Jake, un adolescent américain ordinaire, hérite d'une mystérieuse carte postale à la mort de son grand-père et part au pays de Galles sur la trace de ses souvenirs d'enfance. Il y découvre un pensionnat de jeunes gens dotés de pouvoirs extraordinaires, réfugiés dans une boucle temporelle protectrice sous la tutelle de Miss Peregrine. Mais une menace ancienne et terrifiante rôde autour de ce refuge, et Jake va comprendre qu'il est lui aussi particulier à sa manière.
Miss Peregrine et les Enfants Particuliers est l'adaptation du roman éponyme de Ransom Riggs, publié en 2011, premier volet d'une trilogie qui a rencontré un immense succès commercial et critique dans la catégorie young adult. Le roman lui-même est né d'une idée originale : Riggs avait commencé par collecter d'anciennes photographies anonymes aux sujets étranges, et avait construit autour de ces images une histoire fantastique. Tim Burton, dont l'univers visuel et thématique semblait naturellement compatible avec cet univers peuplé d'enfants aux pouvoirs inquiétants, a été contacté par la 20th Century Fox pour réaliser l'adaptation. C'était la première fois depuis longtemps que Burton travaillait sur un projet tiré d'une propriété littéraire populaire à destination du jeune public, une occasion de retrouver une veine fantastique et mélancolique qu'il avait quelque peu délaissée. Le scénario a été confié à Jane Goldman, qui avait notamment adapté Kick-Ass et X-Men : Le Commencement, et dont l'expérience dans le genre super-héroïque et la fantasy était précieuse.
Résumé des critiques professionnelles : La critique a réservé un accueil nuancé au film. Si la direction artistique et la photographie ont été unanimement saluées comme dignes du meilleur Burton, le scénario a souvent été pointé du doigt pour sa complexité excessive et ses invraisemblances. Beaucoup de critiques ont estimé que le film ne retrouvait pas la magie des œuvres maîtresses du réalisateur comme Edward aux mains d'argent ou Big Eyes.
Réception du public : Le film a bien fonctionné au box-office, notamment grâce à la base de fans fidèles du roman de Riggs, et a dépassé les 300 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 110 millions. Les spectateurs jeunes adultes ont particulièrement apprécié la mise en images de l'univers du livre, même si une partie d'entre eux a déploré des différences importantes avec le roman original.
Récompenses obtenues : Le film n'a pas été particulièrement primé, mais a reçu plusieurs nominations dans des catégories techniques lors de cérémonies spécialisées en effets visuels et maquillage.
Inspirations du réalisateur : Tim Burton a confié que l'origine photographique du projet l'avait immédiatement séduit : l'idée de construire un film à partir de vieilles photographies anonymes aux personnages étranges correspondait parfaitement à son goût pour le bizarre et le mélancolique. Il a cherché à prolonger visuellement cette esthétique de photo ancienne dans la mise en scène et la direction artistique du film.
Difficultés de production : L'un des défis majeurs a été de représenter de façon convaincante les nombreux pouvoirs différents des enfants particuliers, certains nécessitant des effets spéciaux très complexes — notamment la lévitation, l'invisibilité ou la force surnaturelle. Le tournage a eu lieu entre le pays de Galles, la Belgique et les studios d'Amérique du Nord, impliquant de nombreux déplacements d'équipes.
Anecdote sur une scène particulière : La grande scène de bataille finale à Blackpool, impliquant des squelettes animés et des centaines de figurants, a nécessité plusieurs semaines de tournage et un travail considérable en post-production numérique. Burton a tenu à ce que cette séquence ait une dimension burlesque et grandiose qui rappelle les dessins animés des années 1930 qu'il affectionne.
Miss Peregrine et les Enfants Particuliers est avant tout une métaphore de la différence et de la marginalité : les "enfants particuliers" sont des êtres qui ne peuvent pas vivre dans le monde ordinaire parce que leurs dons les rendent incompréhensibles et dangereux aux yeux des autres. Le thème du refuge et de la protection est central, la boucle temporelle de Miss Peregrine fonctionnant comme une utopie fragile où les différents peuvent vivre entre eux, à l'abri des persécutions. Le film aborde également la transmission intergénérationnelle et le poids des secrets de famille, Jake devant démêler l'héritage mystérieux de son grand-père pour comprendre qui il est vraiment. La lutte entre la normalité rassurante et l'étrangeté libératrice est un thème récurrent dans l'œuvre de Burton, ici réaffirmé avec une claire préférence pour le côté des "particuliers".
La fin du film voit Jake embrasser définitivement son identité de "particulier" et choisir de rester avec Miss Peregrine et les enfants plutôt que de retourner à sa vie ordinaire. Après la victoire sur le Creux et ses sbires, Jake doit traverser différentes boucles temporelles pour retrouver ses nouveaux amis et l'oiseau-temporel qui leur sert de tutrice. La conclusion affirme que l'appartenance à une communauté de semblables vaut plus que la conformité à un monde qui ne nous comprend pas — une morale typiquement burtonienne.
Le titre original anglais, Miss Peregrine's Home for Peculiar Children, est à la fois descriptif et évocateur : il désigne l'établissement au cœur du récit, un "foyer pour enfants particuliers" dirigé par la mystérieuse Miss Peregrine. Le terme "peculiar" (particulier, étrange, singulier) est central dans l'univers de Ransom Riggs et désigne une catégorie d'êtres humains dotés de pouvoirs inhabituels. Le nom "Peregrine" (du latin peregrinus, l'étranger, le voyageur) évoque également un oiseau de proie migrateur, ce qui n'est pas sans rapport avec la nature de la directrice du pensionnat.
Les suites du roman de Ransom Riggs n'ont pas encore été adaptées au cinéma à ce jour. Le film continue d'être diffusé sur les plateformes de streaming et de fidéliser de nouveaux spectateurs parmi les fans de la saga littéraire.