Waël est un ancien enfant de la rue qui vit de petites arnaques à la petite semaine en banlieue parisienne avec la complicité bienveillante de Monique, une retraitée haute en couleur qui lui sert de figure maternelle. Leur routine est bousculée lorsque Victor, un vieil ami de Monique qui dirige un centre d'accueil pour adolescents exclus du système scolaire, les prend en flagrant délit d'escroquerie. Pour éviter la prison, Waël est contraint d'accepter un travail de bénévole forcé au sein du centre en devenant le secrétaire et l'éducateur de six jeunes rebelles en rupture totale avec l'autorité. Au contact de ces adolescents blessés par la vie, l'ancien pickpocket va devoir puiser dans son propre passé difficile pour inventer une méthode éducative révolutionnaire.
L'idée originelle de cette comédie dramatique et sociale est née des propres souvenirs de jeunesse du réalisateur, humoriste et éducateur de formation, Kheiron, qui a travaillé pendant des années auprès d'adolescents difficiles dans des quartiers populaires. Ce projet n'est pas l'adaptation d'un livre de fiction mais s'inspire en grande partie de situations réelles, d'anecdotes vécues sur le terrain et du parcours personnel de l'auteur en tant qu'immigré ayant trouvé sa voie grâce à la transmission humaine. Kheiron a eu l'inspiration de construire un récit à double temporalité, mêlant les traumatismes passés d'un enfant de la guerre au Proche-Orient avec le quotidien d'une classe de banlieue française contemporaine. Le processus de développement a consisté à éviter le piège du misérabilisme social lourd en injectant une forte dose d'humour bienveillant et de poésie urbaine. L'écriture a été minutieusement calibrée pour offrir un dialogue intergénérationnel fort entre de jeunes acteurs débutants et des monstres sacrés du cinéma français classique.
Résumé des critiques professionnelles : Lors de sa sortie nationale à l'automne 2018, la presse cinématographique française a accueilli le second film de Kheiron avec un enthousiasme chaleureux, louant la sincérité absolue et la tendresse de son regard social. Les critiques ont encensé l'écriture des dialogues, percutants et drôles, ainsi que l'interprétation lumineuse du trio improbable formé par Kheiron, Catherine Deneuve et André Dussollier. La capacité du réalisateur à traiter de sujets graves comme le deuil, l'abandon ou la délinquance juvénile avec légèreté a été largement saluée. Quelques rares journalistes ont regretté de bons sentiments un peu trop appuyés vers la fin.
Réception du public : Le public a réservé un accueil triomphal et extrêmement émouvant au film, le bouche-à-oreille fonctionnant à plein régime pendant des semaines complètes dans les cinémas. Les spectateurs ont été cueillis par l'émotion brute des flashbacks historiques combinée aux éclats de rire permanents provoqués par les joutes verbales entre Waël et les adolescents. Les spectateurs ont plébiscité le message d'espoir républicain, la bienveillance du propos éducatif et la complicité réjouissante de Catherine Deneuve en mamie arnaqueuse. Le film a réalisé un excellent score commercial, devenant un succès populaire durable.
Récompenses obtenues : Grâce à son impact social fort et à sa générosité humaine intrinsèque, le long-métrage a été présenté avec les honneurs dans de nombreux festivals nationaux et internationaux dédiés au cinéma citoyen. Il a ainsi remporté le Prix du Public lors de plusieurs festivals majeurs d'humour et de société en France, confirmant l'immense attachement de l'audience pour ce récit. Bien qu'il n'ait pas glané de César académique, le film a reçu une reconnaissance institutionnelle de la part du milieu de l'éducation pour sa valeur pédagogique. L'œuvre est aujourd'hui régulièrement projetée dans les collèges et lycées comme support de discussion sur le vivre-ensemble.
Inspirations du réalisateur : Kheiron s'est inspiré du cinéma social bienveillant d'Éric Toledano et Olivier Nakache comme Nos jours heureux ou Intouchables pour réussir à marier l'humour de stand-up avec un drame humain profond et universel.
Difficultés de production : Le tournage a exigé une grande délicacité logistique pour mettre en scène les séquences de flashbacks dramatiques décrivant l'enfance de Waël dans un pays en guerre, des scènes tournées au Maroc pour recréer le réalisme visuel du Proche-Orient des années 1980. La réalisatrice a dû composer avec le planning extrêmement serré de Catherine Deneuve, star internationale absolue qui tournait plusieurs projets en parallèle à cette période. Faire jouer ensemble six adolescents non professionnels nés en banlieue parisienne a demandé un travail de coaching de plusieurs semaines en amont pour qu'ils se sentent en totale confiance face aux caméras et face à André Dussollier. La météo parisienne pluvieuse de l'automne a parfois perturbé les scènes de complicité en extérieur dans les parcs de la ville, forçant l'équipe technique à réorganiser les décors intérieurs en urgence. De plus, Kheiron cumulait les rôles exténuants de réalisateur, scénariste et acteur principal sur le plateau quotidien.
Anecdote sur une scène particulière : La scène hilarante et touchante où Catherine Deneuve joue au jeu vidéo de combat de rue avec l'un des adolescents du centre d'accueil a été l'un des moments les plus joyeux du tournage. L'actrice légendaire n'avait jamais touché à une manette de console de sa vie réelle et ses réactions de surprise face à l'écran étaient en grande partie improvisées et authentiques. Le jeune comédien qui lui donnait la réplique était tellement impressionné par la décontraction de la star qu'il a bafouillé son texte, ce que Kheiron a choisi de conserver au montage final pour renforcer le réalisme de la complicité intergénérationnelle. Cette séquence est restée le symbole de la bonne humeur qui régnait sur le plateau de production.
Casting initialement prévu : Kheiron a écrit le rôle de Monique en rêvant secrètement de convaincre Catherine Deneuve, pensant qu'un contre-emploi de grand-mère complice d'arnaques séduirait l'actrice par son audace comique. Deneuve a accepté le script en quarante-huit heures seulement, touchée par la délicatesse du propos social de l'auteur. Pour le personnage de Victor, André Dussollier s'est imposé comme une évidence absolue pour apporter sa douceur et son autorité naturelle d'instituteur à l'ancienne. Les six adolescents ont été recrutés après un immense casting sauvage organisé dans les lycées de la banlieue parisienne pour trouver des personnalités brutes et authentiques.
Le film aborde la rédemption personnelle par la transmission et l'éducation, l'importance de l'écoute bienveillante face à la violence adolescente et la force des familles de cœur que l'on se choisit. Il explore de manière poignante les traumatismes de guerre des enfants réfugiés et déconstruit le concept de "mauvaises herbes" en affirmant qu'il n'y a pas de mauvais enfants, seulement de mauvais cultivateurs.
Le dénouement montre la réussite éclatante des six adolescents qui, grâce aux méthodes peu conventionnelles mais profondément humaines de Waël, parviennent à surmonter leurs blocages scolaires et à présenter un projet collectif d'art et de parole devant les inspecteurs de l'éducation. Victor, guéri de sa maladie secrète, constate avec une immense fierté que le centre d'accueil est sauvé de la fermeture administrative grâce à l'engagement de son nouveau secrétaire. Waël, débarrassé des démons de son enfance de guerre grâce à cette expérience de transmission, choisit de renoncer définitivement à ses petites arnaques de rue pour devenir éducateur permanent officiel à plein temps. Monique le regarde avec des larmes de fierté, réalisant qu'elle a réussi à faire de cet ancien orphelin un homme bon et utile aux autres. La scène finale montre la classe réunie dans la cour, riant ensemble sous le soleil, illustrant la victoire de la bienveillance républicaine sur l'exclusion sociale.
Le titre "Mauvaises Herbes" s'inspire directement d'une citation célèbre de Victor Hugo tirée de son chef-d'œuvre Les Misérables : "Mes amis, retenez ceci, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs." C'est le résumé poétique et philosophique de la vision éducative du film.
Le long-métrage s'est imposé comme une œuvre citoyenne majeure du cinéma français contemporain, très fréquemment diffusée sur les plateformes de vidéo et utilisée par les associations de quartier pour son message d'espoir intergénérationnel.
Nous trois ou rien, Écrire pour exister, Le Plus Beau Métier du monde, Nos jours heureux, Les Héritiers, La Cour de Babel.