Liz Gilbert est une journaliste new-yorkaise de trente-deux ans qui a tout ce qu'on croit désirer — un mari, une belle maison, une carrière — et qui se retrouve à pleurer sur son sol de salle de bain, incapable de comprendre pourquoi elle est si malheureuse. Après un divorce douloureux, elle décide de partir un an à l'autre bout du monde pour se retrouver : en Italie pour le plaisir de manger et de vivre, en Inde pour la méditation et la prière, et à Bali pour chercher l'équilibre. Un voyage en trois actes qui va la réconcilier avec elle-même — et l'ouvrir à une nouvelle forme d'amour.
Mange, prie, aime est l'adaptation du mémoire best-seller d'Elizabeth Gilbert, publié en 2006 et qui avait passé plusieurs semaines en tête des listes de best-sellers du New York Times. Le livre racontait le vrai voyage de l'auteure à travers l'Italie, l'Inde et Bali après son divorce, et avait touché des millions de lectrices à travers le monde par sa franchise et son universalité. La production a attiré Julia Roberts dans le rôle principal — une décision qui a transformé le projet en un film événement, la star exigeant et obtenant un cachet de 30 millions de dollars pour le rôle. Le réalisateur Ryan Murphy, surtout connu pour ses séries télévisées (Nip/Tuck, Glee), signe ici son deuxième long métrage de cinéma, avec un budget de 60 millions de dollars.
Résumé des critiques professionnelles : Mange, prie, aime a reçu des critiques mitigées à défavorables, la presse pointant un manque de profondeur psychologique et une vision idéalisée du «voyage de découverte de soi» réservé aux femmes aisées. La longueur du film (2h13) et son rythme contempllatif ont également été critiqués. Julia Roberts a cependant été saluée pour son charme intact.
Réception du public : Malgré les critiques, le film a été un succès public notable, rapportant 204 millions de dollars au box-office mondial. Il a trouvé son public principal chez les femmes ayant lu le livre, qui ont généralement jugé l'adaptation fidèle à l'esprit sinon à la lettre du mémoire.
Difficultés de production : Le tournage a nécessité d'envoyer toute l'équipe dans trois pays très différents — Italie (Rome et Naples), Inde (ashram de Pataudi) et Bali — ce qui a représenté une logistique internationale complexe et coûteuse. Julia Roberts a passé plusieurs semaines dans chaque pays pour s'imprégner de l'atmosphère réelle des lieux décrits par Elizabeth Gilbert dans son livre.
Anecdote sur une scène particulière : La scène italienne où Liz mange une Margherita avec un enthousiasme débordant est devenue l'une des images iconiques du film, symbole de ce plaisir simple de vivre qui est au cœur du récit. Ryan Murphy a tourné cette séquence dans une vraie pizzeria napolitaine, et les clients présents n'étaient pas tous des figurants.
Mange, prie, aime est une réflexion sur la quête de soi en dehors des rôles sociaux imposés — épouse, professionnelle performante — pour rejoindre quelque chose de plus authentique. Le film aborde la spiritualité comme voie de reconstruction sans jamais imposer une vision dogmatique du divin. Le voyage comme métaphore de la transformation intérieure est au cœur du récit : chaque étape géographique correspond à une phase psychologique de la reconstruction de Liz. Enfin, le film pose la question de l'amour après la guérison — est-on prêt à aimer à nouveau une fois réconcilié avec soi-même ?
À Bali, Liz rencontre Felipe, un homme généreux et libre incarné par Javier Bardem. D'abord réticente à s'ouvrir à nouveau, elle finit par accepter cet amour inattendu — non pas comme une dépendance, mais comme un choix libre et éclairé. La fin du film dit que le voyage intérieur n'exclut pas l'amour ; au contraire, c'est parce qu'on se connaît mieux qu'on peut aimer autrement.
Mange, prie, aime est la traduction directe des trois actes du film — et du livre d'Elizabeth Gilbert. Ces trois verbes à l'impératif définissent chacun des trois étapes du voyage : manger en Italie (le plaisir des sens), prier en Inde (la spiritualité), aimer à Bali (la réconciliation avec les autres). Ce titre est aussi un programme de vie — une façon de dire que ces trois dimensions sont toutes également essentielles à l'épanouissement humain.
Mange, prie, aime reste l'un des films les plus symboliques de la décennie 2010 sur le «voyage de découverte de soi» féminin — un concept qui a depuis été largement repris et parfois parodié dans la culture populaire. Elizabeth Gilbert continue d'écrire sur les thèmes de la créativité et de la liberté personnelle. Ryan Murphy est devenu l'un des créateurs de séries les plus puissants d'Hollywood (American Horror Story, Pose, Dahmer). Disponible en VOD.
Mange, prie, aime appartient au genre du film de «voyages initiatiques féminins» avec des œuvres comme Sous le soleil de Toscane (2003) ou Wild (2014) de Jean-Marc Vallée. Pour les récits de reconstruction après une rupture, Bridget Jones (2001) ou Un plan parfait (2012) jouent dans un registre plus comique. Paterson (2016) de Jim Jarmusch ou Lost in Translation (2003) de Sofia Coppola explorent aussi la quête de soi dans un lieu étranger, avec plus de mélancolie.