Dimanche, 12 juillet 2026
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Midsommar

Midsommar

2019 États-Unis, Suède
Synopsis

Dani, étudiante en psychologie, est dévastée par la mort brutale de sa famille. Sa relation déjà fragile avec son petit ami Christian ne s'en trouve pas améliorée lorsqu'elle apprend qu'il compte partir en Suède avec ses amis pour un festival ancestral. Invitée à les accompagner, elle découvre le village isolé de Harga, où se prépare une célébration du solstice d'été qui n'a lieu qu'une fois tous les quatre-vingt-dix ans. Sous le soleil qui ne se couche jamais, les rituels du village vont prendre une tournure de plus en plus terrifiante.

Genèse du film

L'idée de Midsommar est venue à Ari Aster dès 2013, bien avant même l'écriture d'Hérédité, alors qu'il traversait la fin douloureuse d'une relation amoureuse de trois ans. À l'image de son premier film, nourri de ses propres traumatismes familiaux, il a voulu puiser dans cette rupture pour raconter la déliquescence d'un couple, mais cette fois à travers le prisme d'un conte de fées pervers et lumineux. Le concept du culte des Hårga avait par ailleurs été développé en amont par le producteur suédois Patrik Andersson et son collaborateur Martin Karlqvist, qui l'avaient proposé à Aster comme un pur film de folk horror suédois avant que le réalisateur ne le réoriente vers une histoire beaucoup plus personnelle. Pour construire l'univers du village, Aster s'est associé au chef décorateur suédois Henrik Svensson, avec qui il a passé plusieurs années à accumuler des centaines de pages de recherches sur le folklore et les traditions païennes scandinaves, jusqu'à inventer une langue fictive, l'Affekt, entendue tout au long du film. À l'opposé d'Hérédité, plongé dans l'obscurité, Midsommar se déroule presque intégralement en plein jour, sous une lumière suédoise permanente qu'Aster voulait rendre presque agressive pour le spectateur.

Critiques et réception

La presse a très largement salué Midsommar, saluant l'audace visuelle d'Ari Aster et sa capacité à instaurer un malaise profond en pleine lumière, à rebours des codes classiques du film d'horreur nocturne. La performance de Florence Pugh a été unanimement remarquée, tout comme la direction artistique et les décors du village de Harga, salués pour leur minutie quasi documentaire. Certains critiques ont toutefois jugé la durée du film, deux heures et demie dans sa version longue, excessive au regard de son scénario relativement simple. Le public s'est montré plus partagé, certains spectateurs saluant une expérience sensorielle inédite et hypnotique, d'autres regrettant un rythme lent et une intrigue prévisible dans ses grandes lignes. Le film a rapidement acquis un statut culte, en particulier auprès des amateurs de folk horror, qui y ont vu un digne héritier de The Wicker Man. Midsommar a connu un joli succès commercial pour un film d'horreur d'auteur, avec près de 48 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget d'environ 9 millions de dollars. Ari Aster a notamment été nommé au prix du meilleur scénario lors de la 29e cérémonie des Gotham Independent Film Awards pour son travail sur le film.

Anecdotes de tournage

Bien que l'histoire se déroule dans la région suédoise du Hälsingland, le tournage a en réalité eu lieu près de Budapest, en Hongrie, dans les studios Korda, principalement pour des raisons budgétaires. Le village entier des Hårga a été construit de toutes pièces pour les besoins du film, et des figurants suédois ont été spécialement amenés en Hongrie pour incarner les membres de la communauté afin de préserver l'authenticité de leurs physiques et de leur gestuelle. Le tournage en pleine lumière a représenté un défi technique inhabituel pour un film d'horreur : le directeur de la photographie Pawel Pogorzelski, déjà collaborateur d'Aster sur Hérédité, a dû composer avec une clarté quasi permanente, cherchant à la rendre presque oppressante par sa constance plutôt que par l'obscurité habituelle du genre. Les fresques peintes ornant l'intérieur de la maison commune du village ont nécessité plusieurs mois de travail avant même le début du tournage, l'artiste Ragnar Persson s'inspirant des peintures médiévales découvertes par Aster et Svensson lors de leurs repérages dans le Hälsingland. Ari Aster a envisagé des centaines d'actrices avant d'arrêter son choix sur Florence Pugh, alors âgée de vingt-trois ans, pour le rôle de Dani.

Thèmes abordés

Midsommar explore le deuil et la dépendance affective à travers l'histoire d'un couple qui se délite au moment même où l'un des deux traverse une tragédie insurmontable. Le film questionne aussi l'influence sociale et l'endoctrinement collectif, montrant comment une communauté peut recruter et absorber des individus fragilisés par la solitude. En filigrane, Ari Aster interroge la notion d'héritage et de filiation, faisant écho à son précédent film Hérédité, ainsi que le besoin universel d'appartenance à un groupe, même au prix de sa propre identité.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

À la fin du film, Dani est choisie comme reine de mai par la communauté des Hårga, un honneur qui lui offre pour la première fois un sentiment d'appartenance et de reconnaissance collective. Lorsqu'elle découvre l'infidélité de Christian, elle choisit, conformément à la tradition du village, de le désigner comme le dernier sacrifice de la cérémonie. Le sourire qu'elle esquisse alors que le temple brûle avec Christian à l'intérieur symbolise sa libération totale : débarrassée de son deuil et de sa relation toxique, elle a trouvé, dans l'horreur du culte, la famille et la validation émotionnelle qui lui manquaient tant.

Signification du titre

Midsommar signifie littéralement « solstice d'été » en suédois. Ce nom renvoie à la fête traditionnelle du solstice, célébrée dans plusieurs pays scandinaves, mais qu'Ari Aster détourne ici en un rituel exacerbé et macabre organisé seulement une fois tous les quatre-vingt-dix ans par la communauté fictive des Hårga.

La partition originale, signée Bobby Krlic sous son nom de scène The Haxan Cloak, contribue fortement à l'atmosphère du film en mêlant nappes sonores inquiétantes et sonorités traditionnelles suédoises, oscillant entre lyrisme et dissonance pour accompagner la bascule progressive du récit vers l'horreur.

Films Similaires

Les amateurs du genre pourront se tourner vers The Wicker Man, souvent cité comme référence directe, ainsi que vers Hérédité, le premier film d'Ari Aster, pour retrouver une même exploration du deuil et de l'horreur familiale, ou encore vers Kill List de Ben Wheatley pour son ambiance de folk horror rurale.