Armelle, jeune femme simple et fantasque, épouse par amour le prince héritier d'un petit royaume imaginaire. Elle découvre alors un univers guindé, régi par un protocole implacable et une belle-mère intraitable. Peu encline à se plier aux usages de la cour, elle va bousculer les codes de cette monarchie surannée à sa manière, aussi maladroite qu'attachante. Une comédie satirique qui détourne avec tendresse les travers de la royauté.
Valérie Lemercier a conçu ce projet comme une satire douce-amère de la monarchie et de ses codes rigides, un sujet qui la fascine depuis longtemps pour son potentiel comique. Elle s'inspire librement de l'image que le grand public se fait des familles royales européennes, sans viser une monarchie en particulier. L'actrice-réalisatrice a voulu construire un conte moderne, entre fable et comédie de mœurs, autour d'une héroïne populaire propulsée dans un monde qui n'est pas le sien. C'est son deuxième long métrage en tant que réalisatrice, après le succès de Quadrille, et elle y retrouve une écriture fine sur les décalages sociaux. Le scénario, coécrit avec Sévrine Bosschem, multiplie les touches d'absurde pour souligner le comique de situation propre à cet univers protocolaire.
La critique française a salué l'inventivité visuelle du film et la performance de Valérie Lemercier, tout en jugeant parfois le scénario un peu décousu sur la durée. Plusieurs journaux ont souligné la qualité de la reconstitution des décors et des costumes, très soignés pour une comédie. D'autres critiques ont regretté un ton oscillant entre fable et satire, jugé difficile à tenir sur la longueur. Le public s'est montré partagé, appréciant l'univers singulier et les touches d'humour absurde propres au style de Valérie Lemercier, sans que le film ne rencontre un immense succès populaire. Les amateurs de comédies décalées ont particulièrement goûté cette proposition atypique dans le paysage comique français. Le film n'a pas obtenu de récompense majeure lors de sa sortie.
Valérie Lemercier a imaginé un royaume fictif afin de s'affranchir de toute ressemblance directe avec une monarchie réelle, tout en s'amusant des clichés associés à la vie de cour. Elle souhaitait avant tout construire une fable universelle sur le décalage entre origine populaire et destin royal. La reconstitution du palais et des décors somptueux a représenté un défi de production important pour une comédie française, nécessitant des repérages dans plusieurs châteaux et demeures historiques. L'équipe artistique a dû composer avec un budget conséquent pour donner corps à cet univers de conte. Lambert Wilson, habitué aux rôles plus dramatiques, a apprécié l'occasion de s'essayer au registre comique aux côtés de Valérie Lemercier, avec qui la complicité à l'écran a été saluée par plusieurs observateurs du tournage.
Le film s'amuse du choc des classes sociales et de la difficulté à s'intégrer dans un monde régi par des codes rigides et anciens. Il questionne également la place de la spontanéité et de l'authenticité face au poids des traditions et du protocole. La solitude des figures royales, prisonnières de leur image publique, traverse aussi le récit en filigrane.
Armelle finit par imposer sa personnalité au sein de la cour, transformant à sa manière les usages du royaume plutôt que de s'y soumettre entièrement. Le film se conclut sur une note d'acceptation mutuelle : la monarchie s'adapte autant que l'héroïne, suggérant qu'authenticité et tradition peuvent finalement cohabiter.
Le titre désigne le palais royal fictif dans lequel se déroule l'essentiel de l'intrigue, résidence à la fois somptueuse et étouffante qui symbolise le monde dans lequel l'héroïne doit désormais évoluer.
On pourra rapprocher ce film de Coming to America de John Landis, de La Princesse et le Milliardaire ou encore de Ridicule de Patrice Leconte pour sa peinture satirique des usages de cour.