Vada Sultenfuss a onze ans et vit dans la maison funéraire que dirige son père à Madison, Pennsylvania, en été 1972. Hypocondriaque invétérée, fascinée par la mort qui l'entoure depuis toujours, elle est l'amie inséparable de Thomas J. — garçon doux et allergique à tout —, amoureuse de son professeur de littérature et perturbée par l'arrivée dans sa vie de Shelly, une maquilleuse funèbre que son père commence à fréquenter. Un rite de passage douloureux raconté avec une grâce et une sensibilité rares, dont la fin bouleversante reste parmi les plus marquantes du cinéma familial américain.
Genèse du film
My Girl est un scénario original de Laurice Elehwany qui s'inspirait de ses propres expériences d'enfance pour raconter l'histoire d'une petite fille qui grandit au contact de la mort — dans une maison funèbre — et doit affronter une perte réelle qui la force à sortir de ses peurs imaginaires. Howard Zieff, réalisateur dont la filmographie incluait Private Benjamin (1980), voulait un film d'initiation qui soit sincèrement émouvant sans jamais verser dans la sensiblerie. La décision de caster Anna Chlumsky — une enfant actrice non professionnelle — dans le rôle principal, et Macaulay Culkin — alors au sommet de sa popularité après Home Alone — dans le rôle de Thomas J., donnait au film une authenticité et une reconnaissance populaire simultanées.
Résumé des critiques professionnelles : My Girl reçoit un accueil critique positif, la presse saluant la sensibilité du film et sa façon de traiter des sujets difficiles — le deuil, la mort, la sexualité naissante — avec une honnêteté et une délicatesse adaptées à son public. La performance d'Anna Chlumsky est unanimement citée comme une révélation, et la mort de Thomas J. — traitée sans concession — est saluée comme un choix courageux pour un film familial.
Réception du public : Le film est un grand succès commercial, récoltant plus de 60 millions de dollars aux États-Unis. Il devient rapidement un film de référence pour toute une génération — notamment pour les spectateurs qui l'ont vu enfant et qui se souviennent de la mort de Thomas J. comme l'un de leurs premiers chocs émotionnels au cinéma.
Récompenses obtenues : Le film est nommé dans plusieurs associations de critiques pour Anna Chlumsky et reçoit des prix dans les catégories populaires pour le duo Chlumsky-Culkin.
Inspirations du réalisateur : Howard Zieff voulait un film qui parle de la façon dont les enfants apprennent à faire face à la mort — non pas la mort abstraite et lointaine des actualités, mais la mort concrète et intime d'un ami proche. Il s'est inspiré des rites de passage de l'enfance américaine des années 1970 pour ancrer le film dans une nostalgie particulièrement précise.
Difficultés de production : Travailler avec deux jeunes acteurs dans des scènes émotionnellement exigeantes — notamment les scènes autour de la mort de Thomas J. — nécessita un accompagnement particulier de la part du réalisateur et de l'équipe. Anna Chlumsky, en particulier, dut être guidée avec soin pour les scènes de deuil qui nécessitaient une authenticité émotionnelle qu'une enfant de onze ans n'avait pas nécessairement vécue.
Anecdote sur une scène particulière : La scène au cercueil de Thomas J. — dans laquelle Vada demande à revoir son ami une dernière fois, enlève ses lunettes et plie ses mains — est devenue l'une des scènes les plus déchirantes de l'histoire du cinéma familial américain. Anna Chlumsky a raconté que c'était la scène la plus difficile de toute sa vie d'actrice.
Thèmes abordés
My Girl est un film sur le passage de l'enfance à l'adolescence — ce moment où la vie cesse d'être une série de jeux pour révéler ses enjeux réels. Vada doit apprendre que la mort n'est pas une abstraction à laquelle elle peut résister par son hypocondrie — elle touche ceux qu'on aime et on ne peut pas s'y préparer. Le film aborde aussi l'éveil sentimental et la jalousie, la relation père-fille et le deuil de la figure maternelle absente. C'est un film sur l'apprentissage douloureux mais nécessaire de la finitude.
Explication de la fin
La fin de My Girl — après la mort de Thomas J., tué par des piqûres d'abeilles auxquelles il était allergique — voit Vada commencer à faire son deuil, participer au rituel des funérailles et trouver dans l'écriture une façon de survivre à la perte. La conclusion dit que la vie continue après la mort d'un ami — pas de la même façon, pas aussi légèrement — mais qu'elle continue, et que la mémoire est la façon dont on garde les disparus vivants.
Signification du titre
"My Girl" — "ma fille" ou "ma chérie" — est le titre de la chanson de The Temptations (1964) qui accompagne plusieurs moments clés du film, et qui dit l'affection entre des êtres très liés. Ce titre simple et affectueux dit d'emblée que le film va parler d'une connexion profonde et précieuse — entre Vada et Thomas J., entre Vada et son père, entre Vada et ses premières amours.
Bande Originale
La bande originale de My Girl est l'une des plus mémorables du cinéma familial américain du début des années 1990. La chanson My Girl des Temptations, utilisée dans les séquences les plus tendres du film, est devenue indissociable des images de Vada et Thomas J. qui courent dans les champs de l'été 1972. La direction musicale de James Newton Howard sélectionne avec soin des chansons pop des années 1970 qui ancrent le film dans une époque précise tout en lui donnant une dimension nostalgique universelle.
Actualités
My Girl reste l'un des films les plus aimés de la génération qui l'a vu enfant, souvent cité comme l'un des premiers films qui les a vraiment fait pleurer. Anna Chlumsky, qui avait arrêté le cinéma après l'adolescence pour faire des études, a relancé sa carrière à l'âge adulte avec la série Veep, dans laquelle elle joue un rôle principal. Macaulay Culkin, dont My Girl représente l'un des rares films qui nuançait son image de Home Alone, est régulièrement cité pour ce rôle par les nostalgiques de la décennie 1990.
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