Red vient tout juste de sortir de prison après avoir purgé une longue peine pour un braquage de banque raté. Il ne rêve que d'une chose : retrouver sa femme et sa fille pour mener une existence paisible et honnête. C'était sans compter sur l'arrivée de Luc, un tueur à gages psychopathe complètement déjanté et assoiffé de vengeance. Ce dernier réclame sa part du butin et est bien décidé à faire de cette journée de liberté un véritable bain de sang.
Le scénariste culte Roger Avary, oscarisé pour Pulp Fiction, a conçu ce projet comme une suite spirituelle de son propre film Killing Zoe sorti dans les années quatre-vingt-dix. L'idée lui est venue après une période d'éloignement d'Hollywood, souhaitant revenir à ses premiers amours : le thriller d'action ultra-stylisé et irrévérencieux. L'inspiration provient directement du cinéma de genre grindhouse et des bandes dessinées policières ultra-violentes. Le script a été développé pour offrir un divertissement frénétique et totalement décomplexé.
La presse spécialisée s'est montrée très partagée, oscillant entre l'admiration pour la mise en scène nerveuse et le rejet d'une violence jugée gratuite. Certains critiques y ont vu un hommage réjouissant et nostalgique au cinéma d'action survolté des années quatre-vingt-dix. Le public d'amateurs de polars décalés a savouré ce jeu du chat et de la souris sanglant et survolté. Les performances excentriques, en particulier celle de Crispin Glover en tueur psychopathe, ont beaucoup amusé les spectateurs. Le film s'est taillé une solide réputation d'œuvre culte parmi les mordus de productions explosives indépendantes.
Le réalisateur s'est grandement inspiré des films de gangsters de la Nouvelle Vague tout en y injectant une saturation des couleurs d'influence pop. La production a fait face à un calendrier de tournage extrêmement serré à Toronto, exigeant une préparation méticuleuse pour les cascades. Une scène de fusillade mémorable dans une galerie d'art a nécessité la destruction de dizaines de fausses œuvres d'art créées pour l'occasion. Le rôle du tueur fou avait initialement été envisagé pour un autre acteur fétiche d'Avary avant de revenir à Glover.
Le film aborde la rédemption impossible, la fatalité du passé criminel, la survie familiale face à la folie et la corruption de l'argent.
La fin explosive se résout dans un face-à-face sanglant où le héros parvient à éliminer sa némésis, préservant in extremis son avenir familial.
Le titre est un contre-emploi ironique, cette journée de libération censée être chanceuse tournant immédiatement au cauchemar éveillé.
Le film marque le retour fracassant de Roger Avary derrière la caméra après plus d'une décennie d'absence des plateaux de tournage.
Pulp Fiction, True Romance, Killing Zoe, Snatch.