Jean-Gab et Manu sont deux amis simples d'esprit, fauchés et un peu feignants, qui se retrouvent chargés d'une mission banale : récupérer une valise pour le compte d'un mystérieux client. En route, ils découvrent avec stupeur une mouche géante vivante, de la taille d'un gros chien, coincée dans le coffre de leur voiture volée. Au lieu de paniquer, les deux compères prennent une décision surréaliste : ils décident de dresser l'insecte géant pour en faire un outil de braquage lucratif et devenir riches. C'est le début d'un road-trip azimuté à travers le sud de la France où le bon sens est définitivement banni.
L'idée originale de cette comédie absurde est née de l'esprit unique du réalisateur et musicien Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo. L'inspiration lui est venue subitement lors d'un trajet en voiture alors qu'il s'interrogeait sur l'animal le plus stupide et incongru à mettre en scène au cinéma. L'idée originelle était de bâtir un film de monstres hollywoodien mais traité à la manière d'une comédie populaire française fauchée et décalée. Le cinéaste a conçu le scénario spécifiquement pour le duo d'humoristes du Palmashow dont il admire le sens du timing comique unique. Il a écrit cette histoire comme un hymne poétique à la bêtise pure et à l'amitié inconditionnelle.
La presse cinématographique a accueilli le film avec enthousiasme, saluant la fraîcheur incroyable et la drôlerie immédiate de cette comédie hors normes. Les critiques ont encensé la performance d'Adèle Exarchopoulos, hilarante à contre-emploi total dans le rôle d'une jeune femme au ton de voix déréglé par un accident. Le public amateur d'humour absurde a plébiscité cette fable surréaliste, touché par la gentillesse désarmante des deux personnages principaux. Les spectateurs ont transformé le signe de ralliement du film, le fameux cri "Toro !", en un mème populaire instantané. Le long-métrage a été présenté en sélection officielle hors compétition au Festival de Venise, fait rare pour une comédie si décalée.
Quentin Dupieux s'est inspiré de la structure narrative des films de potes américains des années quatre-vingt-dix comme Dumb and Dumber pour construire son duo. La production a fait le choix audacieux de refuser les effets spéciaux numériques pour la créature, préférant utiliser une véritable marionnette géante animée sur le plateau par un marionnettiste chevronné caché. Pour la scène mémorable du déjeuner dans la villa de luxe, Adèle Exarchopoulos a dû répéter ses dialogues en hurlant pendant des jours pour obtenir le timbre de voix brisé exigé par le metteur en scène. Le casting initialement prévu n'a jamais changé, le cinéaste fonctionnant au coup de cœur immédiat avec sa troupe.
Le film aborde la bêtise joyeuse comme un outil de protection face à la dureté du monde moderne, l'amitié fraternelle et le refus des normes sociales de réussite économique. Il tourne en dérision le snobisme bourgeois et la paranoïa collective face à l'inconnu.
La fin du film montre les deux héros parvenant enfin à faire voler la mouche géante de manière ordonnée après d'innombrables échecs comiques. Bien qu'ils n'aient pas réussi à devenir riches par le crime, leur réussite finale avec l'insecte symbolise la victoire poétique de leur logique absurde sur la réalité du monde.
Le titre désigne de façon brute les pièces buccales de l'insecte géant, un mot à la fois anatomique et étrange qui pose immédiatement le ton surréaliste du projet.
Le long-métrage est devenu un film culte instantané dans les festivals de cinéma fantastique européens où les répliques sont régulièrement scandées par les spectateurs.
Rubber de Quentin Dupieux, Dumb and Dumber de Peter Farrelly, Steak de Quentin Dupieux.