Dimanche, 12 juillet 2026
Dernières actualités
Merveilles À Montfermeil

Merveilles À Montfermeil

2019 France
Synopsis

Joëlle et Kamel, membres de l'équipe municipale de la nouvelle maire de Montfermeil Emmanuelle Joly, traversent une séparation conjugale douloureuse tout en devant continuer à travailler côte à côte au quotidien. L'ensemble de l'équipe s'attelle à la mise en œuvre d'une politique municipale aussi surprenante qu'ambitieuse, dont la création d'une école internationale de langues constitue la pierre angulaire. Entre cours de mathématiques enseignés en arabe, ateliers d'harmonisation humaine et valorisation des soixante-deux langues parlées dans la commune, la ville se transforme et prospère sous l'impulsion de cette équipe hors norme. Alors que Montfermeil change de visage, Joëlle et Kamel continuent de se chamailler, jusqu'à ce que la traditionnelle Fête de la Brioche offre peut-être l'occasion inattendue de raviver leur amour.

Genèse du film

Merveilles à Montfermeil est un scénario original écrit par Jeanne Balibar et Camille Fontaine, qui marque le premier long métrage en solo de la comédienne-réalisatrice après un précédent film expérimental sur le théâtre coréalisé en 2013. Jeanne Balibar a expliqué avoir délibérément voulu construire une utopie municipale reposant sur la possibilité d'une autre économie fondée sur des langues autres que l'anglais, dans un lieu qu'elle décrit comme délaissé voire martyrisé par la République mais empreint d'une réalité enchanteresse. Le titre et le décor du film font directement référence au lieu de rencontre entre Jean Valjean et Cosette dans la forêt de Montfermeil des Misérables de Victor Hugo, un clin d'œil littéraire assumé par la réalisatrice pour cette ville de Seine-Saint-Denis. Avant même d'écrire son scénario, Jeanne Balibar a mené pendant plus d'un an des ateliers de travail sur le corps et de musicothérapie avec les habitants de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois, les préparant progressivement à se sentir à l'aise devant la caméra. Le projet, financé dès 2013 par l'avance sur recettes, a mis sept années entières à se concrétiser avant que Mathieu Amalric et Martine Marignac ne s'investissent financièrement dans sa production en 2018, permettant enfin le lancement du tournage.

Critiques et réception

Résumé des critiques professionnelles La critique a salué l'originalité et le caractère atypique de ce premier film, présenté dans la section Cinéastes du présent au Festival de Locarno 2019, saluant sa capacité à évoquer le pouvoir révolutionnaire de la satire politique. Plusieurs observateurs ont particulièrement apprécié la troupe d'acteurs réunie autour de Jeanne Balibar, entre Emmanuelle Béart, Ramzy Bedia, Mathieu Amalric et Bulle Ogier, saluant l'énergie et la générosité de leur interprétation. D'autres critiques ont souligné le refus assumé du film de se présenter comme une satire frontale, préférant une forme utopique et pastel qui invite à réfléchir sans jamais imposer de leçon moralisatrice.

Réception du public Le public a apprécié le ton fantasque et joyeux du film, souvent décrit comme une forme personnelle de comédie musicale, qui aborde avec légèreté des sujets aussi sérieux que le logement, l'emploi ou l'aménagement urbain en banlieue parisienne. De nombreux spectateurs ont salué la générosité et l'énergie communicative du casting, notamment une scène restée célèbre de pétage de plombs d'Emmanuelle Béart, ainsi que l'implication authentique des habitants de Montfermeil et Clichy-sous-Bois dans le tournage.

Anecdotes de tournage

Inspirations du réalisateur Jeanne Balibar a voulu construire une utopie municipale fondée sur une autre économie et d'autres langues que l'anglais, en s'inspirant directement du lieu de rencontre entre Jean Valjean et Cosette dans la forêt de Montfermeil des Misérables de Victor Hugo.

Difficultés de production Le projet a mis sept années entières à se concrétiser après son financement initial par l'avance sur recettes en 2013, le montage financier définitif n'ayant pu être bouclé qu'en 2018 grâce à l'investissement de Mathieu Amalric et Martine Marignac.

Anecdote sur une scène particulière Avant le tournage, Jeanne Balibar a organisé pendant plus d'un an des ateliers rémunérés de travail sur le corps et de musicothérapie avec les habitants de Montfermeil et de Clichy-sous-Bois, filmés en amont par la chef-opératrice Jeanne Lapoirie afin qu'ils s'habituent progressivement à la présence de la caméra.

Thèmes abordés

Merveilles à Montfermeil explore l'utopie politique et la possibilité d'une gestion municipale radicalement différente, fondée sur l'écoute, le partage linguistique et la valorisation de la diversité culturelle. Le film interroge également le désengagement de l'État envers les territoires les plus délaissés, la disproportion entre les moyens accordés et les défis à relever constituant une critique sous-jacente du fonctionnement républicain. L'amour et la séparation occupent une place importante, le fil rouge sentimental entre Joëlle et Kamel offrant un contrepoint intime à l'ambition collective du projet municipal. Enfin, le récit célèbre la joie et l'être-ensemble comme instruments cathartiques face aux messages de haine et de division qui traversent la société contemporaine.

Signification du titre

Le titre Merveilles à Montfermeil renvoie directement au lieu de rencontre entre Jean Valjean et Cosette dans la forêt de Montfermeil des Misérables de Victor Hugo, référence littéraire assumée par Jeanne Balibar pour cette ville de Seine-Saint-Denis. Ce titre souligne également le parti pris optimiste et enchanteur du film, qui choisit de révéler la part merveilleuse et pleine de potentiel d'un territoire trop souvent réduit à une image négative dans l'imaginaire collectif français.

Films Similaires

Les amateurs de comédies politiques utopiques et satiriques pourront se tourner vers Au service de la France, La Vie est un long fleuve tranquille ou encore Ridicule, qui partagent avec Merveilles à Montfermeil ce même goût pour la satire douce-amère des institutions et du pouvoir local.