Lee Gates est la star d'une émission télévisée de conseils financiers à l'audience qui fait fureur. Un matin, en plein direct, un homme armé fait irruption sur le plateau et prend Lee en otage en direct devant des millions de téléspectateurs. Cet homme, Kyle Budwell, a tout perdu en suivant les conseils d'investissement de Gates, et réclame des explications sur la mystérieuse disparition de 800 millions de dollars dans les comptes d'une société cotée. Avec son oreillette, Lee reste en contact avec sa réalisatrice Patty — et ensemble, ils vont découvrir une fraude financière qui dépasse largement ce que Kyle soupçonnait.
Money Monster est le quatrième long métrage réalisé par Jodie Foster, après Moi, l'accusée (1995), Le Complexe du castor (2011) et Le Petit Poucet (TV). Le scénario, écrit par Alan DiBiase, Jim Kouf et Jamie Linden, est né de la crise financière de 2008 et de la réflexion sur le rôle des médias financiers dans la diffusion de conseils d'investissement irresponsables auprès du grand public. Foster voulait interroger la responsabilité des «gourous» télévisés de la finance — inspirés de personnages réels comme Jim Cramer de Mad Money — dans les désastres financiers de millions d'épargnants ordinaires. Le format du huis-clos en direct télévisé permettait de concentrer la tension narrative tout en explorant des enjeux économiques et médiatiques contemporains.
Résumé des critiques professionnelles : Money Monster a reçu des critiques mitigées. La presse a salué la tension du huis-clos et la performance de Jack O'Connell en preneur d'otage désespéré, ainsi que la chimie entre Clooney et Roberts. Beaucoup ont cependant jugé le scénario trop prévisible dans ses rebondissements et insuffisamment courageux dans sa critique du système financier.
Réception du public : Le film a bien fonctionné au box-office, rapportant 93 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 27 millions. Le public a apprécié la tension du direct et la dimension de thriller financier.
Inspirations du réalisateur : Jodie Foster s'est inspirée de l'émission Mad Money de Jim Cramer — animateur qui avait conseillé à ses téléspectateurs d'acheter des actions Bear Stearns cinq jours avant l'effondrement de la banque en 2008 — pour construire le personnage de Lee Gates. Elle voulait explorer la responsabilité morale de ceux qui font de l'argent avec les angoisses financières du public.
Money Monster explore la responsabilité des médias financiers et leur rôle dans l'alimentation d'une culture du risque financier chez les petits épargnants. Le film aborde le déséquilibre de pouvoir entre les grandes corporations financières et les citoyens ordinaires — Kyle Budwell représente des millions de perdants anonymes de la finance spéculative. La prise d'otage comme discours politique est le ressort dramatique central : Kyle ne veut pas de l'argent, il veut des réponses. Enfin, le film interroge le rôle de la télévision en direct dans la création d'événements et de récits.
La fraude est exposée en direct à la télévision mondiale grâce aux recherches menées simultanément par l'équipe de Lee — le patron de la société incriminée est démasqué, malgré les efforts de ses avocats pour étouffer l'affaire. Kyle, dont la colère était légitime, ne trouve pas le happy end qu'il espérait — la résolution judiciaire sera lente et incomplète. La fin est amère : la vérité éclate, mais les structures qui ont permis la fraude restent en place.
Money Monster désigne à la fois le programme télévisé de Lee Gates — «Money Monster», l'émission des conseils financiers vedettes — et une description métaphorique du système financier lui-même : un monstre qui dévore les petits épargnants. Ce titre double dit l'ambivalence du film entre la satire médiatique et la critique du capitalisme financier.
Money Monster reste un thriller financier efficace dans la filmographie de Jodie Foster, confirmant sa capacité à diriger de grands acteurs dans des formats de genre. George Clooney et Julia Roberts, réunis pour la première fois depuis Ocean's Eleven, ont retrouvé leur complicité à l'écran. Disponible en VOD.
Money Monster rappelle des films sur les prises d'otage télévisées comme The Negotiator (1998) de F. Gary Gray ou 15 Minutes (2001) de John Herzfeld. Pour la critique du système financier, The Big Short (2015) d'Adam McKay ou Margin Call (2011) de J.C. Chandor offrent des regards plus rigoureux. Network (1976) de Sidney Lumet reste la grande référence de la satire télévisuelle américaine.