Michael Morbius est un brillant biochimiste atteint d'une rare maladie du sang depuis l'enfance, qui consacre sa vie à trouver un remède à son propre mal. Lors d'une expérience désespérée mêlant ADN de chauve-souris et thérapie génique, il se transforme involontairement en une créature mi-humaine mi-vampire, dotée de capacités extraordinaires mais assoiffée de sang. Condamné à se battre contre ses propres instincts pour ne pas tuer les humains qui l'entourent, il va devoir affronter un ennemi qui a choisi d'embrasser cette malédiction sans aucun scrupule. Un film de super-vilain ambigu qui explore la frontière ténue entre le remède et le poison.
Morbius est adapté du personnage de Marvel Comics Morbius le Vampire Vivant, créé par Roy Thomas et Gil Kane et apparu pour la première fois dans The Amazing Spider-Man #101 en 1971. Sony Pictures, qui détient les droits sur les personnages de l'univers Spider-Man, a développé ce film dans le cadre de son « Sony's Spider-Man Universe » — un univers de films consacrés aux ennemis et alliés de Spider-Man sans Spider-Man lui-même. Daniel Espinosa, réalisateur suédois connu pour Life (2017) et Child 44 (2015), a été choisi pour sa capacité à mêler thriller de genre et ambition narrative. Jared Leto, qui souhaitait depuis plusieurs années incarner un personnage de comics complexe et ambigu, s'est fortement impliqué dans le développement du projet, travaillant notamment avec des spécialistes médicaux pour comprendre les maladies du sang et la façon dont son personnage les vivrait. La production a été retardée à plusieurs reprises par la pandémie de Covid-19, ce qui a compliqué la stratégie de sortie du film.
Résumé des critiques professionnelles : Morbius a été sévèrement reçu par la critique, obtenant l'un des scores les plus bas de l'histoire du Marvel cinématographique avec environ 15 % sur Rotten Tomatoes. Les journalistes ont reproché au film un scénario décousu, un manque de développement des personnages et une mise en scène sans inspiration qui ne parvient pas à donner vie à un concept pourtant porteur. Jared Leto a été particulièrement critiqué pour une interprétation jugée monocorde, et les incohérences du scénario ont été abondamment moquées.
Réception du public : Malgré des critiques désastreuses, le film a réalisé 167 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d'environ 75 millions — un résultat modeste qui n'a pas permis de rentabiliser pleinement la production. Le public, pourtant moins exigeant que la critique envers ce type de blockbuster, a confirmé la déception générale. Le film est devenu un phénomène ironique sur les réseaux sociaux, notamment la scène post-générique avec les fameux « It's Morbin' time » devenus un mème viral.
Récompenses obtenues : Morbius a été nommé aux Razzie Awards dans plusieurs catégories, dont pire film de l'année.
Difficultés de production : La production a été repoussée à quatre reprises en raison de la pandémie de Covid-19, ce qui a considérablement perturbé la stratégie de sortie et la campagne marketing du film. Ces retards ont également compliqué la connexion du film avec d'autres productions de l'univers Sony/Marvel, dont les calendriers avaient également été impactés.
Anecdote sur une scène particulière : Les scènes post-générique du film, qui intégraient des éléments du Spider-Man : No Way Home de Marvel Studios, ont créé une confusion narrative considérable dans la mesure où elles impliquaient des personnages d'un univers concurrent. Ces scènes, jugées particulièrement incohérentes même par les standards des films de super-héros, ont été largement moquées par le public et les critiques.
Casting initialement prévu : Plusieurs noms avaient été associés au rôle de Morbius avant que Jared Leto ne soit confirmé. Le projet avait longtemps cherché un acteur capable de donner une profondeur dramatique à un personnage par définition ambigu, et Leto avait activement fait campagne pour le rôle.
Morbius aborde la figure du savant qui se transforme lui-même en monstre en voulant trouver un remède — une tradition du roman gothique depuis Frankenstein et Dr Jekyll et Mr Hyde. La question de la frontière entre le remède et le poison, entre la science qui guérit et la science qui dévore, est le fil thématique le plus intéressant d'un film qui ne l'exploite pas pleinement. La dualité entre la nature humaine et la nature bestiale — le combat intérieur d'un homme qui refuse de tuer malgré une soif de sang insurmontable — est le ressort dramatique central du personnage. L'amitié masculine trahie par l'ambition et la soif de puissance est un thème secondaire développé dans la relation entre Morbius et son ami d'enfance Loxias Crown.
La fin de Morbius voit le héros affronter son ami devenu ennemi dans un duel de vampires au-dessus de New York, résolvant le conflit par la force dans une séquence d'action spectaculaire mais narrativement convenue. La résolution laisse Morbius dans une position ambiguë — monstre qui a fait le choix du bien, mais monstre quand même — ouvrant la voie à des suites qui n'ont pas encore été confirmées. Les scènes post-générique créent une connexion forcée avec d'autres personnages de l'univers Spider-Man qui sème plus la confusion qu'elle ne promet un avenir enthousiasmant.
Morbius est simplement le nom du personnage principal — Michael Morbius — un choix de titrage qui place immédiatement le film dans la tradition des films de super-héros centrés sur un personnage unique. Le nom Morbius, au son légèrement sinistre et latin, évoque la mort (mors en latin) et la morbidité, ce qui correspond bien à un personnage dont la nature est à mi-chemin entre la vie et la mort. Ce titre éponymique dit que le film est avant tout un portrait de personnage plutôt qu'un film d'action, une promesse que le résultat final n'a pas pleinement tenue.
Morbius est devenu une référence culturelle dans le domaine du film de super-héros raté, notamment grâce au phénomène viral « Morbin' Time » sur les réseaux sociaux. Sony a néanmoins confirmé que le personnage ferait partie de ses plans à long terme pour son univers Spider-Man, bien qu'aucune suite directe n'ait encore été officiellement annoncée. Jared Leto a exprimé sa volonté de reprendre le rôle dans un contexte narratif mieux défini.
Morbius s'inscrit dans l'univers Sony des personnages Spider-Man aux côtés de Venom (2018) et Venom : Let There Be Carnage (2021), dont il partage la même ambiguïté morale et le même positionnement de super-vilain anti-héros. Blade (1998) de Stephen Norrington est le modèle du film de super-héros/vampire Marvel réussi. Darkman (1990) de Sam Raimi est un précédent de scientifique transformé en monstre qui combat le crime. Doctor Strange (2016) ou Spider-Man : No Way Home (2021) offrent des exemples de films Marvel autrement plus maîtrisés dans le même espace narratif.