Bachir Lazhar, un Algérien, se présente comme suppléant dans une école primaire de Montréal après le suicide de l'institutrice. Il tente de redonner le goût d'apprendre à une classe d'enfants traumatisés. Son approche pédagogique peu conventionnelle et son passé mystérieux bouleversent la vie de l'école. Une histoire poignante sur la résilience, l'immigration et le deuil.
Genèse du film L'idée de Monsieur Lazhar vient de la pièce de théâtre éponyme d'Évelyne de la Chenelière (2007). Philippe Falardeau, touché par cette histoire, a décidé de l'adapter au cinéma, séduit par la manière dont elle abordait des sujets sensibles comme le deuil et l'intégration. Le scénario, coécrit par Falardeau et de la Chenelière, transpose l'histoire de la scène à l'écran tout en conservant sa délicatesse. Le projet a bénéficié du soutien d'organismes culturels québécois. Falardeau a voulu donner une voix aux enfants, souvent sous-représentés dans le cinéma d'auteur.
Critiques et réception Résumé des critiques professionnelles : Acclamé pour son approche subtile et émouvante de sujets difficiles. La performance de Fellag a été universellement saluée. La réalisation de Falardeau, délicate et puissante, a été qualifiée de fidèle à l'esprit de la pièce. Le scénario intelligent évite la mièvrerie. La beauté des dialogues et la justesse des interactions ont été soulignées.
Réception du public : Le public a été profondément touché, suscitant des discussions sur l'éducation et l'immigration. Les spectateurs ont apprécié la manière dont le film aborde des thèmes universels avec humanité. Succès particulier dans les festivals de cinéma. Les enseignants ont apprécié la représentation réaliste du milieu scolaire.
Récompenses obtenues : 6 prix Jutra (équivalent québécois des César). Nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2012 (première pour un film québécois). Grand Prix des Amériques au Festival des films du monde de Montréal. Primé dans plusieurs festivals internationaux.
Anecdotes de tournage Inspirations du réalisateur : Falardeau s'est inspiré de son parcours d'enseignant pour certains aspects du film. Il a voulu montrer le rôle crucial des enseignants dans la vie des enfants. Il a travaillé avec de vrais élèves pour des réactions naturelles. Les décors de l'école ont été conçus pour être les plus authentiques possibles.
Difficultés de production : Défis liés au travail avec des enfants acteurs. Les scènes de classe ont nécessité une organisation minutieuse. Budget limité obligeant à des solutions créatives. Scènes émotionnelles (suicide) difficiles à tourner. Conditions météo à Montréal ont compliqué les scènes extérieures.
Anecdote sur une scène particulière : La scène où Lazhar lit Balzac et la petite tailleuse chinoise a été tournée en une seule prise. Les réactions des enfants étaient spontanées. Fellag a improvisé certaines parties, ajoutant de l'authenticité. Les lettres reçues par Martha contenaient de vraies recettes.
Casting initialement prévu : Le rôle de Lazhar devait être joué par un acteur plus jeune. Fellag, connu pour son travail au théâtre, a été choisi pour son interprétation nuancée. Sophie Nélisse a été découverte lors d'un casting ouvert.
Thèmes abordés Monsieur Lazhar explore le deuil et la perte, l'immigration et l'intégration, la résilience face à l'adversité, et la relation maître-élève. Le film aborde la communication et l'expression des émotions, la différence culturelle avec subtilité, et l'école comme lieu d'apprentissage et de soutien émotionnel. Il souligne l'importance des petites connexions humaines pour surmonter les épreuves.
Explication de la fin Lazhar quitte l'école après avoir été dénoncé pour avoir frappé un élève. Cette révélation montre que même les figures bienveillantes ont leurs failles. Son départ laisse un vide, mais les élèves ont appris à se soutenir mutuellement. La scène finale, où les enfants se rassemblent autour de la tombe de leur institutrice, symbolise leur résilience collective. La fin suggère que les rencontres, même brèves, peuvent avoir un impact durable.
Signification du titre Monsieur Lazhar fait référence au personnage principal, Bachir Lazhar. Ce nom reflète son identité culturelle algérienne. Dans le film, il symbolise l'enseignant et l'immigrant. Le titre met en avant le personnage central. Le choix de ne pas utiliser son prénom souligne la distance initiale entre Lazhar et les autres, une distance qui se réduit au fil du film. "Lazhar" évoque aussi le mot "lazare" (résurrection), thème présent dans son parcours.
Actualités Sélectionné comme l'un des 10 meilleurs films canadiens de la décennie 2010-2020 par le TIFF. Une adaptation théâtrale de la pièce originale continue d'être jouée. Philippe Falardeau a réalisé d'autres films acclamés, mais Monsieur Lazhar reste son œuvre la plus personnelle. Une version restaurée a été présentée en 2022 lors d'une rétrospective du cinéma québécois.
Entre les murs (2008), Le Ciel est à nous (1997), Les Choristes (2004), Intouchables (2011), La Cour de Babel (2013)