Victor Salazar, nouvel élève au lycée de Creekwood dans la banlieue d'Atlanta, peine à trouver sa place tout en s'interrogeant secrètement sur son orientation sexuelle. Tiraillé entre les attentes de sa famille traditionnelle et la découverte de sa propre identité, il décide d'entrer en contact avec Simon Spier, un ancien élève du même lycée dont il a entendu l'histoire de coming-out. Guidé à distance par les conseils bienveillants de Simon, Victor navigue entre amitiés naissantes, premiers émois amoureux et tensions familiales, tout en cherchant progressivement le courage d'assumer pleinement qui il est.
Love, Victor est un spin-off télévisé du film Love, Simon de Greg Berlanti, sorti en 2018 et lui-même adapté du roman à succès Moi, Simon, 16 ans, Homo sapiens de Becky Albertalli. La série a été créée par Isaac Aptaker et Elizabeth Berger, qui avaient déjà coécrit le scénario du film original, avec la volonté de prolonger l'univers de Creekwood à travers le regard d'un nouveau personnage confronté à des épreuves similaires à celles de Simon Spier. Initialement commandée par Disney+ en 2019, la série a finalement été transférée vers Hulu, un changement de diffuseur motivé selon Disney par la présence de scènes jugées trop matures pour une plateforme à vocation familiale, une décision qui a suscité la controverse au sein de la communauté LGBTQ+, certains y voyant une réticence du groupe à assumer pleinement un programme centré sur un personnage homosexuel. Nick Robinson, interprète de Simon dans le film original, reprend son rôle en tant que narrateur et producteur de la série, assurant ainsi la continuité entre les deux œuvres.
Les critiques ont salué Love, Victor pour la justesse avec laquelle la série aborde les thématiques du coming-out et de la découverte de l'identité sexuelle à l'adolescence, tout en pointant dès la première saison un certain conservatisme dans le traitement de l'homosexualité, jugé timide comparé à d'autres séries contemporaines abordant des sujets similaires. Plusieurs observateurs ont regretté que la première saison associe l'homosexualité à une tonalité globalement négative, à travers notamment un père initialement hostile au coming-out de son fils. La deuxième saison a en revanche été saluée pour une évolution plus nuancée, la série n'hésitant pas à aborder frontalement le rôle de la religion dans l'homophobie ambiante, que ce soit à travers la famille catholique de Victor ou un personnage secondaire de confession musulmane. Le public adolescent a réservé un accueil favorable à la série, appréciant particulièrement le format court et efficace de ses épisodes ainsi que la correspondance entretenue entre Victor et Simon, dispositif narratif jugé astucieux pour créer une tension entre chaque épisode. La série a été comparée à d'autres productions LGBTQ+ contemporaines comme Heartstopper ou Young Royals, jugée moins réaliste que la première mais moins tragique que la seconde, occupant ainsi une place singulière dans ce paysage de représentation adolescente. Love, Victor n'a pas été distinguée par une récompense majeure, mais a contribué à élargir la visibilité des récits LGBTQ+ destinés à un public adolescent au sein des plateformes de streaming grand public.
Le transfert de la série de Disney+ vers Hulu, annoncé en février 2020 en même temps que le titre définitif Love, Victor, a suscité une importante controverse au sein de la communauté LGBTQ+, certains estimant que ce choix révélait une réticence de Disney à assumer pleinement, sur sa plateforme familiale, un programme centré sur la découverte de l'homosexualité d'un adolescent. Nick Robinson, qui incarnait Simon Spier dans le film original Love, Simon, a repris son rôle exclusivement en tant que narrateur et voix des messages échangés avec Victor, tout en occupant également la fonction de producteur de la série, assurant ainsi un lien de continuité fort avec le long métrage dont elle est issue. Rachel Naomi Hilson a rejoint la distribution en août 2019 en remplacement de Johnny Sequoyah, à la suite d'un changement de direction artistique du personnage qu'elle incarne, une modification intervenue en cours de développement du projet.
Love, Victor explore la découverte de l'identité sexuelle à l'adolescence, à travers le parcours d'un jeune homme confronté à ses propres questionnements intimes dans un contexte familial parfois peu préparé à les accueillir. La série interroge également le poids de la religion sur l'acceptation de l'homosexualité, abordant successivement la foi catholique et musulmane à travers différents personnages de son univers. Les amitiés adolescentes et la construction de soi au sein d'un groupe de pairs occupent également une place importante dans le récit. La série aborde enfin la transmission intergénérationnelle d'un vécu commun, à travers le dispositif de correspondance entre Victor et Simon, unis par une expérience similaire malgré leurs différences.
Le titre Love, Victor reprend la structure du titre du film original Love, Simon, substituant simplement le prénom du nouveau protagoniste à celui du héros du long métrage dont la série constitue le prolongement. Cette continuité de titre signale d'emblée l'appartenance de la série à l'univers de Creekwood déjà établi par le film, tout en annonçant le déplacement du récit vers un nouveau personnage principal.
Love, Victor s'est conclue après trois saisons, la dernière ayant été diffusée simultanément sur Hulu et Disney+ en juin 2022, un geste symbolique marquant une forme de réconciliation entre la série et la plateforme familiale qui l'avait initialement écartée. La série demeure régulièrement citée parmi les productions ayant contribué à normaliser la représentation de l'homosexualité adolescente dans les contenus destinés à un large public.
Love, Simon, le film de Greg Berlanti dont la série constitue directement le prolongement, demeure la référence incontournable pour comprendre l'univers et les personnages de Love, Victor. Heartstopper, série britannique adaptée du roman graphique d'Alice Oseman et centrée elle aussi sur une romance adolescente entre garçons, partage avec Love, Victor cette volonté de représenter avec bienveillance la découverte de l'homosexualité à l'adolescence. Young Royals, série suédoise abordant des thématiques similaires sur un ton plus dramatique, offre un éclairage complémentaire sur la diversité des approches contemporaines de ce sujet à la télévision.