Elizabeth, jeune femme déçue par une récente rupture amoureuse, entame un long voyage à travers les Etats-Unis pour tenter de se reconstruire émotionnellement. Au fil de son périple, elle croise différents personnages marqués eux aussi par des blessures sentimentales profondes, des joueurs invétérés aux amants désillusionnés. Chaque étape de son voyage devient l'occasion d'une réflexion sur l'amour, la perte et la résilience. Le film tisse un road movie sensoriel et mélancolique sur la reconstruction de soi.
Wong Kar-wai, célèbre réalisateur hongkongais reconnu pour son style visuel sensoriel, souhaitait réaliser son premier film tourné entièrement en langue anglaise et aux Etats-Unis. L'idée du road movie permettait au réalisateur de transposer sa sensibilité esthétique habituelle à un nouveau territoire culturel et géographique. Wong Kar-wai a voulu explorer la mélancolie amoureuse à travers une mosaïque de rencontres successives, motif récurrent de sa filmographie. Le scénario original mêle plusieurs histoires entrelacées autour du thème central de la rupture et de la reconstruction. Norah Jones, chanteuse populaire sans expérience cinématographique préalable, a été choisie pour incarner avec sincérité ce personnage en quête de guérison émotionnelle. Le tournage s'est déroulé à travers plusieurs Etats américains pour accompagner le périple intérieur de l'héroïne.
La critique s'est montrée partagée, certains saluant la beauté visuelle caractéristique du style de Wong Kar-wai tandis que d'autres jugeaient le scénario trop lâche pour un premier film en anglais. Plusieurs observateurs ont souligné la performance surprenante de Norah Jones pour une première expérience cinématographique. Jude Law et Natalie Portman ont également été remarqués pour leur contribution à cette mosaïque de personnages mélancoliques. D'autres critiques ont regretté l'absence de la profondeur narrative habituelle du réalisateur. Le public s'est montré modérément réceptif, le style contemplatif du film ayant davantage séduit les amateurs habituels de l'œuvre de Wong Kar-wai que le grand public américain. Le succès commercial est resté limité aux circuits du cinéma d'auteur international. De nombreux spectateurs ont néanmoins salué la beauté visuelle et la bande-son soignée du film. Le film reste une curiosité notable dans la filmographie internationale du réalisateur hongkongais. Le film a été présenté en ouverture du Festival de Cannes, confirmant la reconnaissance internationale de Wong Kar-wai. Il n'a toutefois pas remporté de récompense majeure lors de cette présentation. Plusieurs nominations ont néanmoins salué la qualité de sa photographie et de sa bande originale. Il reste cité comme une expérience artistique singulière dans la carrière du réalisateur.
Wong Kar-wai s'est appuyé sur son style visuel sensoriel caractéristique tout en l'adaptant pour la première fois à un tournage entièrement américain et en langue anglaise. Le tournage à travers plusieurs Etats américains a représenté un défi culturel et logistique nouveau pour le réalisateur hongkongais, habitué à tourner en Asie. Norah Jones, novice au cinéma, a dû s'adapter rapidement aux exigences d'un tournage international avec un réalisateur exigeant sur l'aspect visuel de chaque plan. Plusieurs scènes ont nécessité de nombreuses prises, conformément à la méthode de travail habituelle de Wong Kar-wai, connue pour son perfectionnisme. Le scénario a évolué de manière organique tout au long du tournage, le réalisateur privilégiant souvent l'improvisation à la rigidité d'un script figé. Le tournage s'est globalement déroulé dans une ambiance contemplative, conforme au style esthétique caractéristique du réalisateur.
Le film aborde la reconstruction après une rupture amoureuse, la mélancolie des rencontres éphémères et la quête de sens à travers le voyage et la distance géographique.
Elizabeth, après son périple à travers les Etats-Unis et les multiples rencontres qui ont jalonné son voyage, retourne finalement vers l'homme qu'elle avait initialement quitté, désormais transformée et apaisée par cette traversée intérieure salvatrice.
Le titre fait référence à la tarte aux myrtilles servie dans le café où débute le récit, symbole réconfortant et modeste autour duquel se nouent les premières confidences amoureuses du film.
La bande-son, portée notamment par les compositions de Norah Jones elle-même ainsi que par des titres de Ry Cooder, accompagne avec une grande sensibilité l'atmosphère mélancolique et contemplative du film.
Le film reste cité comme une expérience singulière dans la carrière internationale de Wong Kar-wai.
In the Mood for Love, Chungking Express, Paris, Texas.