Malcolm Little, jeune homme livré à la délinquance et à la petite criminalité dans les rues de Harlem, se retrouve incarcéré après une série de vols. En prison, il découvre les enseignements de la Nation of Islam et se convertit, adoptant le nom de Malcolm X et devenant l'un des porte-voix les plus radicaux de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains. Sa rhétorique incendiaire et son charisme exceptionnel en font une figure incontournable du mouvement, tout en le plaçant en conflit ouvert avec les autorités et certains de ses propres alliés. Le film retrace son parcours complexe, de la marginalité à l'engagement politique, jusqu'à son assassinat tragique.
Le film est adapté de l'autobiographie de Malcolm X, publiée à titre posthume et coécrite avec le journaliste Alex Haley, considérée comme l'un des textes fondateurs de la littérature afro-américaine consacrée aux droits civiques. Le projet, porté pendant des années par plusieurs producteurs et réalisateurs successifs, connaît une gestation particulièrement longue avant que Spike Lee ne s'en empare, convaincu que seul un réalisateur afro-américain pouvait rendre justice à la complexité de cette figure historique. Le cinéaste s'investit personnellement pour obtenir un budget suffisant, allant jusqu'à solliciter des contributions financières de personnalités afro-américaines influentes lorsque le studio menace de réduire les moyens alloués à la production. Denzel Washington, déjà associé à Spike Lee sur un précédent film, est choisi pour incarner Malcolm X, un rôle qui nécessite une transformation physique et vocale considérable pour épouser les différentes périodes de la vie du personnage. Lee construit son récit en plusieurs actes distincts, retraçant la jeunesse délinquante, la conversion religieuse en prison puis l'engagement politique radical de son sujet. Le tournage s'étend sur plusieurs mois et nécessite une reconstitution historique minutieuse de plusieurs décennies de l'histoire afro-américaine.
Le film reçoit un accueil critique extrêmement favorable, salué comme l'une des œuvres majeures de la carrière de Spike Lee et comme un biopic exceptionnel porté par la performance magistrale de Denzel Washington. Plusieurs critiques soulignent l'ampleur et l'ambition du récit, qui parvient à retracer avec nuance et complexité l'évolution d'une figure historique souvent réduite à des caricatures simplificatrices. La reconstitution historique méticuleuse de plusieurs décennies de l'histoire afro-américaine est également largement appréciée par la presse spécialisée. Le public réserve un accueil très favorable au film, qui devient un événement culturel majeur lors de sa sortie, ravivant l'intérêt du grand public pour la figure de Malcolm X plusieurs décennies après son assassinat. Le film contribue significativement à une réévaluation historique et politique du personnage auprès des nouvelles générations. Son impact culturel dépasse largement le cadre cinématographique pour s'inscrire dans les débats sur la mémoire des luttes pour les droits civiques. Denzel Washington obtient une nomination à l'Oscar du meilleur acteur pour sa performance, largement considérée comme l'une des plus marquantes de sa carrière, tandis que le film reçoit également une nomination à l'Oscar des meilleurs costumes, saluant la reconstitution historique soignée de l'œuvre.
Spike Lee a dû faire face à d'importantes difficultés de financement durant la production, le studio menaçant à un moment de réduire considérablement le budget alloué au film, ce qui a conduit le réalisateur à solliciter personnellement des contributions financières auprès de personnalités afro-américaines influentes afin de garantir l'ampleur nécessaire au projet. Denzel Washington a effectué un travail de préparation considérable pour incarner les différentes périodes de la vie de Malcolm X, étudiant longuement les discours et les interviews d'archives du personnage afin de restituer avec justesse sa gestuelle et son phrasé caractéristiques. Le tournage a nécessité une reconstitution historique particulièrement minutieuse de plusieurs décennies de l'histoire afro-américaine, des années 1940 jusqu'à l'assassinat du personnage en 1965.
Le film explore la transformation profonde d'un homme marginal en figure politique majeure de la lutte pour les droits civiques, retraçant avec nuance les différentes étapes de son évolution idéologique. Il aborde également la question de la radicalité politique et de ses limites, Malcolm X évoluant progressivement d'un discours séparatiste vers une vision plus universaliste avant sa mort. La violence institutionnelle et raciale subie par la communauté afro-américaine constitue également un axe central du récit, ainsi que les tensions internes au sein même des mouvements de lutte pour les droits civiques.
Après avoir rompu avec la Nation of Islam et évolué vers une vision plus ouverte et universaliste de la lutte pour les droits civiques, Malcolm X est assassiné en 1965 lors d'un discours public à New York, victime d'un complot mené par des anciens membres de l'organisation qu'il avait quittée. Cette mort tragique, survenue alors qu'il commençait à infléchir son discours vers davantage de dialogue interracial, souligne l'ironie amère de son parcours et la violence extrême à laquelle il a été confronté jusqu'à la fin de sa vie. Le film se conclut sur des images d'archives réelles et des témoignages contemporains, dont celui de Nelson Mandela, qui viennent ancrer le récit dans une dimension historique et politique dépassant largement le cadre de la seule biographie individuelle.
Le titre Malcolm X reprend le nom adopté par le personnage principal après sa conversion religieuse en prison, le X remplaçant son nom de famille d'origine esclave, Little, en symbole du rejet de l'héritage imposé par l'esclavage et de la quête d'une identité afro-américaine affranchie.
Malcolm X reste aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands biopics du cinéma américain, régulièrement cité dans les analyses consacrées à la représentation cinématographique des figures de la lutte pour les droits civiques. Le film continue d'être largement étudié dans un cadre éducatif pour sa portée historique et politique.
Les amateurs du film apprécieront Selma pour un autre grand biopic consacré à la lutte pour les droits civiques américains, Do the Right Thing, autre film majeur de Spike Lee sur les tensions raciales urbaines, ou encore Ali pour un autre biopic ambitieux porté par une performance physique et vocale exceptionnelle.