Violette tombe amoureuse d'un homme tendre et maladroit qu'elle accueille dans sa vie parisienne. Mais l'arrivée de Jean-René trouble rapidement l'équilibre fragile de sa relation avec son fils, surnommé Lolo. Derrière les apparences, ce dernier ne supporte pas de partager sa mère avec quelqu'un d'autre. Le film observe avec humour et cruauté la difficulté à couper un lien trop fusionnel. Entre comédie amère et satire familiale, l'histoire dévoile peu à peu les tensions cachées. Les sentiments deviennent un terrain de manipulation. Le récit avance ainsi vers une rupture nécessaire.
Le film part d'une idée originale de Julie Delpy autour des relations familiales toxiques et de la difficulté à aimer sans étouffer. Elle s'intéresse à la place du fils dans une relation de couple, et à la façon dont la jalousie peut saboter l'équilibre affectif. L'inspiration naît d'un regard à la fois drôle et cruel sur les familles contemporaines. Le projet n'est pas adapté d'un livre ni d'une histoire vraie. Il s'inscrit dans la volonté de Delpy de mêler comédie, observation sociale et malaise émotionnel. Le personnage de Lolo sert de moteur dramatique et comique à la fois. L'ensemble reflète l'intérêt de la réalisatrice pour les rapports humains complexes. Le film développe ainsi un sujet intime traité avec un ton très personnel.
Les critiques professionnelles ont souvent relevé l'audace du ton et la singularité de l'humour. Le film a été apprécié pour sa manière de transformer une situation familiale en comédie grinçante. Certains critiques ont salué la justesse de l'écriture et la direction d'acteurs. D'autres ont noté que le malaise assumé pouvait parfois rendre le film dérangeant. Le public a été partagé entre amusement et gêne face à l'attitude de Lolo. Cette ambiguïté a toutefois contribué à rendre le film mémorable. La présence de Julie Delpy et de Dany Boon a aussi renforcé son attrait. Le film a donc suscité des réactions contrastées mais marquées.
Les récompenses obtenues n'ont pas constitué un élément dominant de sa carrière. Le film a davantage compté comme une proposition d'auteur remarquée que comme un grand succès primé. Sa place repose surtout sur sa tonalité particulière et sur l'originalité de son dispositif. Il a conforté Julie Delpy dans son statut de cinéaste capable de passer de la légèreté à la cruauté. Son accueil s'est construit sur la curiosité critique plutôt que sur un palmarès. Il a néanmoins trouvé une vraie identité dans le paysage de la comédie française. Cette reconnaissance artistique reste plus importante que les distinctions formelles.
Julie Delpy a souvent construit ses films autour de dialogues vifs et de rapports de force très précis. Ici, le regard porté sur la famille prend une dimension presque clinique, tout en restant drôle. Le tournage devait préserver cet équilibre délicat entre comédie et malaise. La présence de Dany Boon donne au personnage masculin une douceur immédiatement lisible. Vincent Lacoste incarne, lui, une forme d'adolescence prolongée et de possessivité inquiétante. Plusieurs scènes reposent sur des silences gênants qui participent pleinement à l'effet comique. La mise en scène joue beaucoup sur la gêne du spectateur. Cette précision de ton fait du film une œuvre très reconnaissable.
Le film explore la jalousie, la possessivité et la difficulté à laisser exister l'autre. Il parle aussi de la fusion mère-fils et de la peur de la séparation. La comédie sert à mettre en lumière des comportements profondément humains mais parfois absurdes. Le récit questionne enfin la place du couple face aux liens familiaux trop envahissants.
La fin montre la nécessité de rompre avec une dépendance affective devenue destructrice. Violette comprend qu'elle doit choisir sa propre liberté émotionnelle. Le film suggère que l'amour n'est pas compatible avec le contrôle permanent. Cette conclusion donne à Lolo une portée plus grave qu'il n'y paraît au début. Elle transforme une comédie en réflexion sur l'autonomie affective. Le dénouement met fin à une relation trop enfermante. Il laisse place à une reconstruction plus saine.
Le titre désigne le surnom infantilisant du fils de Violette. Il résume immédiatement le cœur du problème : un adulte resté prisonnier d'une position d'enfant. Ce choix de titre met en avant la dépendance affective au centre du film. Il sonne à la fois comme une marque d'affection et comme un signe d'immaturité. Le mot est simple, familier et révélateur. Il annonce un personnage qui refuse de lâcher sa place. Le titre fonctionne donc comme un condensé du conflit familial. Il prépare le spectateur à une histoire de tension intime.
Le film reste associé à la période où Julie Delpy s'est affirmée comme réalisatrice de comédies dramatiques singulières. Il continue d'être évoqué pour son ton mordant et son regard acéré sur les liens familiaux. Sa distribution lui assure une présence régulière dans les catalogues et rediffusions. Il attire encore l'attention des spectateurs sensibles aux comédies françaises à double lecture. Son traitement du lien mère-fils lui donne une résonance durable. Le film conserve aussi une place dans les discussions autour du cinéma de Julie Delpy. Il demeure une œuvre identifiable dans sa filmographie.
Cousins. Tanguy. Un heureux événement. Le Prénom. L'Art d'aimer.