Dax est un jeune homme passionné de basketball qui rêve de remporter le légendaire tournoi de Rucker Park à Harlem. Après une série de revers qui le laissent sans équipe et sans ressources, il croise la route d'Oncle Drew, un joueur de rue vieillissant mais au talent intact. Ensemble, ils partent recruter les anciens membres d'une équipe légendaire des années 60 pour tenter de reconstituer leur magie. Ce road trip improbable mêle humour, nostalgie et amour du basketball dans une aventure haute en couleur.
Le film Oncle Drew est directement inspiré d'une série de spots publicitaires créés pour la marque Pepsi Max à partir de 2012, dans lesquels le joueur NBA Kyrie Irving incarnait un vieux joueur de rue déguisé en septuagénaire, s'infiltrant incognito dans des matchs pour épater les joueurs amateurs. Ces vidéos sont rapidement devenues virales sur internet, totalisant des centaines de millions de vues, et ont suscité un véritable engouement populaire pour ce personnage savoureux. L'idée de transposer ce concept en long-métrage est née de ce succès inattendu, et la production a su convaincre plusieurs stars de la NBA de reprendre leurs rôles de joueurs vieillissants. Le scénario a été confié à Jay Longino, qui a élargi l'univers du personnage pour lui donner une véritable profondeur narrative. Le tournage s'est déroulé principalement à Atlanta et à New York, donnant au film une authenticité ancrée dans la culture du basketball de rue américain. Charles Stone III, déjà connu pour Drumline, a été choisi pour sa capacité à marier comédie populaire et hommage sincère à la culture afro-américaine du sport. Le projet a ainsi réussi le pari de transformer un concept publicitaire en une œuvre cinématographique à part entière, portée par des personnalités charismatiques.
Résumé des critiques professionnelles : À sa sortie en juin 2018, Oncle Drew a reçu des critiques globalement mitigées de la part de la presse spécialisée. Si la majorité des journalistes ont salué l'énergie communicative du film et la performance attachante de Kyrie Irving dans le rôle principal, beaucoup ont pointé la faiblesse du scénario et des rebondissements prévisibles. Le site Rotten Tomatoes lui a attribué un score d'environ 68 %, soulignant que le film assumait pleinement son ADN de comédie grand public sans prétentions artistiques. Les critiques ont néanmoins loué la bonne humeur générale qui se dégage de l'ensemble, ainsi que la complicité évidente entre les acteurs. Certains ont souligné que le film fonctionnait davantage comme un hommage affectueux au basketball de rue que comme une comédie aboutie.
Réception du public : Le public, lui, a réservé un accueil bien plus enthousiaste au film, notamment parmi les amateurs de basketball et les fans de la NBA. Avec un budget estimé à 20 millions de dollars, le film a engrangé plus de 41 millions de dollars au box-office mondial, dépassant largement les attentes des distributeurs. Les spectateurs ont particulièrement apprécié les séquences de basketball, les gags visuels liés aux déguisements et la galerie de personnages hauts en couleur incarnés par des légendes du sport. Le film est rapidement devenu un succès populaire auprès du jeune public afro-américain, qui s'est reconnu dans cette célébration de la culture du playground.
Récompenses obtenues : Oncle Drew n'a pas été récompensé lors des grandes cérémonies cinématographiques, ce qui ne constitue guère une surprise étant donné son positionnement de comédie populaire sans ambitions festivalières. Il a cependant été nommé dans plusieurs catégories aux BET Awards et aux MTV Movie & TV Awards, témoignant de son impact dans la culture populaire afro-américaine. Le film a davantage marqué les esprits comme phénomène culturel lié à la NBA que comme œuvre cinématographique primée.
Inspirations du réalisateur : Charles Stone III a expliqué s'être inspiré des grandes comédies populaires américaines des années 80, notamment celles qui mettaient en scène des équipes improbables contraintes de s'unir pour relever un défi commun. Il souhaitait rendre hommage à la culture du basketball de rue new-yorkais tout en créant un film familial accessible à tous les publics. La direction artistique a fait un travail important pour recréer l'atmosphère authentique de Rucker Park et de Harlem.
Difficultés de production : L'un des principaux défis de la production a été de coordonner les emplois du temps des nombreuses stars de la NBA impliquées dans le projet, toutes encore actives en championnat au moment du tournage. Les équipes techniques ont également dû relever le défi de maquiller de manière convaincante des athlètes jeunes et en pleine forme pour les faire passer pour des septuagénaires, un travail de maquillage qui prenait plusieurs heures chaque matin.
Casting initialement prévu : Plusieurs noms de joueurs NBA ont circulé avant que la distribution finale ne soit arrêtée. Le concept des spots publicitaires originaux ayant déjà établi certains personnages, la production a cherché à conserver la continuité avec les vidéos virales tout en élargissant l'équipe à de nouveaux visages reconnaissables du grand public du basketball.
Oncle Drew explore avec légèreté plusieurs thèmes universels autour du dépassement de soi, de l'amitié et de la transmission entre générations. Le film célèbre la passion du basketball comme moteur de vie, capable de transcender les âges et les corps vieillissants pour faire briller à nouveau une flamme que l'on croyait éteinte. La notion de seconde chance est centrale dans le récit : chaque personnage traîne un passé douloureux, une blessure ou un regret, et le tournoi de Rucker Park devient l'occasion de refermer ces vieilles plaies. Le film aborde également la culture afro-américaine du sport de rue, rendant hommage aux playgrounds de New York et à leur rôle historique dans l'émergence des plus grands joueurs de la NBA. La loyauté et la trahison sont des ressorts dramatiques importants, tout comme la question de ce qui fait réellement la grandeur d'un sportif : le talent individuel ou la cohésion collective ? Enfin, le film joue sur le contraste comique entre les apparences — des vieillards en apparence fragiles — et la réalité d'un talent intact, invitant le spectateur à ne jamais juger sur les apparences.
À la fin du film, Dax et son équipe de vétérans réunis à grand peine parviennent à disputer la finale du tournoi de Rucker Park malgré tous les obstacles accumulés tout au long de leur aventure. Oncle Drew révèle alors sa véritable grandeur, non seulement par son talent de basketteur mais par sa sagesse et sa capacité à souder un groupe. La victoire finale va au-delà du simple résultat sportif : elle symbolise la réconciliation des personnages avec leur passé et la transmission d'un héritage à une nouvelle génération. Dax comprend que le basketball ne se résume pas à la gloire personnelle, mais à quelque chose de bien plus grand : l'amour du jeu partagé. La scène conclusive, empreinte d'émotion et d'humour, confirme que le film choisit délibérément une tonalité optimiste et feel-good, offrant au spectateur une conclusion satisfaisante et sans ambiguïté.
Le titre Oncle Drew renvoie directement au surnom donné au personnage central, ce vieux joueur de rue qui se présente comme l'oncle de ses coéquipiers pour mieux se fondre dans l'anonymat. Ce surnom affectueux — « Oncle » — évoque à la fois la sagesse bienveillante d'un aîné, la complicité familiale et une forme de malice bon enfant. Il renvoie aussi à la tradition orale des playgrounds américains, où les figures légendaires du basketball de rue se transmettent de génération en génération sous des surnoms qui font partie du folklore. Le prénom Drew est quant à lui une référence à peine voilée à Kyrie Irving lui-même, dont le deuxième prénom est Andrew. Le titre est donc à la fois simple, mémorable et chargé de sens pour les initiés de la culture basketball.
Depuis sa sortie en 2018, Oncle Drew continue de circuler sur les plateformes de streaming et reste populaire auprès des fans de basketball, notamment lors des saisons NBA. Kyrie Irving, dont la carrière a connu des rebondissements médiatiques importants ces dernières années, reste le principal ambassadeur du film. Aucune suite officielle n'a été annoncée à ce jour, bien que le succès commercial du long-métrage ait relancé ponctuellement les rumeurs d'un éventuel deuxième volet. La franchise Pepsi Max, à l'origine du concept, continue d'exploiter le personnage d'Oncle Drew dans des formats courts sur les réseaux sociaux.
Les amateurs d'Oncle Drew trouveront leur bonheur du côté de Like Mike (2002), comédie familiale centrée sur le basketball avec Bow Wow, ou encore de Jeu de dames (White Men Can't Jump, 1992), classique du basketball de rue avec Wesley Snipes et Woody Harrelson. Space Jam (1996) partage la même veine de comédie sportive mêlant stars du sport et fiction grand public. Du côté des comédies de vieux jeunots, Last Vegas (2013) ou Boule et Bill explorent le même filon de personnages âgés retrouvant une seconde jeunesse. The Fish That Saved Pittsburgh (1979) est pour les curieux un ancêtre du genre, comédie sportive mêlant basketball et bonne humeur communicative.