Douze ans après le massacre qui a coûté la vie à sa famille, le Texas Ranger Lefty Enright poursuit toujours obstinément la trace de la famille Sawyer, clan de cannibales dirigé par le terrifiant Leatherface. Lorsque deux jeunes fêtards sont attaqués en pleine nuit par un mystérieux tueur armé d'une tronçonneuse, leur appel téléphonique est enregistré en direct par l'animatrice de radio Vanita "Stretch" Brock. Cet enregistrement macabre attire l'attention de Lefty, bien décidé à utiliser Stretch comme appât pour retrouver enfin la famille Sawyer. Leur confrontation les mène jusqu'au repaire souterrain d'un parc d'attractions désaffecté, où la folie des Sawyer atteint son paroxysme.
Massacre à la tronçonneuse 2 est la suite officielle du classique de l'horreur réalisé par Tobe Hooper en 1974, porté cette fois par un ton beaucoup plus outrancier et parodique. Le cinéaste souhaitait développer la dimension de comédie noire déjà présente en filigrane dans le film original, un aspect qu'il jugeait alors ne pas avoir été suffisamment perçu par le public et la critique. Le scénario initial, envisagé avec le scénariste du premier film Kim Henkel, imaginait une intrigue impliquant toute une ville de cannibales, sous le titre provisoire Beyond The Valley Of The Texas Chainsaw Massacre. Le studio de production, la Cannon menée par Menahem Golan et Yoram Globus, a finalement exigé des changements considérables, conduisant à l'engagement d'un nouveau scénariste, L. M. Kit Carson. Tobe Hooper devait initialement se contenter d'un rôle de producteur avant de reprendre finalement les rênes de la réalisation. Le tournage s'est déroulé au Texas, à Austin, Bastrop et Prairie Dell, durant l'été 1986.
La critique s'est montrée largement partagée face à ce changement radical de ton par rapport au film original, certains observateurs saluant l'audace de cette relecture parodique tandis que d'autres y voyaient une trahison du classique de 1974. Le jeu volontairement outrancier de Dennis Hopper dans le rôle du Texas Ranger vengeur a été particulièrement remarqué, tout comme les effets spéciaux gore signés Tom Savini. Certains critiques ont regretté la disparition de la tension anxiogène qui faisait la force du premier film, remplacée ici par un humour noir assumé et des excès visuels spectaculaires.
Le public s'est montré divisé face à cette suite qui prend le contrepied total de l'original, certains spectateurs appréciant son ton cartoonesque et sa démesure assumée tandis que d'autres regrettaient l'absence de la peur pure qui caractérisait le premier opus. Le film a néanmoins trouvé son public au fil des années, devenant un objet culte apprécié pour son second degré et ses excès gore mémorables, notamment la scène du masque de chair restée dans les mémoires des amateurs du genre.
Massacre à la tronçonneuse 2 n'a obtenu aucune récompense notable lors de sa sortie, le film ayant même rencontré des difficultés de classification en raison de sa violence graphique, manquant de peu d'être classé X aux États-Unis avant d'obtenir sa note définitive.
Tobe Hooper voulait développer la veine de comédie noire déjà présente dans le film original de 1974, cherchant cette fois à assumer pleinement cette dimension parodique plutôt que de rester dans le seul registre de l'horreur pure.
Le studio Cannon a exigé d'importants changements par rapport au scénario initial envisagé par Tobe Hooper et Kim Henkel, imposant l'engagement d'un nouveau scénariste et redéfinissant considérablement l'orientation du projet.
La scène où Leatherface applique sur le visage de Stretch le masque de chair de son ami mort, alors que la victime est encore vivante, a été confiée au spécialiste des effets spéciaux gore Tom Savini et a bien failli faire classer le film X en raison de sa violence graphique.
Gunnar Hansen, interprète original de Leatherface dans le premier film, avait d'abord accepté de reprendre son rôle avant de finalement décliner en apprenant qu'il ne serait rémunéré qu'au tarif syndical standard, cédant sa place à Bill Johnson.
Massacre à la tronçonneuse 2 explore la vengeance obsessionnelle, incarnée par le Texas Ranger Lefty Enright poursuivant sans relâche les assassins de sa famille depuis plus d'une décennie. Le film interroge également la bascule entre horreur et comédie noire, assumant un second degré totalement absent du film original de 1974. La démesure et l'excès, tant visuel que narratif, structurent l'ensemble du récit dans une esthétique délibérément outrancière propre aux années 1980. Le film aborde aussi la fascination morbide des médias pour la violence, incarnée par le personnage de l'animatrice radio qui devient malgré elle actrice du drame qu'elle a capté. Enfin, l'œuvre questionne la dégénérescence familiale à travers le portrait toujours plus grotesque du clan Sawyer.
Le film se termine sur un duel hallucinant à la tronçonneuse entre Lefty Enright et Leatherface, dans les entrailles souterraines du parc d'attractions désaffecté où s'est réfugiée la famille Sawyer. Stretch, seule survivante de cette confrontation cauchemardesque, parvient à s'échapper du repaire des cannibales après avoir vécu les pires horreurs. Le film se conclut sur un hurlement de folie furieuse, laissant planer une ambiguïté totale sur l'état mental de l'héroïne après cette épreuve traumatisante. Cette fin délibérément outrancière et sans réelle résolution rassurante s'inscrit dans la logique de démesure qui traverse l'ensemble du film.
Le titre Massacre à la tronçonneuse 2 indique directement sa filiation avec le classique de l'horreur de 1974, tout en annonçant la poursuite de la terreur incarnée par la tronçonneuse de Leatherface. Ce choix de titre, simple et explicite, mise sur la notoriété acquise par le premier film pour attirer un public déjà familier avec cet univers cauchemardesque. Il souligne également la continuité de la menace posée par la famille Sawyer, dont la tronçonneuse reste l'arme emblématique et terrifiante.
Les amateurs de suites d'horreur assumant un ton plus parodique apprécieront Evil Dead 2 de Sam Raimi, qui opère un virage comparable vers la comédie horrifique. Le premier volet Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper permet de mesurer le contraste stylistique entre les deux œuvres. Massacre à la tronçonneuse 3 : Leatherface de Jeff Burr poursuit l'exploration de cet univers cannibale. Braindead de Peter Jackson partage cette même démesure gore assumée avec un humour noir prononcé.