Été 1939, quelques jours avant l'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie. Dans un pensionnat au bord de la mer, en Angleterre, de jeunes Allemandes issues de familles influentes du régime nazi apprennent l'anglais et se préparent à devenir les ambassadrices d'une future Europe national-socialiste. Lorsque le professeur d'anglais de l'école disparaît mystérieusement, un agent britannique se fait passer pour son remplaçant afin de percer à jour le complot qui se trame dans l'établissement. Mais les autorités locales le soupçonnent bientôt d'être lui-même à l'origine de cette disparition.
Minuit Moins Six s'inspire librement de faits réels : celui de l'Augusta-Victoria College, un pensionnat situé à Bexhill-on-Sea qui accueillit réellement, de 1932 à 1939, les filles de l'élite allemande destinées à devenir des ambassadrices du régime nazi. Le scénario est coécrit par le réalisateur Andy Goddard, connu pour son travail à la télévision, avec Celyn Jones et Eddie Izzard, qui tient également le rôle principal du professeur infiltré. Le trio s'est appuyé sur cet épisode méconnu de l'histoire britannique d'avant-guerre pour construire un thriller d'espionnage teinté de drame historique.
Les critiques ont salué la prestation du casting féminin, en particulier celle de Judi Dench, ainsi que l'atmosphère du film, jugée proche de l'esthétique hitchcockienne dans sa montée en tension. En revanche, plusieurs observateurs ont trouvé l'intrigue d'espionnage peu crédible et le rythme trop lent pour véritablement emporter l'adhésion, un critique qualifiant le résultat de "film de dimanche pluvieux", plaisant mais sans grand éclat. Le public s'est montré mesuré, avec une note IMDb autour de 5,9 sur 10, et des recettes limitées à environ trois millions de dollars, reflet d'une sortie discrète en pleine pandémie.
Le scénario est directement inspiré de l'histoire réelle de l'Augusta-Victoria College, un pensionnat pour jeunes Allemandes de l'élite nazie installé à Bexhill-on-Sea entre 1932 et 1939. Eddie Izzard, également coscénariste et coproducteur, y livre l'une de ses rares incursions dans un rôle dramatique après avoir été davantage associé à la comédie.
Le film interroge la montée du nazisme vue depuis l'Angleterre à la veille de la guerre, et la difficulté à percevoir le danger totalitaire avant qu'il ne soit trop tard. Il aborde aussi la méfiance et le soupçon qui pèsent sur les lanceurs d'alerte, ainsi que le rôle ambigu de femmes prises entre éducation, patriotisme et endoctrinement idéologique.
Le titre original, "Six Minutes to Midnight", évoque l'imminence du basculement dans la guerre, comme si l'horloge de l'Histoire s'approchait inexorablement de minuit. La version française, "Minuit Moins Six", conserve cette même image d'un compte à rebours vers la catastrophe.
Their Finest de Lone Scherfig, Suite française de Saul Dibb.