Une équipe de techniciens et de scientifiques est confinée dans une station sous-marine expérimentale à l'ambiance étouffante, située à une immense profondeur au fond de l'océan pour superviser une opération de forage délicate. Lors d'une explosion de routine destinée à ouvrir une nouvelle brèche rocheuse, les mineurs ouvrent accidentellement une faille menant vers une caverne préhistorique scellée depuis des millions d'années. Une créature aquatique mutante d'une férocité inouïe s'échappe de sa prison et s'infiltre dans les coursives obscures du complexe technologique. Isolés du reste du monde par la pression des eaux, les survivants vont devoir lutter pied à pied contre le monstre pour éviter d'être dévorés.
L'idée originelle est née de la vague de productions de films d'horreur et de science-fiction sous-marins qui a déferlé sur Hollywood à la fin des années quatre-vingt, initiée par l'annonce du projet Abyss de James Cameron. Le réalisateur Sean S. Cunningham, célèbre créateur de la franchise Vendredi 13, a souhaité transposer l'efficacité du cinéma d'épouvante traditionnel (le slasher) dans l'environnement claustrophobe d'une base océanique. L'inspiration est venue des récits classiques de monstres préhistoriques réveillés par la maladresse de la technologie humaine moderne. Le projet a été conçu pour offrir un divertissement horrifique angoissant axé sur des effets spéciaux pratiques et des maquillages en latex terrifiants.
La critique professionnelle s'est montrée plutôt réservée et moqueuse lors de la sortie du long-métrage sur les grands écrans. Les journalistes ont pointé du doigt les similitudes flagrantes avec des chefs-d'œuvre établis comme Alien le huitième passager de Ridley Scott ou The Thing de John Carpenter, qualifiant le film de déclinaison sous-marine sans grande originalité narrative. Si l'ambiance claustrophobe et sombre des couloirs inondés a été jugée efficace pour susciter quelques sursauts, le design final du mutant aquatique a parfois été critiqué pour son manque de réalisme visuel. Néanmoins, le savoir-faire de Sean S. Cunningham pour orchestrer les scènes de tension et les morts violentes a été reconnu par les amateurs de cinéma de série B. Le grand public adepte de sensations fortes et de monstres gluants a réservé un accueil correct au film, notamment lors de ses nombreuses sorties sur le marché de la vidéo de location. Les spectateurs ont apprécié le rythme rapide de l'action et l'ambiance oppressante du huis clos marin qui remplit son contrat de divertissement estival. Avec le temps, le long-métrage est devenu un classique de la nostalgie cinématographique des années quatre-vingt pour les fans de science-fiction horrifique rétro. Il bénéficie d'une aura sympathique chez les collectionneurs de bobines de genre. Le film n'a pas remporté de distinctions ou de prix cinématographiques notables au cours de sa carrière.
Sean S. Cunningham s'est inspiré des codes visuels de ses propres films de camp de vacances pour instaurer un sentiment d'isolement absolu au milieu de la station océanique. Les difficultés de production étaient principalement liées au tournage avec des décors constamment inondés ou humides pour simuler les fuites d'eau régulières de la base. Les acteurs ont dû porter de lourdes combinaisons et évoluer dans une semi-obscurité permanente, ce qui a rendu le travail en studio fatigant et poisseux pour toute l'équipe technique. Une anecdote de tournage rapporte que le costume du monstre était si lourd et complexe à manipuler qu'il nécessitait l'intervention de plusieurs marionnettistes cachés dans l'ombre pour animer les tentacules. Pour le casting, la production a fait appel à des visages familiers de la télévision américaine de l'époque afin de composer une équipe d'ingénieurs et de militaires crédibles face au danger.
Le récit explore les thèmes classiques de la claustrophobie extrême, de la survie en milieu clos et de l'arrogance de l'ingénierie humaine face aux secrets cachés de la nature. Il met en lumière la paranoïa qui s'empare d'un groupe restreint lorsque la mort rôde dans l'ombre, ainsi que le sacrifice nécessaire pour empêcher une menace biologique d'atteindre la surface habitée.
La fin du film voit les deux derniers survivants saboter les réacteurs de la station sous-marine pour détruire définitivement le nid du mutant aquatique avant de s'enfuir à bord d'une capsule de sauvetage. Alors qu'ils atteignent enfin la surface de l'océan au lever du jour, le monstre réapparaît brièvement pour une ultime attaque terrifiante avant d'être éliminé par l'explosion finale du submersible. Les rescapés attendent les secours au milieu des débris, épuisés mais soulagés d'avoir survécu au cauchemar des abysses. Cette conclusion respecte scrupuleusement les codes du cinéma d'horreur de l'époque.
Le titre français, M.A.L., joue sur l'acronyme inventé pour désigner la créature mutante tout en annonçant la nature maléfique et destructrice du danger qui s'est propagé sous l'eau. Le titre original, DeepStar Six, fait simplement référence au nom de code de la base sous-marine.
Le long-métrage fait régulièrement l'objet de rééditions en haute définition chez les éditeurs vidéo spécialisés dans la réhabilitation des perles du cinéma de monstre des années quatre-vingt.
M.A.L. mutant aquatique en liberté, Leviathan de George P. Cosmatos, Deep Rising de Stephen Sommers.