés aux légendes de l'aviation de l'époque.
Le film explore avant tout le thème de l'amitié masculine et de la fraternité forgée dans l'épreuve depuis l'enfance. Le triangle amoureux illustre la difficulté de concilier les sentiments personnels avec le devoir et l'honneur en temps de guerre. La perte de l'innocence est un thème central, les jeunes pilotes passant d'une insouciance totale à la confrontation brutale avec la mort de masse. L'œuvre aborde également le racisme et la xénophobie de l'époque américaine, illustrés par le personnage de Doris Miller qui lutte pour être reconnu. Le patriotisme et le sacrifice de soi sont mis en avant comme des valeurs nécessaires pour surmonter une tragédie nationale. Le film questionne la notion de héros, montrant que le courage peut prendre de multiples formes, du pilote de chasse à l'infirmière sous les bombes. La fatalité de l'histoire est palpable, rappelant que des décisions politiques lointaines peuvent broyer des vies humaines en un instant. Enfin, la résilience est le message final, prouvant qu'une nation peut se reconstruire après avoir frôlé l'anéantissement.
Après l'attaque dévastatrice, Rafe et Danny sont choisis pour participer à la mission secrète de bombardement de Tokyo, une opération suicide conçue pour redorer le blason américain. Au cours du raid, leur escadrille subit de lourdes pertes, et Danny est mortellement blessé après que son avion a été touché par la défense antiaérienne japonaise. Rafe parvient à atterrir en Chine avec l'aide de son ami, et ce dernier meurt dans ses bras après lui avoir fait promettre de prendre soin d'Evelyn et de leur enfant à naître. De retour aux États-Unis, Rafe et Evelyn se rendent ensemble sur la tombe de Danny, scellant leur deuil commun et formant une nouvelle famille. Le film se termine sur une image contemporaine montrant des vétérans âgés rendant hommage au mémorial de l'USS Arizona, ancrant l'histoire dans la réalité. Cette conclusion mélange la tragédie intime avec l'hommage historique, soulignant que la victoire a un coût humain irréparable. Le sacrifice de Danny permet à Rafe de trouver la maturité et à Evelyn de reconstruire sa vie. La fin lie le passé et le présent pour rappeler que la mémoire de ces héros doit perdurer au-delà du cinéma.
Le titre "Pearl Harbor" est celui du lieu géographique d'Hawaï où s'est déroulée l'attaque surprise japonaise du 7 décembre 1941. En choisissant ce nom simple et factuel, les producteurs ont voulu ancrer le film dans l'histoire américaine avec une gravité institutionnelle. Ce titre fonctionne comme un symbole absolu du traumatisme national, comparable à celui du 11-Septembre pour les générations suivantes. Il ne fait aucune mention de la romance ou des personnages, indiquant clairement que l'événement historique est le véritable protagoniste de l'œuvre. Le nom de la base navale évoque instantanément l'image des navires en flammes et le réveil brutal de l'isolationnisme américain. Pour le public international, ce titre est immédiatement identifiable comme un moment charnière de la Seconde Guerre mondiale. Il assume la responsabilité de raconter une vérité douloureuse, transformant un lieu paradisiaque en symbole de l'enfer de la guerre. C'est un titre qui se suffit à lui-même, ne nécessitant aucun sous-titre pour susciter l'émotion et le respect. Il rappelle que parfois, un simple nom propre porte en lui tout le poids, la douleur et la grandeur de l'histoire d'un pays.
La bande originale du film est l'un de ses plus grands atouts, magnifiée par le talent exceptionnel du compositeur Hans Zimmer. Le thème principal, interprété au piano et aux cordes, est d'une mélancolie envoûtante qui capture parfaitement la tragédie de l'intrigue. La chanson "There You'll Be", interprétée par la chanteuse Faith Hill, est devenue un immense succès international, touchant le public bien au-delà des frontières du film d'action. Hans Zimmer a su mêler des orchestrations classiques grandioses avec des touches de musique contemporaine pour souligner l'épopée militaire sans jamais tomber dans le patriotisme aveugle. Cette musique contribue énormément à l'émotion des scènes d'attaque, donnant des frissons lors des passages de bombardement.