À Moscou, à l'aube des années 2000, le banquier d'affaires suédois Tom Blixen s'apprête à conclure une fusion pétrolière a priori anodine. Mais cette transaction l'entraîne malgré lui dans un engrenage de trahisons entre oligarques, hommes politiques et polices privées. Pris dans une véritable poupée russe de secrets et d'ennemis, il découvre que personne autour de lui n'est tout à fait ce qu'il prétend être. Pour survivre dans cette Moscou impitoyable, Tom ne pourra bientôt plus compter que sur lui-même.
La série est adaptée du roman noir suédois Le Chef d'orchestre de Saint-Pétersbourg, coécrit par Camilla Grebe et Paul Leander-Engström. C'est ce dernier qui a porté le projet à l'écran aux côtés du scénariste finlandais Aleksi Bardy et de la coscénariste Mia Ylönen, dans une adaptation coécrite avec Max Barron. Le récit puise dans l'expérience personnelle de Paul Leander-Engström, qui a lui-même travaillé plusieurs années dans le monde de la finance à Moscou au tournant des années 2000. Cette immersion réelle dans les coulisses troubles des affaires russo-suédoises a nourri l'atmosphère de corruption et de duplicité qui traverse toute l'intrigue. La production a été portée par la société suédoise Black Spark Film & TV, sous la houlette du producteur Piodor Gustafsson. Le tournage international, réparti entre plusieurs pays d'Europe, a permis de reconstituer la Moscou interlope de la fin des années 1990 sans tourner sur place en Russie.
Accueillie comme un thriller financier sombre et maîtrisé, la série a été saluée pour son atmosphère oppressante et la performance de son acteur principal Adam Pålsson, convaincant en banquier dépassé par les événements. Plusieurs critiques ont toutefois estimé que la complexité de l'intrigue, multipliant les personnages et les retournements à la manière d'une poupée russe, pouvait dérouter les spectateurs les moins attentifs. Diffusée notamment sur Canal+ Séries en France et sur Walter Presents au Royaume-Uni, la série a rencontré un accueil public plutôt discret mais fidèle, porté par les amateurs de thrillers géopolitiques et de récits choraux. Sur les plateformes de notation, elle recueille des avis mitigés à favorables, certains spectateurs regrettant un rythme parfois inégal sur ses huit épisodes.
Le scénariste Paul Leander-Engström s'est directement inspiré de son passage dans le secteur bancaire à Moscou pour construire l'univers du récit, cherchant à restituer avec précision les mécanismes de corruption qu'il avait pu observer de l'intérieur. Le tournage, mené dans plusieurs pays européens plutôt qu'en Russie, a nécessité de recréer soigneusement les décors moscovites de la fin des années 1990, un défi logistique pour une coproduction réunissant la Suède, la France, la Pologne, la Finlande et la Lituanie. Huit épisodes ont été partagés entre plusieurs réalisateurs, Mikael Håfström en signant la moitié, ce qui a demandé un important travail de cohérence visuelle et narrative sur l'ensemble de la saison.
La série explore la corruption des élites économiques et politiques russes dans l'immédiat après-URSS, la dilution des repères moraux face à l'appât du gain et la vulnérabilité de l'individu pris dans des rapports de force qui le dépassent largement. Elle interroge aussi la loyauté et la confiance, thèmes incarnés par un héros qui découvre que ses proches ne sont jamais tout à fait ce qu'ils semblent être.
Moscou Noir renvoie directement au genre du polar noir dans lequel s'inscrit la série, tout en situant son intrigue dans la capitale russe, théâtre d'une plongée dans les zones d'ombre du pouvoir et de l'argent.
Les amateurs du genre pourront se tourner vers des thrillers financiers et géopolitiques comme McMafia, Le Bureau des Légendes ou Bad Banks, qui partagent avec Moscou Noir un goût pour les intrigues internationales et les jeux de pouvoir feutrés.