Paul Vitti est un puissant parrain de la mafia new-yorkaise qui commence soudainement à souffrir de crises d'angoisse incontrôlables et de crises de larmes inexpliquées. À l'approche d'une grande réunion au sommet du syndicat du crime, sa faiblesse psychologique risque de lui coûter la vie et sa réputation. Par le plus pur des hasards, ses hommes de main entrent en contact avec Ben Sobel, un psychiatre juif de banlieue tout à fait ordinaire et sans histoires. Paul Vitti décide alors d'engager de force le médecin terrifié pour qu'il le soigne en urgence, perturbant gravement la vie privée et le futur mariage du pauvre thérapeute.
La genèse de cette comédie culte repose sur une idée originale particulièrement brillante développée par les scénaristes Kenneth Lonergan et Peter Tolman. L'idée originelle est venue d'une question toute simple et ironique : que se passerait-il si l'homme le plus redouté et impitoyable de la pègre new-yorkaise avait besoin de consulter un psychanalyste pour gérer son stress quotidien ? L'inspiration des auteurs provient directement de la mythologie classique des films de gangsters hollywoodiens, un genre que le film s'amuse à détourner avec beaucoup de tendresse. Le réalisateur Harold Ramis, célèbre pour son travail sur Un jour sans fin, a immédiatement vu le potentiel comique unique de cette confrontation psychologique. L'intrigue n'est absolument pas tirée d'un livre ou d'une histoire vraie, bien que de véritables mafieux aient confessé plus tard avoir vécu des situations d'anxiété similaires. Robert De Niro a accepté le rôle avec enthousiasme, ravi de pouvoir parodier les personnages sombres qui avaient fait sa gloire chez Scorsese.
Au moment de sa sortie au cinéma au printemps de l'année 1999, le long-métrage a reçu un accueil de la part des critiques professionnelles particulièrement chaleureux et enthousiaste. Les journalistes ont unanimement salué l'alchimie comique absolument irrésistible entre Robert De Niro et Billy Crystal, ainsi que la finesse d'écriture du scénario d'Harold Ramis. La réception du public a été un immense triomphe commercial dans les salles obscures du monde entier. Le film a engrangé plus de 177 millions de dollars de recettes au box-office mondial, devenant l'un des plus grands succès populaires de l'année. Côté récompenses obtenues, l'œuvre a reçu plusieurs nominations prestigieuses, notamment aux Golden Globes de 1999 dans la catégorie du meilleur film musical ou de comédie et du meilleur acteur pour Robert De Niro, marquant ainsi une consécration artistique majeure pour cette production de studio.
Le tournage s'est déroulé en grande partie dans la ville de New York et dans le New Jersey pour capter l'atmosphère authentique des quartiers mafieux traditionnels. Une anecdote de tournage mémorable concerne Robert De Niro et Billy Crystal, qui éclataient si souvent de rire pendant les prises de vue qu'il a fallu refaire certaines scènes comiques plus de vingt fois. Les difficultés de production comprenaient la gestion des autorisations de tournage dans des lieux publics très fréquentés de Manhattan. Une anecdote sur une scène particulière concerne la séquence hommage au film Le Parrain, où Paul Vitti se fait tirer dessus au milieu de caisses d'oranges. De Niro a insisté pour que chaque détail visuel soit une copie parfaite du chef-d'œuvre de Francis Ford Coppola afin de rendre le clin d'œil cinéphile parfait. De plus, le rôle de l'homme de main benêt Jelly a révélé le comédien Joe Viterelli, dont la véritable bouille de gangster au grand cœur a conquis les spectateurs.
Le long-métrage explore de manière très drôle les thèmes de la dépression masculine, de la vulnérabilité psychologique et de la déconstruction des stéréotypes de la virilité au sein d'un milieu hyper-machiste. L'œuvre met en scène le choc culturel et social hilarant entre la bourgeoisie intellectuelle juive et l'univers violent de la criminalité organisée italo-américaine. La psychanalyse est traitée à la fois comme un outil de guérison sincère et comme un ressort comique absurde face aux méthodes d'intimidation des gangsters. Enfin, le film aborde l'importance de régler ses traumatismes d'enfance liés à la figure paternelle pour pouvoir avancer dans la vie.
La fin du film culmine lors de la réunion au sommet de la mafia où le docteur Ben Sobel est contraint de se faire passer pour un avocat et un conseiller de Paul Vitti afin de sauver son patient d'un piège mortel. Grâce à l'intervention courageuse du psychiatre, Vitti parvient à reprendre le contrôle de ses émotions et à éviter une guerre des gangs sanglante devant ses rivaux ébahis. Paul Vitti accepte finalement d'être arrêté par le FBI et d'être incarcéré dans une prison de haute sécurité pour purger sa peine en toute sécurité. La scène finale montre le parrain en cellule, en train de faire de grands progrès psychologiques tout en chantant des airs d'opéra. Ben Sobel lui rend une dernière visite amicale, confirmant que leur thérapie originale a débouché sur une véritable et sincère amitié humaine.
Le titre français, ""Mafia Blues"", résume avec beaucoup d'ironie et d'efficacité le cœur comique de l'intrigue en associant le crime organisé à l'état de mélancolie dépressive du parrain. En anglais, le titre original ""Analyze This"" fait référence de manière très directe à l'injonction impérieuse lancée par le mafieux au psychiatre, l'invitant à analyser son cerveau malade sans plus attendre sous peine de représailles.
Le long-métrage demeure une référence absolue de la comédie américaine de gangsters et continue de faire les beaux jours des grilles de programmes de la télévision internationale grâce à son humour indémodable.