Cavalier solitaire tirant plus vite que son ombre, Lucky Luke est envoyé par le président des États-Unis pour ramener l'ordre à Daisy Town, ville rongée par le crime à la veille d'un événement historique. Sur sa route, il croise son fidèle cheval Jolly Jumper, affronte les frères Dalton et se heurte à son ennemi juré Pat Poker. Entre humour, action et clins d'œil à la bande dessinée originale, le justicier solitaire doit une nouvelle fois faire triompher la loi dans l'Ouest sauvage. Le film mêle western et comédie pour donner vie à l'univers de Morris et Goscinny.
Le film adapte librement l'univers de la bande dessinée Lucky Luke créée par Morris, en s'inspirant de plusieurs albums plutôt que d'une histoire unique afin de proposer une origin story inédite au personnage. James Huth, connu pour un ton visuel très marqué depuis Brice de Nice, a voulu offrir une relecture plus sombre et adulte du cow-boy que les précédentes adaptations, tout en conservant l'humour propre à la bande dessinée. Jean Dujardin, alors au sommet de sa popularité, s'est imposé comme un choix naturel pour incarner ce héros solitaire au flegme si caractéristique. Le projet ambitionnait de renouveler l'image du personnage pour le public contemporain tout en respectant l'iconographie western chère aux albums originaux.
Le film a reçu un accueil critique partagé, certains saluant la classe visuelle et l'audace de James Huth quand d'autres regrettaient un ton jugé trop sombre par rapport à l'esprit familial de la bande dessinée originale. Le public s'est montré au rendez-vous, faisant du film un succès commercial honorable en salles françaises malgré des avis contrastés. Les amateurs de la bande dessinée ont été partagés entre curiosité pour cette relecture et attachement nostalgique aux précédentes adaptations plus fidèles à l'esprit de Morris. Le film n'a pas été distingué par des récompenses majeures lors de sa sortie.
James Huth a voulu tourner une grande partie des scènes en décors naturels et en studio avec des décors construits en dur plutôt qu'en recourant systématiquement aux effets numériques, pour retrouver la texture des westerns classiques. Jean Dujardin s'est entraîné au tir et au maniement du révolver pendant plusieurs semaines afin de restituer la gestuelle iconique du personnage de bande dessinée. Le film a également nécessité un important travail de reconstitution de costumes et de décors pour rester fidèle à l'esthétique si particulière des albums de Morris tout en lui donnant une texture plus cinématographique.
Le film aborde la solitude du héros justicier, contraint de vivre en marge de la société qu'il protège, ainsi que la tension entre loi et chaos dans un Ouest américain naissant. L'humour et l'autodérision propres à l'univers de Morris et Goscinny côtoient une réflexion plus mélancolique sur l'identité du cow-boy solitaire condamné à ne jamais se poser.
Après avoir vaincu Pat Poker et rétabli l'ordre à Daisy Town à temps pour un événement fondateur de la nation américaine, Lucky Luke reprend la route en solitaire aux côtés de Jolly Jumper, fidèle à son destin d'homme qui tire plus vite que son ombre mais ne s'arrête jamais bien longtemps nulle part. Cette fin en forme de nouveau départ perpétue la mythologie du personnage tel qu'il est connu depuis la bande dessinée originale.
Le titre reprend simplement le nom du héros de bande dessinée créé par Morris, dont la formule associée « il tire plus vite que son ombre » résume à elle seule le personnage et son adresse légendaire au tir.
Les fans du film pourront se tourner vers les précédentes adaptations animées de Lucky Luke ainsi que vers Brice de Nice, autre comédie de James Huth, ou vers des westerns parodiques comme Les Trois Amigos.