En 1978, l'ingénieur spatial Didier Mathure voit son rêve professionnel voler en éclats lorsque la fusée Cristal, dont il avait la responsabilité, explose en plein vol sans raison apparente. Mis à l'écart du CNES, il se retrouve contraint et forcé à la tête du GEPAN, un mystérieux bureau chargé d'enquêter sur les nombreux signalements d'ovnis qui défraient la chronique à travers la France. Cartésien invétéré, Didier découvre avec effarement une équipe aussi atypique qu'attachante, bien éloignée de sa rigueur scientifique habituelle, qui va progressivement bousculer toutes ses certitudes. Au fil de ses enquêtes les plus rocambolesques, un événement extraordinaire va définitivement faire basculer sa vision du monde vers un univers où plus rien ne semble impossible.
OVNI(s) est une création originale imaginée par Clémence Dargent et Martin Douaire, scénaristes ayant notamment travaillé sur Dix pour cent ou Fais pas ci, fais pas ça, et directement inspirée de faits réels. La série s'appuie sur l'existence bien réelle du GEPAN, le groupe d'études des phénomènes aérospatiaux non identifiés, un organisme créé en 1977 et rattaché au Centre national d'études spatiales français, chargé d'étudier scientifiquement les signalements d'ovnis. Les créateurs ont voulu conjuguer la reconstitution soignée de la France de la fin des années 1970 à une tonalité résolument burlesque et poétique, en s'inspirant de la mécanique du duo entre un rationaliste convaincu et une équipe de doux rêveurs. La réalisation est confiée à Antony Cordier, déjà remarqué pour Douches froides et Gaspard va au mariage, qui a su marier avec finesse l'humour de la série à une dimension plus mélancolique et existentielle portée par son personnage principal. La série a été sélectionnée en compétition officielle au Festival Canneséries 2020 ainsi qu'à la Berlinale Series Select 2021, confirmant l'ambition artistique du projet au-delà de son statut de comédie populaire.
Résumé des critiques professionnelles La critique a unanimement salué l'originalité et l'inventivité de OVNI(s), la qualifiant de série addictive mêlant avec brio poésie, comédie et reconstitution soignée de la France des années 1970. Le casting a été particulièrement apprécié, Melvil Poupaud étant comparé pour son élégance surannée à Jean Rochefort, tandis que Michel Vuillermoz a été salué pour son jeu désarticulé hérité de la grande tradition comique française. Plusieurs observateurs ont également souligné la réussite du soin apporté aux décors, à la bande originale composée par Thylacine et à l'humour complètement décalé qui caractérise l'ensemble de la série.
Réception du public Le public a réservé un accueil enthousiaste à cette série jugée rare dans le paysage télévisuel français, saluant en particulier son ton absurde et attachant ainsi que la qualité de sa reconstitution d'époque.
Récompenses obtenues Melvil Poupaud a reçu le prix du meilleur acteur 2021 décerné par l'Association des critiques de séries, tandis qu'Antony Cordier a été récompensé du prix du meilleur réalisateur 2022 pour la deuxième saison de la série.
Inspirations du réalisateur Clémence Dargent et Martin Douaire ont voulu ancrer leur récit dans l'existence bien réelle du GEPAN, organisme français chargé d'étudier scientifiquement les phénomènes aérospatiaux non identifiés dès la fin des années 1970, pour construire une comédie à la fois documentée et complètement loufoque.
Anecdote sur une scène particulière Une incohérence géographique s'est glissée dans la série : la ville de Forbach, présentée à l'écran sur l'ordinateur d'un personnage comme se situant en Meurthe-et-Moselle, se trouve en réalité en Moselle, une erreur relevée par plusieurs spectateurs attentifs.
OVNI(s) explore la confrontation entre rationalité scientifique et croyance en l'extraordinaire, à travers le parcours de Didier Mathure, ingénieur cartésien peu à peu ébranlé par ce qu'il découvre au sein du GEPAN. La série interroge également la reconversion professionnelle et la reconstruction personnelle après un échec cuisant, le personnage principal devant apprendre à retrouver du sens dans une mission qu'il méprisait initialement. L'altérité et l'acceptation de la différence occupent une place importante, l'équipe atypique du GEPAN offrant à Didier un miroir de personnalités radicalement opposées à la sienne, mais dont il finit par apprendre à apprécier la valeur. Enfin, le récit célèbre avec tendresse l'esprit d'une époque, entre nostalgie des années 1970 et fascination naissante pour la conquête spatiale et le mystère de l'inconnu.
Le titre OVNI(s), acronyme d'Objet Volant Non Identifié, renvoie directement à la mission confiée au GEPAN et à l'équipe de Didier Mathure, chargée d'enquêter sur les nombreux signalements de phénomènes aérospatiaux inexpliqués rapportés à travers la France. La mise entre parenthèses du « s » final souligne également, avec un clin d'œil ludique, le caractère mystérieux et pluriel de ces objets non identifiés, mais aussi la propre singularité du personnage principal, lui-même perçu comme un « ovni » au sein de sa nouvelle équipe.
La bande originale de OVNI(s), composée par le musicien électronique Thylacine et intégrant le générique culte d'Oxygène de Jean-Michel Jarre ainsi que des sonorités inspirées de Tangerine Dream, a été saluée comme l'un des atouts majeurs de l'ambiance rétro-futuriste de la série.
Les amateurs de comédies françaises mêlant enquête, mystère et reconstitution rétro pourront se tourner vers Au service de la France, X-Files ou encore Le Bureau des légendes, qui partagent avec OVNI(s) ce même goût pour les récits d'enquêteurs confrontés à des phénomènes qui dépassent leur cadre de référence habituel.