Dimanche, 12 juillet 2026
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Mesrine, L'Ennemi public n°1

Mesrine, L'Ennemi public n°1

2008 France, Canada, Italie
Synopsis

Après cinq années d'emprisonnement dans un établissement pénitentiaire de haute sécurité, Jacques Mesrine parvient à s'évader avec l'aide d'un autre détenu, François Besse. Le duo de malfaiteurs multiplie alors les braquages spectaculaires et les prises d'otages, faisant de Mesrine l'"Ennemi public n°1" traqué par toutes les polices de France. Se prenant peu à peu pour un révolutionnaire justicier, il cultive son image médiatique autant que ses activités criminelles, allant jusqu'à provoquer ouvertement la presse et les autorités. Cette cavale effrénée le conduit inexorablement vers une confrontation fatale avec le commissaire Robert Broussard, bien décidé à mettre un terme à sa légende sanglante.

Genèse du film

Mesrine : L'Ennemi public n°1 constitue le second volet du diptyque consacré au célèbre braqueur français Jacques Mesrine, adapté de ses propres autobiographies L'Instinct de mort et Coupable d'être innocent. Le réalisateur Jean-François Richet, connu pour ses films sociaux et de genre comme Ma 6-T va crack-er, a coécrit le scénario avec Abdel Raouf Dafri en s'appuyant directement sur les écrits du gangster lui-même. Ce second volet couvre les dernières années de la vie de Mesrine, de 1973 à sa mort en 1979, période durant laquelle sa légende médiatique atteint son apogée. Richet voulait montrer comment Mesrine, en pleine possession de sa notoriété, a délibérément cultivé son image de rebelle anti-establishment auprès des médias, brouillant la frontière entre banditisme et posture révolutionnaire. Le tournage s'est déroulé de mai 2007 à janvier 2008 à Paris, Luzarches, Clichy, Compiègne et Deauville, avec un budget de 20 millions d'euros permettant une reconstitution soignée de la France des années 1970.

Critiques et réception

La critique française a salué la performance habitée de Vincent Cassel, capable de restituer avec intensité l'ambivalence fascinante du personnage de Mesrine, entre séduction et brutalité. Plusieurs observateurs ont souligné la mise en scène nerveuse et efficace de Jean-François Richet, qui parvient à maintenir une tension constante malgré la structure épisodique du récit. Le film a également été salué pour sa capacité à interroger le rapport ambigu entre Mesrine et les médias, sans jamais céder à une glorification simpliste du personnage. Certains critiques ont toutefois relevé un rythme parfois inégal, hérité de la nécessité de couvrir plusieurs années denses en événements.

Le public français a réservé un accueil massif à ce second volet, confirmant le succès rencontré par le premier opus L'Instinct de mort sorti un mois plus tôt. La fascination durable du public français pour la légende de Mesrine, encore vivace plusieurs décennies après sa mort, a largement contribué au succès commercial du diptyque. Les spectateurs ont particulièrement apprécié la reconstitution soignée de l'époque et l'intensité des scènes d'action, portées par un casting prestigieux.

Vincent Cassel a remporté le prix du meilleur acteur au Festival international du film de Tokyo pour l'ensemble de sa performance dans la saga Mesrine. Le film a également été nommé dans dix catégories aux César, remportant les prix du meilleur son et du meilleur réalisateur pour Jean-François Richet.

Anecdotes de tournage

Jean-François Richet s'est directement appuyé sur les autobiographies de Jacques Mesrine pour construire ce récit de cavale et de traque, cherchant à montrer la manière dont le gangster a lui-même façonné sa légende médiatique jusqu'à ses derniers instants.

Pour incarner François Besse, la production a d'abord envisagé Benoît Magimel, qui a refusé le rôle, tout comme Guillaume Canet et Romain Duris, avant que Mathieu Amalric ne soit finalement choisi pour ce second rôle central.

La reconstitution de l'ultime traque de Mesrine par le commissaire Broussard, filmée avec un luxe de détails documentaires, s'appuie directement sur les minutes réelles de l'opération de police qui a mené à la mort du gangster le 2 novembre 1979 à Paris.

Le rôle de François Besse a connu plusieurs refus successifs avant que Mathieu Amalric n'accepte finalement d'incarner ce personnage clé aux côtés de Vincent Cassel.

Thèmes abordés

Mesrine : L'Ennemi public n°1 explore la fabrication médiatique d'une légende criminelle, Mesrine cultivant délibérément son image auprès de la presse pour asseoir sa notoriété. Le film interroge également la dérive idéologique d'un criminel de droit commun se prenant progressivement pour un révolutionnaire justicier. La traque acharnée menée par les autorités françaises, déterminées à mettre fin à cette cavale médiatisée, structure toute la seconde partie du récit. Le film aborde aussi la solitude et la paranoïa croissante d'un homme traqué, incapable de faire confiance même à ses proches les plus fidèles. La violence spectaculaire, utilisée par Mesrine comme un langage à part entière, occupe également une place centrale dans le récit. Enfin, l'œuvre questionne la fascination populaire pour les figures de hors-la-loi charismatiques, contradictoire avec la brutalité réelle de leurs actes.

⚠️ Attention : cette section révèle les éléments majeurs de l'intrigue.

Explication de la fin

Le film se termine sur la mort de Jacques Mesrine, abattu par les forces de police du commissaire Broussard le 2 novembre 1979, alors qu'il circulait dans sa voiture porte de Clignancourt à Paris. Cette exécution, minutieusement planifiée par la police après des mois de traque, met fin à la cavale la plus médiatisée de l'histoire criminelle française. Le film s'ouvre d'ailleurs sur cette même scène, bouclant la boucle narrative en révélant progressivement comment Mesrine en est arrivé à cette fin brutale. Cette conclusion, filmée avec un réalisme quasi documentaire, souligne l'issue inévitable de la trajectoire de plus en plus incontrôlable du personnage. Le dénouement referme ainsi ce diptyque sur la chute définitive d'un homme qui avait cru pouvoir défier indéfiniment les institutions.

Signification du titre

Le titre L'Ennemi public n°1 reprend le surnom attribué à Jacques Mesrine par les médias français durant sa dernière cavale, désignation empruntée au vocabulaire du grand banditisme américain des années 1930. Cette appellation souligne la dimension spectaculaire et médiatique de la traque dont Mesrine a fait l'objet, devenu malgré lui une véritable star du crime aux yeux du public français. Le titre traduit également l'ambivalence du personnage, à la fois haï des autorités et fasciné par sa propre notoriété criminelle, qu'il a lui-même largement entretenue.

Films Similaires

Les amateurs de biopics criminels français apprécieront Mesrine : L'Instinct de mort, premier volet du diptyque consacré au même personnage, qui retrace les débuts de la carrière criminelle de Mesrine. L'Ange du mal de Michele Placido, consacré au bandit italien Renato Vallanzasca, partage cette même fascination pour les criminels charismatiques et médiatiques. Public Enemies de Michael Mann, centré sur John Dillinger, explore des thématiques similaires de traque policière et de célébrité criminelle. Un prophète de Jacques Audiard offre un autre regard marquant sur le grand banditisme français contemporain.