Le ranger Finn Wheeler prend ses fonctions dans la petite ville enneigée de Beaverfield, tiraillée par un projet controversé de construction de pipeline. Alors qu'une tempête de neige isole les habitants dans l'unique auberge du village, une créature mystérieuse commence à semer la terreur. Accompagné de Cecily, l'employée de la poste locale, Finn doit maintenir la paix entre des habitants hauts en couleur tout en menant l'enquête. Le coupable idéal serait une bête sauvage, mais tout porte à croire qu'un loup-garou se cache parmi les villageois eux-mêmes.
Loups-Garous est une adaptation du jeu vidéo de réalité virtuelle Werewolves Within, développé par Ubisoft et sorti en 2016. Ce jeu vidéo s'inspirait lui-même du célèbre jeu de société Les Loups-Garous de Thiercelieux, dans lequel les joueurs doivent démasquer un loup-garou caché parmi eux. Le film n'est donc pas tiré d'une histoire vraie mais bien d'un jeu vidéo produit par Ubisoft Film & Television, qui a porté le projet au cinéma. Le scénario est écrit par l'humoriste Mishna Wolff, connue pour son recueil autobiographique I'm Down, qui insuffle au récit une dimension satirique sur la société américaine contemporaine. Josh Ruben, déjà remarqué pour son précédent long métrage Scare Me, prend les commandes de ce deuxième film après avoir lui-même incarné un personnage obsédé par les histoires de loups-garous dans son film précédent. Ruben s'inspire du genre du whodunit à la Agatha Christie pour construire une intrigue où chaque habitant du village devient un suspect potentiel. Le réalisateur revendique également l'influence de films comme Hot Fuzz et À couteaux tirés dans la construction de son intrigue et de son humour. Le choix de situer l'action dans une petite ville américaine divisée par un projet de pipeline permet au film de glisser une réflexion politique sur les tensions sociales aux États-Unis.
La critique a globalement salué Loups-Garous comme une bonne surprise du genre comédie horrifique, difficile à réussir. Plusieurs observateurs ont loué le scénario de Mishna Wolff, jalonné de commentaires sociopolitiques savoureux sur l'Amérique contemporaine. La mise en scène alerte de Josh Ruben a été particulièrement remarquée, jugée nettement au-dessus de la moyenne du genre. D'autres critiques ont toutefois estimé que l'adaptation d'un jeu vidéo de ce type n'était pas nécessaire, jugeant le concept casse-gueule sur le papier.
L'accueil du public a été plus mitigé, certains spectateurs regrettant un rythme jugé trop lent dans la première partie du film. D'autres, à l'inverse, ont apprécié la galerie de personnages hauts en couleur qui peuple le village de Beaverfield. Plusieurs spectateurs ont comparé le film à un Cluedo interactif, saluant le plaisir de deviner l'identité du coupable au fil du récit. Le dénouement, jugé prévisible par certains, a divisé les avis quant à sa capacité à surprendre après une mise en place efficace.
Inspirations du réalisateur : Josh Ruben s'est inspiré du genre du whodunit et de films comme Hot Fuzz et À couteaux tirés pour construire l'intrigue de Loups-Garous. Le réalisateur, déjà fasciné par les histoires de loups-garous dans son précédent film Scare Me, retrouve ici un thème qui lui est cher en changeant complètement de registre et d'ampleur de production.
Difficultés de production : Le film a dû adapter un jeu vidéo de réalité virtuelle en un long métrage narratif classique, un exercice délicat nécessitant de créer une véritable intrigue absente du jeu original. La production, portée par Ubisoft Film & Television, a représenté l'une des rares incursions du studio de jeux vidéo dans la production cinématographique narrative complète.
Loups-Garous explore la méfiance et la paranoïa qui peuvent gagner une petite communauté isolée face à une menace inconnue. Le film aborde également, avec ironie, la fracture politique et sociale de l'Amérique contemporaine, symbolisée par le conflit autour du projet de pipeline. La question de l'identité cachée, du monstre qui sommeille en chacun, traverse tout le récit sous couvert de comédie horrifique. Le film interroge enfin la capacité d'une communauté à rester unie face à l'adversité, plutôt que de céder à l'individualisme et à la suspicion généralisée.
Au terme de l'enquête menée par Finn Wheeler, le film révèle l'identité du ou des responsables des attaques qui terrorisent Beaverfield, dans un twist qui joue sur les codes du whodunit. Le dénouement met en lumière la manière dont la peur et la méfiance ont poussé les habitants à se retourner les uns contre les autres, parfois de façon plus dangereuse que la menace du loup-garou lui-même. Le film referme son intrigue sur une note à la fois comique et satirique, soulignant que le véritable danger résidait autant dans la nature humaine que dans la créature recherchée.
Le titre français Loups-Garous simplifie volontairement le titre original Werewolves Within pour le rendre plus immédiatement compréhensible par le public français, moins familier du jeu vidéo Ubisoft dont le film est adapté. Le titre original, littéralement les loups-garous parmi nous ou en nous, insiste davantage sur l'idée que la créature pourrait se cacher parmi les habitants eux-mêmes, voire en chacun d'eux. Cette nuance perdue dans la traduction française reflète bien le double sens recherché par le scénario entre menace extérieure et noirceur intérieure.
Depuis Loups-Garous, Josh Ruben a poursuivi une carrière de réalisateur dans le genre horrifique et comique, confirmant son goût pour les récits mêlant peur et satire sociale. Le film continue d'être disponible sur plusieurs plateformes de streaming, notamment celles ayant assuré sa diffusion initiale aux États-Unis. Ubisoft Film & Television a depuis poursuivi ses efforts pour adapter d'autres licences de jeux vidéo au cinéma et à la télévision.
Les amateurs de comédies horrifiques à énigme pourront se tourner vers À couteaux tirés de Rian Johnson, pour sa construction en whodunit choral. Hot Fuzz d'Edgar Wright partage avec le film un humour british mêlé à une intrigue policière dans un petit village. Scare Me, précédent film de Josh Ruben, permet de retrouver la fascination du réalisateur pour les histoires de créatures effrayantes. Enfin, Les Loups-Garous de Thiercelieux, jeu de société à l'origine du concept, reste la référence directe ayant inspiré le jeu vidéo puis le film.