Agathe vit avec son mari et son fils dans un somptueux appartement face au jardin du Luxembourg et dirige une fondation d'art contemporain renommée. Sa vie parfaitement orchestrée et un peu rigide bascule le jour où elle doit croiser le chemin de Patrick, le père du meilleur ami de son fils. Cet artisan d'origine wallonne, dragueur, fêtard et un poil vulgaire, vient squatter leur quotidien avec sa camionnette délabrée. Contre toute attente, ce choc des cultures et des tempéraments va profondément bousculer les certitudes de cette femme d'affaires sophistiquée.
L'idée originelle de cette comédie de mœurs est née du désir d'Anne Fontaine de confronter deux mondes que tout sépare à travers un duo d'acteurs aux antipodes. La réalisatrice s'est inspirée de situations réelles qu'elle a pu observer dans les milieux bourgeois parisiens, où les barrières sociales s'effondrent parfois à cause des enfants. L'inspiration est venue de la volonté de rire des préjugés intellectuels et artistiques tout en évitant le piège de la caricature grossière. Le script a été écrit sur mesure pour Isabelle Huppert et Benoît Poelvoorde, dont la metteuse en scène voulait exploiter l'alchimie explosive. Le processus d'écriture a cherché à équilibrer l'humour piquant et la tendresse sous-jacente des personnages. Ce projet marque une incursion réussie de la cinéaste dans la comédie pure après plusieurs drames intenses.
La presse professionnelle a globalement salué la performance comique du duo principal, soulignant le contraste savoureux entre la froideur d'Huppert et la folie de Poelvoorde. Les critiques ont apprécié le rythme des dialogues et l'ironie mordante sur le milieu de l'art contemporain. Quelques journalistes ont toutefois regretté un scénario un peu prévisible dans sa seconde moitié. Du côté du public, les spectateurs ont répondu présent dans les salles, séduits par cette confrontation burlesque et humaine. Les retours ont mis en avant la drôlerie des situations et la justesse de certaines répliques piquantes. Le long-métrage n'a pas décroché de récompenses majeures mais a obtenu une belle visibilité dans les festivals de comédie.
La réalisatrice s'est inspirée des comédies romantiques américaines classiques basées sur l'opposition des contraires pour calibrer l'évolution de son récit. Le tournage s'est déroulé principalement à Paris dans des appartements cossus et des galeries d'art pour ancrer visuellement le milieu d'Agathe. Une anecdote de tournage rapporte que Benoît Poelvoorde a beaucoup improvisé sur le plateau, provoquant de nombreux fous rires chez ses partenaires de jeu. La production a dû composer avec l'agenda très serré des trois comédiens principaux pour réunir ce casting de haut vol. Pour les rôles initiaux, la réalisatrice avait immédiatement pensé à ce trio sans envisager d'autres alternatives.
Le film aborde les thèmes du choc social, des préjugés culturels et de la parentalité dans des milieux opposés. Il explore également l'hypocrisie du monde de l'art, la redécouverte du désir et la rupture des conventions bourgeoises.
La conclusion du film montre un apprivoisement mutuel et inattendu entre les deux protagonistes qui finissent par s'influencer positivement. Agathe s'ouvre à une certaine spontanéité tandis que Patrick trouve une forme de stabilité émotionnelle. La scène finale scelle leur complicité ironique, prouvant que le pire cauchemar de chacun est devenu une source d'équilibre indispensable. C'est une fin ouverte qui célèbre le triomphe de l'humain sur les barrières sociales.
Le titre fait référence à la perception initiale qu'Agathe a de Patrick, qu'elle considère comme une catastrophe ambulante pour son mode de vie ordonné.
Le film est régulièrement diffusé à la télévision française où il réalise de bons scores d'audience grâce à la popularité intacte de son couple de cinéma.
On peut rapprocher ce long-métrage de comédies de contrastes sociaux comme « Le Goût des autres » d'Agnès Jaoui ou « Intouchables ».