Kun est un petit garçon de quatre ans dont la vie est bouleversée par la naissance de sa petite sœur Mirai. Jaloux et déstabilisé par l'arrivée de ce bébé qui monopolise l'attention de ses parents, il se réfugie dans le jardin de la maison familiale — un espace magique depuis lequel il va entreprendre des voyages extraordinaires dans le temps et l'espace. Il y rencontre sa mère adolescente, son arrière-grand-père jeune homme, et même sa sœur Mirai venue du futur lui rendre visite. Ces voyages initiatiques vont lui apprendre à accepter sa place dans sa famille et dans l'histoire.
Mirai, ma petite sœur est un film profondément autobiographique de Mamoru Hosoda — le réalisateur japonais de Summer Wars (2009), Wolf Children (2012) et The Boy and the Beast (2015). Hosoda, lui-même père de deux enfants, a voulu explorer ce que la naissance d'un cadet représente pour un aîné — cette révolution intérieure douloureuse que traversent tous les enfants confrontés à un nouveau frère ou une nouvelle sœur. Il a observé son propre fils traverser cette jalousie et cette confusion identitaire et a eu l'idée de la transformer en voyage initiatique fantastique. Le scénario original — entièrement écrit par Hosoda — intègre le jardin de la maison familiale comme espace de magie, permettant à Kun de voyager dans le temps de sa propre généalogie. La maison du film est inspirée d'une villa réelle que Hosoda avait visitée et admirée pour son architecture particulière.
Résumé des critiques professionnelles : Mirai, ma petite sœur a été très bien accueilli par la critique internationale, qui a salué la délicatesse de la vision d'Hosoda sur l'enfance et la jalousie fraternelle, ainsi que la beauté visuelle du film. La presse française a particulièrement apprécié le film pour sa façon de conjuguer le quotidien le plus concret et le fantastique le plus inventif. Certains ont cependant regretté que le film soit moins ambitieux narrativement que Summer Wars ou Wolf Children.
Réception du public : Le film a trouvé un large public au Japon et dans les pays où le cinéma de Hosoda est particulièrement apprécié — dont la France, où le Studio Chizu a une forte réputation. Les familles avec de jeunes enfants ont été particulièrement touchées par la justesse du portrait de Kun.
Récompenses obtenues : Mirai, ma petite sœur a reçu une nomination à l'Oscar du meilleur film d'animation en 2019 — une première pour un film du Studio Chizu — ainsi que le Prix du jury au Festival d'Annecy 2018, l'un des festivals d'animation les plus prestigieux du monde.
Inspirations du réalisateur : Mamoru Hosoda observe depuis longtemps ses propres enfants avec l'attention d'un cinéaste — leurs comportements, leurs colères, leurs émotions brutes — et nourrit ses scénarios de ces observations directes. Mirai est sans doute son film le plus autobiographique, naissant directement de la naissance de sa fille et de la jalousie de son fils aîné.
Difficultés de production : La maison au centre du film — avec son jardin magique qui change selon les saisons et les voyages temporels — a nécessité un travail architectural et animé très poussé pour rester cohérente à travers les différentes époques visitées par Kun.
Mirai, ma petite sœur explore la jalousie fraternelle avec une précision psychologique et une tendresse rares au cinéma d'animation. Le film aborde la généalogie familiale comme tissu vivant — chaque membre de la famille a été un enfant comme Kun, a connu ses propres peurs et ses propres jalousies. La magie de l'enfance et sa façon particulière de percevoir le temps et l'espace est au cœur du dispositif fantastique. Le film célèbre aussi la maison familiale comme mémoire vivante, espace où plusieurs générations coexistent dans un même sol.
Après avoir voyagé dans le passé et rencontré ses ancêtres, Kun se retrouve dans un espace hors-temps — une gare cosmique où il risque de perdre son identité. C'est Mirai, venue du futur, qui le sauve en lui rappelant qui il est et d'où il vient. La fin voit Kun regagner sa maison et accepter sa petite sœur avec amour — une transformation subtile mais profonde. Le film se termine sur une image de la famille unie, ancrant le fantastique dans la réalité la plus simple.
Mirai signifie «futur» en japonais — et c'est aussi le prénom de la petite sœur. Ce titre dit à la fois l'identité du personnage et son statut symbolique : Mirai est le futur de la famille, la continuité de la généalogie, et c'est précisément pour cette raison que Kun doit apprendre à l'accepter. Le sous-titre français «Ma petite sœur» est moins chargé mais dit la relation centrale du film.
Mirai, ma petite sœur a confirmé Mamoru Hosoda comme l'un des maîtres de l'animation japonaise contemporaine, aux côtés de Makoto Shinkai. Il a depuis réalisé Belle (2021), qui a connu un succès international encore plus grand. Le Studio Chizu continue de développer des projets d'animation ambitieux. Disponible sur les plateformes de streaming et en VOD.
Mirai, ma petite sœur dialogue avec la filmographie de Mamoru Hosoda lui-même — Wolf Children (2012) et Summer Wars (2009) partagent la même sensibilité aux liens familiaux et au fantastique du quotidien. Pour les films d'animation sur la fratrie et la famille, les films de Studio Ghibli — Mon voisin Totoro (1988) ou Kiki la petite sorcière (1989) — sont des références naturelles. Klaus (2019) ou Coco (2017) de Pixar explorent aussi la généalogie familiale à travers un prisme fantastique.