Tom Brand est un homme d'affaires impitoyable, bien trop occupé par sa carrière pour s'intéresser à sa famille. Le jour de l'anniversaire de sa fille, il lui offre un chat prénommé Mister Fuzzypants — et se retrouve mystérieusement transformé en cet animal. Prisonnier dans un corps de chat tout en conservant son esprit d'homme, il va devoir apprendre à redécouvrir ceux qu'il aime avant qu'il ne soit trop tard.
Ma vie de chat s'inscrit dans la tradition des comédies fantastiques à transformation corporelle, un sous-genre hollywoodien qui a connu de nombreux succès depuis Big (1988) ou Freaky Friday (2003). Le projet a été développé par New Line Cinema avec l'intention de proposer une variation légère et familiale sur cette formule, en utilisant la figure du chat — animal capricieux et indépendant par excellence — comme miroir des défauts du personnage principal. Barry Sonnenfeld, connu pour ses comédies à effets spéciaux (Men in Black, Addams Family), semblait le choix naturel pour donner à ce matériau un rythme enlevé et une fantaisie visuelle maîtrisée. Le casting de Kevin Spacey en père absent et détestable avant sa transformation s'imposait pour l'aspect sardonique du personnage. La production a dû résoudre le défi technique de faire interagir de façon convaincante des acteurs humains avec un vrai chat tout en utilisant des effets numériques pour les scènes les plus complexes. Le film assume pleinement son côté feel-good et sa morale simple sur l'importance de la famille, sans prétendre aller au-delà de sa promesse de comédie familiale légère.
Résumé des critiques professionnelles : Les critiques ont été très dures avec Ma vie de chat, le film ayant été éreinté pour sa prévisibilité, ses ficelles scénaristiques grossières et son manque d'ambition. Beaucoup ont pointé un gaspillage du talent de Kevin Spacey dans un rôle qui ne lui demandait guère plus que de faire des mimiques de chat. La mise en scène de Sonnenfeld a été jugée paresseuse, très en deçà de ses meilleurs travaux.
Réception du public : Malgré l'accueil critique désastreux, le film a su trouver son public familial, notamment grâce aux enfants attirés par les scènes avec le chat. Il a réalisé des recettes mondiales honorables, en particulier sur le marché asiatique où les comédies familiales légères avec des animaux rencontrent traditionnellement un succès significatif. Sa vie en vidéo à la demande et à la télévision a été confortable.
Récompenses obtenues : Le film a eu l'honneur douteux de remporter trois Razzie Awards en 2017, dont celui du pire film et du pire acteur pour Kevin Spacey — une ironie cruelle pour un comédien habituellement associé à des rôles exigeants.
Difficultés de production : Travailler avec un vrai chat sur le tournage s'est révélé bien plus complexe que prévu : les félins étant réputés peu coopératifs, l'équipe a dû multiplier les prises et recourir à des doublures ainsi qu'à des effets numériques pour les plans les plus difficiles. Kevin Spacey, de son côté, a dû enregistrer en studio de nombreuses lignes de dialogue destinées à simuler les pensées du chat, un exercice qu'il a décrit comme particulièrement absurde.
Casting initialement prévu : Plusieurs acteurs avaient été approchés avant que Kevin Spacey accepte le rôle, l'aspect irrévérencieux du personnage et l'humour décalé de la situation l'ayant finalement convaincu de s'y aventurer malgré les risques pour son image.
Sous ses allures de comédie légère, Ma vie de chat véhicule une morale simple mais sincère sur la nécessité de remettre la famille au centre de ses priorités face aux excès d'une vie professionnelle dévorante. La métaphore animale est transparente : le chat, symbole d'indépendance et d'égocentrisme, devient le révélateur des travers du personnage. Le film aborde également, avec beaucoup de légèreté, la question de la transmission et de l'héritage entre un père et ses enfants, Tom Brand devant apprendre à être présent pour être vraiment aimé. La critique de la culture de l'entreprise et du culte du profit est présente en filigrane, même si elle reste très édulcorée.
Conformément aux codes de la comédie familiale, Ma vie de chat s'achève sur une réconciliation et une transformation positive du personnage principal. Après avoir vécu dans la peau de son chat et compris ce que sa famille endurait en son absence, Tom Brand retrouve son corps humain et décide de changer de vie. La fin est délibérément optimiste et sans ambiguïté, offrant au jeune public la satisfaction d'une histoire bien bouclée où le père absent est devenu un père présent et aimant.
Le titre Ma vie de chat (titre original : Nine Lives, soit "neuf vies") joue sur la double métaphore du chat. La version française insiste sur l'expérience vécue de l'intérieur par Tom Brand, tandis que le titre original évoque la croyance populaire selon laquelle les chats auraient neuf vies — une façon de suggérer que le personnage a lui aussi la chance d'une seconde existence, une opportunité de recommencer à zéro et de réparer ses erreurs. Nine Lives renvoie également à l'idée qu'il n'est jamais trop tard pour changer.
Ma vie de chat est surtout évoqué aujourd'hui dans le contexte de la carrière post-scandale de Kevin Spacey, comme l'un des derniers films qu'il a tournés avant les révélations de 2017 qui ont mis fin à sa présence sur le devant de la scène hollywoodienne.