Andrew et Garrett Foster, deux frères américains spécialisés dans le vol de voitures de luxe, opèrent en Europe et se retrouvent à Marseille où leur dernière opération les met dans le collimateur de deux criminels rivaux. Pour sortir d'une situation dont ils ne contrôlent plus rien, ils doivent accomplir une mission quasi impossible : voler une voiture de collection irréprochable appartenant à un baron du crime local. Un film d'action efficace et sans prétention, qui mêle la beauté des voitures vintage, les paysages du sud de la France et une bonne dose d'adrénaline.
Overdrive est un projet de film d'action commercial conçu pour capitaliser sur le succès de la franchise Fast and Furious et l'attrait persistant du public pour les films de braquage automobile. Antonio Negret, réalisateur colombien habitué des productions d'action à budget moyen, a reçu la commande de produire quelque chose de dynamique et visuellement attrayant, exploitant les paysages uniques du sud de la France. Le scénario de Michael Brandt et Derek Haas cherchait à combiner l'esthétique des films de braquage européens avec les codes du blockbuster d'action américain, dans une coproduction franco-américaine qui permettait de tourner en décors naturels dans des régions comme la Provence et les Bouches-du-Rhône. Le choix de Scott Eastwood, jeune acteur cherchant à s'imposer dans le cinéma d'action, était délibéré pour attirer le public de la franchise familiale des Eastwood.
Résumé des critiques professionnelles : Overdrive a reçu des critiques généralement négatives, la plupart des journalistes lui reprochant un scénario trop mince, des personnages peu développés et une action certes compétente mais sans réelle originalité. Les comparaisons avec Fast and Furious — défavorables — étaient inévitables. Quelques critiques ont cependant reconnu la beauté de la photographie et la qualité de la mise en valeur des voitures.
Réception du public : Le film a connu une performance commerciale modeste, n'ayant pas réussi à s'imposer dans un paysage très concurrentiel du film d'action estival. Il a néanmoins trouvé une audience fidèle sur les plateformes de streaming et en vidéo, où les amateurs du genre apprécient son efficacité sans prétention.
Récompenses obtenues : Overdrive n'a reçu aucune distinction cinématographique notable.
Inspirations du réalisateur : Antonio Negret s'est inspiré des grandes séries B de braquage automobile des années 1970 et de la tradition française du film policier avec voitures — notamment la saga des Fantômas — pour tenter de créer quelque chose qui ancre son action dans une tradition cinématographique européenne tout en parlant au public international.
Difficultés de production : Coordiner une coproduction franco-américaine avec des équipes de deux pays différents, des exigences légales et syndicales distinctes, et des habitudes de travail très différentes représentait un défi logistique constant. Les séquences de course automobile sur des routes réelles du Midi ont nécessité de nombreuses autorisations et une organisation millimétrée.
Anecdote sur une scène particulière : Plusieurs des voitures de collection utilisées dans le film avaient une valeur réelle de plusieurs centaines de milliers d'euros. Les compagnies d'assurance ont imposé des conditions de tournage très strictes pour certaines séquences, obligeant l'équipe à improviser certains plans avec des répliques pour les moments les plus risqués.
Overdrive ne cherche pas à développer des thématiques profondes, mais il articule quelques fils narratifs récurrents du cinéma de genre : la fraternité masculine mise à l'épreuve, la loyauté entre partenaires dans un milieu criminel, et la tentation de "se ranger" quand l'amour fait son apparition. Le film aborde aussi superficiellement l'attrait pour les objets de luxe comme forme d'identité et de réussite sociale, les voitures servant de totems symboliques dans ce milieu d'experts en vol et en restauration.
Les deux frères parviennent à accomplir la mission impossible qui leur était imposée et à s'en sortir vivants, retournant la situation à leur avantage grâce à une ruse finale bien exécutée. La fin confirme la supériorité de l'intelligence sur la brutalité, et offre au public la satisfaction conventionnelle du genre : les héros s'en tirent, les méchants sont punis, et l'avenir semble lumineux. Le film se conclut sur une note romantique légère, les deux frères accompagnés de leurs intérêts amoureux respectifs.
Overdrive désigne en mécanique automobile le rapport de surmultiplication qui permet d'atteindre des vitesses très élevées — une métaphore directe de l'adrénaline et de l'intensité que le film cherche à délivrer. C'est aussi un clin d'œil au monde de la voiture de performance qui est au cœur de l'univers des personnages, et une promesse faite au spectateur d'une expérience d'action poussée à fond.
Overdrive reste un film de genre honnête dont le principal intérêt aujourd'hui est peut-être de témoigner du début de carrière de Scott Eastwood et de la jeune Ana de Armas avant que celle-ci ne devienne une star mondiale avec des projets comme Knives Out et No Time to Die. Le film est régulièrement diffusé sur les plateformes de streaming où il trouve son public naturel.
Fast and Furious de Rob Cohen (2001) et ses suites constituent la franchise de référence dont Overdrive s'inspire directement. Le Transporteur de Louis Leterrier (2002) est un autre exemple de film d'action automobile à la française qui a mieux réussi le même exercice. Gone in Sixty Seconds de Dominic Sena (2000) partage la même obsession pour les voitures de collection volées. Baby Driver d'Edgar Wright (2017), sorti la même année, montre ce que ce genre peut atteindre quand il est porté par un vrai auteur.