Dans le paisible village de Nong Pradu, niché au cœur d'une vallée boisée de Thaïlande, le vol de la tête de la statue sacrée d'Ong-Bak plonge toute la communauté dans le désarroi. Ting, jeune pratiquant secret de Muay Thai, se porte volontaire pour se rendre dans la fournaise de Bangkok afin de récupérer la précieuse relique. Sur place, il découvre l'ampleur du réseau mafieux responsable du vol et devra affronter de nombreux adversaires au cours d'une quête aussi périlleuse que spectaculaire.
Ong-Bak naît de la rencontre entre Panna Rittikrai, vétéran du cinéma d'action thaïlandais, et le jeune Tony Jaa, alors étoile montante des arts martiaux traditionnels. Ensemble, ils développent une nouvelle forme de cinéma d'action fondée sur le Muay Boran, forme ancienne et particulièrement violente du Muay Thai, avant de rencontrer en 1999 le réalisateur Prachya Pinkaew, séduit par leur démonstration. Tony Jaa s'est entraîné durant quatre années entières pour préparer le film, avec la ferme volonté de faire connaître au monde entier l'art martial traditionnel thaïlandais, longtemps resté dans l'ombre du kung-fu chinois et du karaté japonais.
Le film reçoit un accueil très favorable de la critique internationale, obtenant 85 % d'avis positifs sur Rotten Tomatoes, le consensus du site saluant l'émergence d'une nouvelle star des arts martiaux comparée à Bruce Lee, Jackie Chan et Jet Li. Plusieurs observateurs soulignent la qualité et l'inventivité de la chorégraphie des combats, marquée par une absence totale de câbles, d'effets numériques et de doublures, chaque cascade étant réalisée par Tony Jaa lui-même. Le public se montre également enthousiaste, le film ayant réalisé près de 900 000 entrées rien qu'en France malgré une sortie limitée à l'international. Le film a remporté le Star Entertainment Award du meilleur acteur pour Tony Jaa, ainsi que l'Orient Express Award au Festival international du film de Catalogne 2003.
Tony Jaa réalise lui-même l'intégralité de ses cascades sans aucune doublure ni effet spécial, une prouesse rarissime pour un film d'arts martiaux de cette ampleur. Un clin d'œil discret glissé dans le film, visible sur un mur lors d'une course-poursuite, adresse un message à Steven Spielberg proposant de collaborer ensemble, tandis qu'un autre message similaire est destiné à Luc Besson, dont la société de production EuropaCorp a d'ailleurs distribué le film en France.
Le film explore la préservation des traditions culturelles et spirituelles face à la corruption urbaine moderne, le courage et la détermination d'un simple villageois confronté à la pègre citadine, la maîtrise de soi propre aux arts martiaux traditionnels, ainsi que la solidarité communautaire face à l'adversité.
"Ong-Bak" désigne la statue sacrée de Bouddha vénérée par les habitants du village de Ting, dont le vol de la tête menace l'équilibre spirituel de toute la communauté et déclenche la quête héroïque du protagoniste pour la récupérer.
Tom-Yum-Goong (2005, Prachya Pinkaew), deuxième collaboration entre le réalisateur et Tony Jaa, et La Fureur du dragon (1972, Bruce Lee), classique du cinéma d'arts martiaux.