Ce film retrace l'histoire de deux familles durant la guerre de Sécession et la période de la Reconstruction américaine. Il dépeint la naissance du Ku Klux Klan comme une force de salut pour le Sud. Malgré son importance technique pour le cinéma, il est aujourd'hui largement dénoncé pour son racisme manifeste. C'est un monument historique à la fois révolutionnaire sur la forme et abject sur le fond.
Griffith voulait réaliser une œuvre épique à la hauteur de la complexité de l'histoire américaine. Il s'est inspiré du roman "The Clansman" de Thomas Dixon Jr. Le réalisateur cherchait à démontrer la supériorité technique du langage cinématographique naissant. Le projet a nécessité des moyens colossaux pour l'époque, avec des scènes de bataille grandioses. Griffith était profondément imprégné des préjugés raciaux de son époque. L'écriture a été conçue pour exalter une vision nostalgique du Sud esclavagiste. Le tournage a été une aventure logistique sans précédent. La volonté était de créer un spectacle total qui captiverait le monde entier. Le résultat a changé à jamais l'histoire du cinéma, tout en provoquant une polémique immédiate.
La réception fut double : un succès technique immense et des manifestations de protestation immédiates contre le contenu raciste. Les critiques de l'époque ont salué le montage, l'utilisation des gros plans et la narration comme une naissance du cinéma narratif moderne. Cependant, des voix se sont rapidement élevées pour dénoncer la propagande haineuse envers la population afro-américaine.
Le public a été littéralement subjugué par le spectacle visuel, ce qui a largement contribué à la popularité du Ku Klux Klan durant les années qui ont suivi. L'impact historique du film sur la société américaine reste un sujet de débat majeur encore aujourd'hui. Il est considéré comme un film charnière, à la fois génial pour sa grammaire cinématographique et détestable pour son message politique. Le film est aujourd'hui étudié dans les écoles pour montrer la puissance de la propagande et l'évolution des techniques de réalisation.
La guerre de Sécession, le patriotisme sudiste, le racisme institutionnalisé, et l'idéalisation historique.
La fin glorifie le triomphe du Ku Klux Klan comme garant de l'ordre et de la suprématie blanche dans le Sud. Elle présente la situation comme une nécessaire restauration de la nation. La conclusion est conçue pour susciter une réaction émotionnelle patriotique chez le spectateur de l'époque. Elle demeure aujourd'hui le point final d'une œuvre jugée comme une apologie du racisme.
Le titre revendique la naissance d'une nation moderne américaine sur les cendres du conflit, à travers le prisme d'une idéologie sudiste.
Intolérance, Autant en emporte le vent.