Yann mène une existence paisible, routinière et un peu terne de trentenaire installé dans une vie professionnelle sans surprise aux côtés de sa compagne. Tout bascule lorsqu'il recroise par hasard la route de Thomas, son meilleur ami de l'époque du lycée qu'il n'avait pas revu depuis plus de dix ans. Thomas, resté un éternel adolescent fantasque, fêtard et totalement imprévisible, convainc Yann de tout plaquer le temps d'un week-end. Ensemble, ils décident de retrouver leurs anciens camarades de classe pour organiser une immense fête nostalgique. Ce voyage dans le passé va forcer Yann à ouvrir les yeux sur les renoncements de sa vie actuelle.
Le projet est né d'un désir profond du réalisateur et scénariste Rémi Bezançon de traiter de la crise de la trentaine et du deuil nécessaire des illusions de la jeunesse. L'idée originelle était de revisiter le film de bande à travers le prisme du temps qui passe et des promesses qu'on se fait à dix-huit ans. Le cinéaste s'est inspiré de ses propres souvenirs personnels d'adolescence dans les années quatre-vingt-dix pour concevoir l'univers musical et culturel du passé des héros. La production a souhaité insuffler une atmosphère à la fois lumineuse et profondément mélancolique au récit. Bezançon a construit le scénario comme une enquête sentimentale où la mémoire joue des tours au protagoniste principal. Le choix de Pio Marmaï, acteur fétiche du réalisateur, s'est imposé dès les premières lignes d'écriture.
La presse professionnelle française a réservé un accueil globalement positif et ému à cette comédie dramatique douce-amère lors de sa sortie en salles. De nombreux critiques ont salué la sensibilité de la mise en scène, la poésie du récit et l'alchimie bouleversante du duo Pio Marmaï et Pierre Rochefort. On a loué la capacité du réalisateur à éviter les clichés de la nostalgie facile pour proposer une réflexion fine et inattendue sur les bilans de vie. Quelques journalistes ont cependant regretté que le film prenne un virage dramatique un peu trop surprenant dans son dernier tiers. Du côté des spectateurs, le public trentenaire a été profondément touché par la justesse des émotions et les questions existentielles soulevées par le scénario. Le film a réalisé un score d'estime au box-office sans atteindre les records des précédents succès du cinéaste.
Le metteur en scène s'est fortement inspiré du cinéma nostalgique de la Nouvelle Vague pour capter la spontanéité des scènes de fête et de complicité masculine. La production a dû recréer fidèlement l'ambiance d'une fête lycéenne de la fin des années quatre-vingt-dix, ce qui a demandé un travail méticuleux de décors et d'accessoires d'époque. Lors du tournage de la scène de la fête de retrouvailles, les comédiens ont passé de longues heures à improviser des souvenirs communs pour donner du réalisme à leur amitié. Une anecdote raconte que la bande-son nostalgique tournait en boucle sur le plateau pour maintenir les acteurs dans une humeur mélancolique. Concernant la distribution, Pierre Rochefort a décroché le rôle de Yann grâce à sa nature réservée qui contrastait parfaitement avec l'énergie explosive de Pio Marmaï.
Le long-métrage explore en profondeur les thèmes du deuil de la jeunesse, de la nostalgie adolescente, de l'amitié masculine sacrée et du compromis social lié à l'âge adulte. Il questionne avec beaucoup de mélancolie la mémoire sélective et la confrontation brutale entre nos rêves d'enfants et nos réalités d'adultes.
La fin du film propose un retournement de situation psychologique d'une grande puissance émotionnelle. Yann réalise que ses retrouvailles physiques avec Thomas ne sont qu'une projection mentale de son propre esprit en crise, Thomas étant décédé tragiquement des années plus tôt lors de leur dernière fête de lycée. Cette révélation salvatrice lui permet d'accepter enfin la réalité, de faire son deuil et d'embrasser pleinement son présent d'adulte réconcilié.
Le titre joue ironiquement sur le pluriel pour évoquer les multiples trajectoires que peuvent prendre les destinées des adolescents par rapport aux promesses initiales du passé.
La bande originale bénéficie d'une mention spéciale grâce à l'utilisation remarquable de tubes pop-rock nostalgiques des années quatre-vingt-dix et deux mille qui rythment le voyage temporel des héros et renforcent magistralement l'impact émotionnel du dénouement.
Le film reste régulièrement analysé lors des débats sur l'écriture du scénario à twist en France et conserve une place à part et très aimée dans le cœur des fidèles du réalisateur.
On peut inscrire ce film dans la lignée de drames générationnels nostalgiques comme « Le Premier Jour du reste de ta vie » du même réalisateur ou « Mes meilleurs copains ».